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Espace mondial : le manuel du cours phare de Frédéric Ramel

Espace mondial : le manuel du cours phare de Frédéric Ramel

Source: Universities – Science Po in French

Comme tous les manuels de la collection « Avec Sciences Po », Espace mondial s’appuie sur les douze séances du cours semestriel. À l’instar des deux premiers volumes publiés par Nicolas Delalande et Blaise Truong-Loï pour L’Histoire du XIXe siècle, et par Florence Haegel pour la Science politique, les lectrices et les lecteurs retrouveront les rubriques originales « à lire, à voir, à écouter » dont l’objectif est de diversifier les matériaux pédagogiques au-delà des bibliographies habituelles.

Pour ma part, j’ai adopté quatre séquences composées chacune de trois chapitres afin de ponctuer le cheminement pédagogique : contextualisation, structuration, régulation, tension (entre le clos et l’ouvert).

Outre la présentation des outils permettant de saisir le monde, la première séquence revient sur les caractères de l’espace mondial à la fois inégal et déséquilibré, ainsi que sur les transformations du système international. La compression de l’espace, due en partie aux industries extractives, mais aussi la planétisation, qui correspond à une progressive prise de conscience collective du fait de vivre sur une même et unique planète, en sont les principaux traits de caractère. En d’autres termes, cette première partie décrit notre condition planétaire.

En décrivant les différents rapports aux frontières nationales, la deuxième partie revient sur trois processus majeurs qui contribuent à façonner le monde dans lequel nous vivons.

  • L’étatisation du monde : les États modernes ont été les architectes des relations internationales plaçant en son cœur les principes de souveraineté et d’indépendance ;
  • La transnationalisation du monde : des firmes multinationales aux organisations non gouvernementales, en passant par la criminalité organisée ou même les individus ordinaires, qui s’immiscent, eux aussi, sur la scène mondiale ;
  • La régionalisation du monde : l’expérience même des relations internationales commence par les interactions entre voisins sur un même continent, mais aussi la présence dans ces espaces régionaux d’organisations intergouvernementales dont l’agenda public s’est enrichi depuis la fin de la Guerre froide.

La recherche d’un ordre et de règles communes est au cœur de la troisième partie, que ce soit pour réguler la mondialisation ou bien instaurer la paix. Portant sur les dynamiques de coopération, de compétition mais aussi de guerres, cette séquence centrale permet aussi et surtout d’évaluer le rôle de la puissance militaire ainsi que les recompositions actuelles des rivalités entre États. Si les rapports militaires restent un aspect central à prendre en considération, ils n’épuisent pas la multiplicité des formes d’affrontements.

Enfin, la dernière partie appréhende la tension entre fermeture et ouverture dans l’espace mondial. Elle s’inspire des Deux Sources de la morale et de la religion, ouvrage dans lequel Bergson distingue deux postures : celle du clos qui limite nos devoirs moraux au groupe d’appartenance, et celle de l’ouvert qui les transforme et les étend à l’humanité. Au prisme des identités, des religions et du rapport à l’environnement, j’examine des lignes de clivages repris par les États nationaux, mais qui les dépassent également. Ces lignes alimentent des différentialismes culturels dans la façon de vivre les appartenances, les croyances, ainsi que la manière d’envisager notre relation à la nature. Si les clivages n’aboutissent pas nécessairement à des conflits armés, ils génèrent néanmoins controverses et luttes, à l’instar de la reconnaissance, ou non, des changements climatiques à l’œuvre.

Je me suis permis aussi d’innover dans ce manuel, en convoquant à l’issue de chaque chapitre une image, parfois inspirée d’une œuvre d’art, qui entend non pas résumer l’argumentaire, mais offrir une perspective originale sur la thématique traitée : les “dés” pour les rivalités entre grandes puissances, ou la “goutte” pour les identités par exemple. Il s’agit de suggérer une diversité de voies pour appréhender les phénomènes internationaux, globaux et même planétaires.

MIL OSI