Source: United Nations – in French 2
Headline: Conseil de sécurité: séance d’information sur la question « les femmes et la paix et la sécurité »
(Le résumé complet de la réunion sera disponible ultérieurement.)
Ce matin, le Conseil de sécurité tient une séance d’information sur la question thématique « les femmes et la paix et la sécurité ». L’angle donné à cette séance par les États-Unis, qui prennent la présidence du Conseil ce mois de décembre, est l’investissement dans le pouvoir transformateur du leadership intergénérationnel sur cette question.
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LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ
Exposés
Mme ROSEMARY DICARLO, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, a relevé que les jeunes femmes artisanes de la paix démontrent qu’un monde meilleur est possible. Ainsi, au Pakistan, Malala Yousafzai a défendu le droit des filles à l’éducation sans se laisser décourager par une tentative d’assassinat. Elle reste la plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix. En Suède, Greta Thunberg a galvanisé des millions de personnes grâce au mouvement « Vendredis pour l’avenir » pour faire face à la crise climatique. En Somalie, Ilwad Elman s’efforce de réhabiliter les enfants soldats tout en donnant les moyens à d’autres jeunes de contribuer à prévenir l’extrémisme violent.
Selon la Secrétaire générale adjointe, si nous ne nous libérons pas des normes patriarcales, la véritable paix et la sécurité inclusive resteront hors de portée. Elle a jugé « potentiellement transformateur » le soutien vigoureux apporté par le Pacte pour l’avenir au programme pour les femmes et la paix et la sécurité, notant que le Pacte souligne l’importance de veiller à ce que le leadership et la participation des femmes soient intégrés dans tous les aspects de la prévention des conflits et du maintien de la paix.
Pour faire progresser le leadership intergénérationnel, Mme DiCarlo a appelé à faciliter les dialogues, à favoriser les processus de paix inclusifs et à investir dans le leadership des jeunes femmes. Les dialogues intergénérationnels sont, de son avis, des occasions essentielles de renforcer la confiance et d’exprimer des aspirations communes. Elle a donné l’exemple du Tchad où le Fonds pour la consolidation de la paix a soutenu des plateformes locales de dialogue réunissant des associations de jeunes et des autorités traditionnelles pour résoudre pacifiquement les conflits et mener des campagnes de prévention. La plateforme qui en a résulté a permis de renforcer la cohésion sociale et réduire les tensions et les conflits intercommunautaires dans les régions de Nya Pendé et de Barh Sara. De même, en Gambie, les dialogues dans les régions des trois fleuves ont réuni les autorités nationales et locales, la police, les ministères et les jeunes pour améliorer la confiance entre les parties. Cela comprenait des programmes de mentorat par des femmes politiques avec des jeunes femmes candidates aux élections.
Par ailleurs, Mme DiCarlo a prévenu que la paix ne peut pas être obtenue par les seuls accords conclus seulement par les élites. Il est donc essentiel de promouvoir des processus de paix inclusifs et multiformes qui accordent la priorité à divers groupes de femmes, y compris les jeunes femmes, et qui promeuvent leur leadership et leurs droits à tous les niveaux. Au Yémen par exemple, le Bureau de l’Envoyée spéciale du Secrétaire général, en partenariat avec ONU-Femmes, a organisé des consultations pour une « vision ascendante pour un processus de paix inclusif ». Cela a favorisé la création de coalitions de plaidoyer entre les groupes de femmes et d’autres parties prenantes, notamment les jeunes et les dirigeants traditionnels. De ce fait, le programme pour les femmes et la paix et la sécurité est devenu une priorité communautaire plus large plutôt qu’une simple question féminine.
Enfin, la Secrétaire générale adjointe a souhaité que « nos investissements soient alignés sur nos priorités ». Elle a réclamé des ressources importantes et durables pour soutenir les jeunes femmes œuvrant à la paix et pour garantir que leur travail prospère. En El Salvador, un projet du Fonds pour la consolidation de la paix a permis aux jeunes marginalisés de mener des actions communautaires, a-t-elle cité en exemple, comme succès méritant un soutien financier plus solide et plus cohérent de la part de la communauté internationale. « Les investissements dans les programmes pour les femmes et la paix et la sécurité ne sont pas une option, ils sont une nécessité pour prévenir les conflits et parvenir à une paix durable et inclusive. »
Alors que nous approchons du vingt-cinquième anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes et la paix et la sécurité et du trentième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, elle a recommandé d’ouvrir des portes à la prochaine génération. Elle a aussi appelé à cultiver le leadership à partir de la base, en plaçant les jeunes femmes et les droits des femmes au cœur des efforts.
Mme TAHANI ABBAS, une militante soudanaise pour la défense des droits de l’homme et de la paix, a dit promouvoir l’accès des femmes au système judiciaire au Soudan, souhaitant notamment qu’elles bénéficient de l’aide juridique et que des ressources soient octroyées pour la question des femmes survivantes de violences sexuelles et sexistes.
Elle a identifié trois domaines clefs dans lesquels les femmes ont été inextricablement liées à la paix et à la sécurité au Soudan. Tout d’abord, les femmes ont été en première ligne dans la réponse aux conflits. Elles ont notamment mené la révolution pacifique de 2019 et continuent à porter les aspirations d’un Soudan sain, sûr, où règne la justice. Dans le cadre de la guerre en cours, les femmes soudanaises sont en première ligne dans la réponse humanitaire et pour trouver des moyens de désamorcer les conflits. Elles ont créé des réseaux de résistance tels que les salles d’intervention d’urgence, où sont conçus des mécanismes humanitaires qui fournissent notamment des services médicaux, des garderies et des cuisines communautaires aux femmes et jeunes filles du Soudan.
Mme Abbas a appelé à soutenir les femmes qui œuvrent à la consolidation de la paix, que ce soit avant, pendant ou après les crises. Dans le cas du Soudan, elle a encouragé à poursuivre les processus, visant à soutenir le dialogue local et le soutien aux femmes, même en temps de crise. « Lorsque la guerre a éclaté au Soudan, nous avons constaté que les femmes qui avaient participé aux processus de désescalade et de dialogue au niveau local avant la guerre avaient utilisé leurs compétences et leurs capacités pour servir de médiatrices, négocier et gérer les tensions et les conflits dans leurs communautés pendant la guerre. » Il faut, en a déduit Mme Abbas, s’appuyer sur l’expertise civile des femmes dans les processus de dialogue qui affectent leur sort.
Forte de ces constats, Mme Abbas a fait une série de recommandations aux membres du Conseil en les appelant notamment à protéger et soutenir les femmes qui sont en première ligne des conflits, à la fois comme victimes et comme premières intervenantes. Il faut, a-t-elle prié, poursuivre le soutien aux femmes qui se trouvent en première ligne au Soudan, qu’elles soient à la tête de l’aide humanitaire ou de la désescalade, alors même que la crise se poursuit. Elle a également demandé que les femmes qui œuvrent à la consolidation de la paix avant, pendant et après les crises puissent compter sur le soutien de la communauté internationale. Les meilleurs atouts pour arrêter la guerre sont les groupes qui se trouvent en première ligne, a-t-elle argué, en citant l’exemple des « Mères de la paix » dans l’État du Nil-Bleu. En dernier lieu, la militante a plaidé en faveur de partenariats avec et pour les jeunes femmes au Soudan. Il lui semble essentiel de veiller à ce que les points de vue des jeunes, en particulier ceux des jeunes femmes, soient pris en compte et inclus dans les dialogues à tous les niveaux concernant la fin de la guerre et la construction de l’avenir du pays.
