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Manger trop vite : attention aux troubles digestifs et à une sensation de satiété perturbée

Manger trop vite : attention aux troubles digestifs et à une sensation de satiété perturbée

Source: The Conversation – in French – By Esther Martínez Miguel, Doctora en Ciencias de la Salud. Directora del Grado en Enfermería. Facultad de Ciencias de la Vida y de la Naturaleza, Universidad Nebrija

Nous prenons souvent nos repas dans l’urgence afin d’être plus productifs ou pour avoir l’impression de mieux concilier vie professionnelle et vie privée. Simona pilolla 2 / Shutterstock

Aérophagie, douleurs abdominales, indigestion… manger dans l’urgence est source d’inconforts divers. Surtout, cette mauvaise habitude perturbe l’envoi jusqu’au cerveau des signaux qui orchestrent le processus de digestion et permet la sensation de satiété.


Notre rythme de vie actuel fait souvent passer au second plan des questions aussi fondamentales que l’alimentation. Nous prenons souvent un petit-déjeuner rapide sur le chemin du travail, ou alors nous mangeons à toute vitesse afin de gagner du temps pour être plus productifs ou parce que nous avons ainsi l’impression de mieux concilier vie professionnelle et vie privée.

Au-delà d’autres réflexions sur cette culture de la précipitation, il est intéressant de mettre en balance le temps et la santé et de s’arrêter quelques minutes pour évaluer les conséquences possibles d’une alimentation trop rapide. Vous arrive-t-il parfois d’avoir des gaz en excès ? Souffrez-vous souvent d’une digestion trop lourde ? Depuis combien de temps n’avez-vous pas fait attention à vos sensations de faim et de satiété ?

Gaz en excès

En ce qui concerne le premier problème, l’ingestion excessive d’air pendant et entre les repas est appelée aérophagie. Elle peut provoquer une gêne légère, une sensation de lourdeur et de ballonnement, ainsi que des douleurs abdominales et une distension abdominale (une augmentation objective et visible du diamètre de l’abdomen après l’ingestion d’aliments).



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La quantité normale de gaz dans le tube digestif à jeun est d’environ 200 millilitres. Si cette quantité augmente de manière significative, les mécanismes physiologiques d’expulsion peuvent devenir très inconfortables. Ce volume dépend de l’équilibre entre l’ingestion et la production de gaz et de son élimination, sous forme d’éructations, de flatulences ou via sa consommation par le microbiote intestinal.




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Un des principaux facteurs responsables de l’augmentation de l’ingestion d’air et de la production de gaz est le fait de manger vite, bien que le chewing-gum, le tabagisme et les altérations du microbiote puissent également y contribuer.

Surmenage digestif

Par ailleurs, quand on mange à la hâte, le temps de mastication est réduit et les aliments arrivent presque entiers dans l’estomac, ce qui nécessite une plus grande production de sucs gastriques pour les digérer correctement. Ce phénomène, qui demande également un effort métabolique plus important, est à l’origine de la sensation gênante de lourdeur et d’indigestion qui accompagne les repas express.

Si on ne mâche pas suffisamment – et donc si on ne permet pas l’action des enzymes orales – l’absorption des aliments dans l’intestin grêle peut également être impactée. Ainsi, malgré les efforts de l’estomac pour compenser, les aliments peuvent arriver dans l’intestin sans avoir été suffisamment digérés.

Pas de signal d’arrêt

Si nous nous concentrons maintenant sur les sensations de faim et de satiété qui ont déjà été mentionnées précédemment, nous devons nous référer à l’axe intestin-cerveau. Car il est responsable, d’une part, de l’envoi des signaux qui orchestrent le processus de digestion et, d’autre part, du besoin de chercher de la nourriture ou au contraire de jeûner.

Deux hormones, la leptine et la ghréline, régulent respectivement la satiété et la faim. Lorsque nous voyons, sentons et commençons à ingérer un aliment, 20 à 30 minutes sont nécessaires pour que la première entre en action. Lorsque nous mangeons trop vite, nous ingérons des quantités supérieures à nos besoins énergétiques réels, car la leptine n’a pas le temps de nous dire que nous sommes rassasiés.




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Vous ne voyez toujours pas la balance temps-santé pencher clairement du bon côté ? Sachez que plusieurs études montrent une relation entre la vitesse à laquelle nous mangeons et les facteurs de risque cardiovasculaire, des niveaux élevés de triglycérides et des risques accrus de développer un syndrome métabolique (il augmente jusqu’à 59 %) ou un surpoids et une obésité, en particulier dans les populations diabétiques.

Cela vaut donc la peine de s’arrêter un moment, de s’asseoir et de profiter de sa pause-déjeuner ou de son repas, tranquillement. Mâchez lentement et soyez attentif à votre sensation de satiété. Investissez du temps et gagnez en santé.

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Manger trop vite : attention aux troubles digestifs et à une sensation de satiété perturbée – https://theconversation.com/manger-trop-vite-attention-aux-troubles-digestifs-et-a-une-sensation-de-satiete-perturbee-241817

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