Source: United Nations – in French 2
Headline: Le Conseil de sécurité fait le point sur le dossier des armes chimiques de la Syrie après l’engagement de démantèlement pris par le nouveau pouvoir syrien
(Le résumé complet de la réunion sera disponible ultérieurement.)
Deux jours après l’engagement pris par le nouveau pouvoir syrien de démanteler le reste des stocks d’armes chimiques hérités du régime Al-Assad, le Conseil de sécurité se réunit, ce matin, pour faire le point sur ce dossier, à la lumière du dernier rapport mensuel du Directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). À cette occasion, Mme Izumi Nakamitsu, Haute-Représentante pour les affaires de désarmement, doit faire un exposé.
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La situation au Moyen-Orient S/2025/127
Exposé
Mme IZUMI NAKAMITSU, Secrétaire générale adjointe et Haute-Représentante pour les affaires de désarmement, a rappelé que, depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité sur la question de l’élimination des armes chimiques en Syrie, une « nouvelle réalité politique » est apparue dans le pays, après la chute en décembre dernier du régime de Bashar Al-Assad. Outre l’occasion historique de construire un avenir stable et pacifique pour le peuple syrien après 14 années de guerre brutale, cette nouvelle réalité permet, selon elle, d’envisager des éclaircissements attendus de longue date sur l’étendue et la portée du programme d’armes chimiques syrien, de débarrasser le pays de toutes les armes chimiques, de normaliser les relations avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de garantir le respect à long terme de la Convention sur les armes chimiques. « La Syrie a commencé à prendre des mesures en vue d’atteindre cet objectif », s’est-elle félicitée.
Soulignant l’importance de régler toutes les questions en suspens liées au dossier des armes chimiques de la Syrie, Mme Nakamitsu a rappelé que les autorités syriennes précédentes ont soumis 20 amendements à la déclaration initiale de la République arabe syrienne, sans que l’Équipe d’évaluation des déclarations de l’OIAC n’ait jamais été en mesure de confirmer que cette déclaration soumise était exacte et complète, en raison des informations insuffisantes et inexactes qu’elle contenait. Au cours des 11 dernières années, l’Équipe a soulevé et signalé un total de 26 questions en suspens concernant la déclaration de la Syrie, dont 19 restent non résolues, a précisé la Haute-Représentante. Pour le Secrétariat technique de l’OIAC, a-t-elle relevé, le contenu de ces questions en suspens reste un motif de grave préoccupation car il concerne de grandes quantités d’agents de guerre chimique et de munitions chimiques potentiellement non déclarés ou non vérifiés. En outre, la mission d’établissement des faits de l’OIAC et l’Équipe d’enquête et d’identification de l’OIAC ont documenté l’utilisation d’armes chimiques en Syrie et, dans un certain nombre d’incidents, identifié les Forces armées arabes syriennes comme étant les auteurs de ces actes.
Mme Nakamitsu a ajouté que, selon le Secrétariat technique de l’OIAC, il est « indéniable » que les autorités syriennes précédentes n’ont pas déclaré l’ampleur réelle du programme d’armes chimiques syrien et qu’elles ont continué à utiliser, et peut-être à produire, des armes chimiques après avoir adhéré à la Convention sur les armes chimiques en 2013. Qualifiant d’« extrêmement préoccupante » la situation laissée par les autorités syriennes précédentes, la haute fonctionnaire s’est déclarée encouragée par le fait que les nouvelles autorités aient exprimé « le désir et l’engagement d’entamer un nouveau chapitre de coopération avec l’OIAC » pour régler les questions en suspens. Ainsi, a-t-elle souligné, le 8 février, le Directeur général de l’OIAC et une délégation de haut niveau du Secrétariat technique de l’OIAC se sont rendus à Damas, à l’invitation du Ministre des affaires étrangères par intérim, M. Asaad Al-Shaibani. Au cours de cette visite, le Directeur général a également rencontré le dirigeant syrien, M. Ahmed al-Sharaa, qui a « donné l’assurance de l’intention des nouvelles autorités de coopérer avec l’OIAC ».
La Haute-Représentante a indiqué avoir ensuite été informée de la nomination par le Ministère syrien des affaires étrangères d’un « point focal pour les questions relatives aux armes chimiques », lequel s’est rendu à La Haye pour des réunions en personne avec le Secrétariat technique de l’OIAC sur la manière de faire avancer le « plan d’action en neuf points pour la Syrie » de l’OIAC. À cet égard, Mme Nakamitsu s’est réjouie de la déclaration faite mercredi dernier par le Ministre des affaires étrangères par intérim lors de la session de cette semaine du Conseil exécutif de l’OIAC, dans laquelle il a souligné l’engagement des nouvelles autorités à « détruire tout vestige du programme d’armes chimiques développé sous les autorités précédentes, à rendre justice aux victimes et à garantir le respect du droit international par la Syrie ». Constatant avec satisfaction que les nouvelles autorités syriennes et le Secrétariat technique de l’OIAC « ont déjà commencé à œuvrer pour atteindre ces objectifs », elle a indiqué que, dans les prochains jours, une équipe d’experts techniques sera déployée à Damas pour travailler à l’établissement de la présence physique permanente de l’OIAC en Syrie et commencer à planifier conjointement les déploiements sur les sites d’armes chimiques.
Si l’engagement pris par les autorités intérimaires en Syrie de coopérer pleinement et de manière transparente avec le Secrétariat technique de l’OIAC est « louable », « le travail qui nous attend ne sera pas facile », compte tenu des défis humanitaires, sécuritaires et de relèvement que connaît le pays, a reconnu l’intervenante, avant d’inviter la communauté internationale à fournir aux deux parties un soutien solide et des ressources supplémentaires. Exhortant les membres de ce Conseil à s’unir pour apporter le soutien que nécessitera cet « effort sans précédent », elle a assuré que l’ONU continuera de faire sa part pour faire respecter la norme interdisant l’utilisation d’armes chimiques « où que ce soit et à tout moment ».
