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Les 30 ans de l’espace Schengen : trois décennies de libre circulation

Les 30 ans de l’espace Schengen : trois décennies de libre circulation

Source: Republic of France in French
La République française a publié la déclaration suivante:

L’espace Schengen trouve son origine dans un accord signé en 1985 par cinq pays européens : la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Son objectif était clair : supprimer progressivement les contrôles aux frontières entre ces États, tout en renforçant la coopération en matière de sécurité.

Ce projet devient réalité dix ans plus tard, le 26 mars 1995, lorsque sept pays appliquent concrètement les accords : la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne et le Portugal. 

L’accord est progressivement élargi, et aujourd’hui 29 pays participent à l’espace Schengen, dont quatre non-membres de l’Union européenne (la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein). Avec l’entrée à part entière de la Roumanie et de la Bulgarie le 1er janvier 2025, la zone de libre circulation s’étend désormais à 4,5 millions de km2.

L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait.

Robert Schuman

  • Ancien président du Parlement européen

L’espace Schengen en incarne, depuis trente ans, l’un des symboles les plus concrets de la construction européenne.

Pour des millions d’Européens, cet espace fait aujourd’hui partie du quotidien. Il permet de se déplacer librement pour le travail, les études, les loisirs ou la vie de famille, sans formalité particulière entre les pays membres.

Mais au-delà des déplacements individuels, Schengen est aussi un outil stratégique pour l’intégration européenne, soutenant les échanges économiques, la croissance du tourisme et la fluidité des transports, contribuant ainsi à l’attractivité du continent.

Une organisation coordonnée au niveau européen

Le bon fonctionnement de l’espace Schengen repose sur plusieurs piliers. En plus de la suppression des contrôles aux frontières intérieures, les États membres coopèrent étroitement en matière de police, de justice et de gestion des frontières extérieures

  Plusieurs dispositifs pour assurer la sécurité tout en maintenant la liberté de circulation sont mis en place :  

  • le système d’information Schengen (SIS), qui permet de repérer des personnes recherchées ou des documents volés dans l’ensemble de l’espace,
  • l’agence Frontex, qui, depuis 2004, joue un rôle central dans la surveillance des frontières extérieures de l’espace Schengen. Elle assiste les États membres dans le contrôle des flux migratoires, la prévention des trafics illégaux et la gestion des arrivées de voyageurs en provenance de pays tiers. Renforcée ces dernières années, Frontex coordonne des opérations de terrain, des formations et participe à la mise en œuvre d’outils prévus pour améliorer la sécurité et la fluidité aux frontières extérieures de l’espace comme l’ETIAS (système d’autorisation de voyage) ou le Système d’entrée/sortie (EES).

Cap et perspectives

Trente ans après sa mise en œuvre, l’espace Schengen continue d’évoluer. Les États membres et les institutions européennes travaillent à renforcer son efficacité face aux défis contemporains : flux migratoires, enjeux sécuritaires, crises sanitaires, environnementales ou géopolitiques.

En cas de menace pour la sécurité nationale, un État membre peut réintroduire temporairement des contrôles aux frontières intérieures. Cette mesure est limitée à six mois, mais peut être prolongée jusqu’à deux ans en cas de défaillance grave dans la gestion des frontières extérieures.

L’objectif reste toutefois inchangé : préserver une liberté de circulation sûre et fluide, au service des citoyens, de l’économie et de la coopération européenne.

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Schengen en chiffres

  • Plus de 450 millions d’Européens peuvent circuler sans contrôle aux frontières.
  • 3,5 millions de personnes traversent une frontière intérieure chaque jour pour travailler.
  • 1,7 milliard de passages aux frontières Schengen en 2022, soit quatre fois plus qu’avant son entrée en vigueur.
  • 50 % du tourisme mondial s’effectue dans l’Union européenne.

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