Source: Universities – Science Po in French
Quelles sont vos spécificités : comment se fait l’histoire au Centre et à Sciences Po ?
L’extension des thèmes de recherche du CHSP a accompagné celle de la « politique » telle qu’elle se présente aujourd’hui pour les citoyens et citoyennes. L’étude des rapports, y compris guerriers, entre États ; l’analyse des institutions publiques, des partis, des syndicats et mouvements sociaux ; le déchiffrement des idéologies et des représentations, y compris passionnelles, y sont toujours centrales. Elles s’analysent cependant de plus en plus avec le recours aux disciplines voisines : la sociologie des organisations comme des savoirs, l’économie politique, l’anthropologie de l’intime et des rapports de genre ; l’esthétique aussi, puisque le CHSP est un Centre d’histoire et d’histoire de l’art.
Les objets auxquels s’appliquent ces approches se sont multipliés. Les contextualisations historiques de la crise climatique, de la santé globale et du domaine biopolitique, des technologies statistiques et numériques, de l’infrapolitique et des constructions de soi, des savoirs de la littérature, sont autant de leviers pour repenser ce que deviennent « le » et « la » politique.
Il en va de même des transformations de l’État en longue période, de ses déclinaisons en État-Nation, en Empire colonial, en assemblage centralisé, fédéral ou confédéral ou encore des rapports de l’État avec la protection sociale et le marché.
Le CHSP est à la pointe de l’intérêt pour l’histoire de la démocratie, de ses crises, de ses refondations, point crucial hier comme aujourd’hui pour toute histoire politique. L’une des manifestations en est l’approche réflexive avec laquelle ses membres recherchent et enseignent sur les usages de l’histoire et les instrumentalisations idéologiques du passé.
Il y a deux ans, nous avions consacré un colloque au « Retour de l’Histoire » et des menaces dont il est porteur. Comme le montre le clin d’œil de notre affiche à la Fée électricité, nous souhaitons aujourd’hui exposer le regard que donne la connaissance historique sur la compréhension du monde en interrogeant les tensions qui, partout, traversent aujourd’hui le paysage politique et géopolitique, à l’heure où la circulation des personnes, des biens et des idées, se heurte à l’intensité des intérêts et des imaginaires du national.
