Source: United Nations – in French 2
Headline: Conseil de sécurité: séance sur le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel
(Le compte-rendu de la réunion sera disponible ultérieurement.)
Ce matin, le Conseil de sécurité entend un exposé du Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Leonardo Santos Simão, qui est à la tête du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).
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Consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest (S/2025/187)
Exposé
M. LEONARDO SANTOS SIMÃO, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a présenté les activités trimestrielles du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), dont il est Chef. Il a commencé par indiquer qu’il s’était rendu en janvier à Maiduguri, au Nigéria, avec M. Abdou Abarry, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique centrale et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), pour participer au cinquième Forum des gouverneurs du bassin du lac Tchad. Puis ils sont allés à Bama, une ville dévastée par Boko Haram et abritant de vastes camps de personnes déplacées. « Celles-ci nous ont fait part de leurs aspirations à la paix et au développement, reflétant les efforts fructueux des quatre pays du bassin du lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigéria et Tchad) pour lutter contre le terrorisme et favoriser la stabilité. » Toutefois, leurs inquiétudes concernant le manque d’opportunités en matière d’éducation et d’emploi persistent, pendant que la région est confrontée aux défis du terrorisme et des changements climatiques, a tempéré le haut fonctionnaire.
Au cours de notre visite, a-t-il relaté, les parties prenantes ont insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts diplomatiques et le soutien financier pour maintenir la Force multinationale mixte (FMM), actuellement le seul mécanisme de sécurité opérationnel de la région. Malgré la poursuite des bons offices visant à maintenir l’intégrité de cette coalition, le Niger en a récemment annoncé son retrait. Une annonce qui arrive au moment où la sécurité est la principale préoccupation de la région, même si des investissements significatifs en ressources militaires et en coopération transfrontalière ont pu renforcer l’autorité de l’État dans certaines zones du Sahel central.
Les progrès accomplis, notamment au Burkina Faso, sont fragilisés par l’intensification des attaques terroristes dans les zones frontalières du nord, qui visent principalement les États côtiers du Bénin et du Togo, a poursuivi le Représentant spécial. Bien que la Force en attente de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne soit pas encore pleinement opérationnelle, il a jugé encourageants le déploiement de patrouilles conjointes et l’intérêt de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour le renforcement de leur collaboration en matière de sécurité. De plus, la restructuration de l’Initiative d’Accra offre selon M. Simão une occasion unique de poursuivre la coopération régionale en matière de sécurité. Et la mise en œuvre de la résolution 2719 (2023) pourrait beaucoup aider à la lutte contre le terrorisme.
Dans ce contexte, le haut fonctionnaire a signalé que le Mali a lancé un processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), que le Niger a réuni plus de 700 dirigeants pour les assises nationales afin de fixer les objectifs du processus de transition, que le Burkina Faso mène des consultations nationales sous la houlette du Premier Ministre et que le Président de la Mauritanie a entamé un dialogue national avec les partis d’opposition.
Le Représentant spécial a expliqué s’être récemment rendu au Mali et en Mauritanie afin de mettre l’accent sur le rétablissement de la confiance dans la région. « Les dirigeants mauritaniens sont déterminés à soutenir le dialogue dans la région, tandis qu’au Mali, les autorités ont invité l’ONU à soutenir les prochaines élections, m’assurant que les préparatifs progressent », a-t-il dit. Il s’est félicité des avancées sur le plan électoral au Mali, qui témoignent d’un progrès vers un retour à l’ordre constitutionnel, et a salué l’intention exprimée par les autorités de transition de Guinée d’organiser des élections d’ici à la fin de l’année, après l’adoption d’une nouvelle constitution et la réalisation d’un recensement général. Il a également indiqué que le Président du Ghana a nommé un Envoyé spécial auprès de l’Alliance des États du Sahel (AES) et s’est rendu dans plusieurs pays de la région pour renforcer la coopération.
Le Représentant spécial a rappelé que la CEDEAO et les pays de l’AES se préparent à négocier leur séparation, effective le 29 janvier, avec une période de transition fixée par la CEDEAO jusqu’à fin juillet. Alors que la CEDEAO maintient la porte ouverte, l’Alliance approfondit sa coopération interne, les deux parties souhaitant préserver les avantages de l’intégration régionale, notamment la liberté de circulation. Ces évolutions sont encourageantes, selon M. Simão.
Évoquant plusieurs autres questions urgentes, il a cité l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, prévue en octobre prochain, qui suscite des inquiétudes quant à son caractère inclusif, compte tenu des souvenirs de la crise électorale de 2010-2011 et des violences survenues lors du scrutin de 2020. En Guinée-Bissau, il a prévenu de graves risques qu’entrainent les profonds désaccords concernant la fin du mandat présidentiel actuel, la date des élections de 2025 et la légitimité des institutions étatiques. « Je suis préoccupé par les informations faisant état de civils non armés pris pour cible dans la lutte contre le terrorisme, ce qui porte atteinte à l’état de droit et contrecarre les efforts de lutte contre l’extrémisme violent. »
Sur le plan économique, il a signalé la hausse des indicateurs socioéconomiques dans la région, qui proviennent en grande partie de l’extraction des ressources et de la production alimentaire. Il a cependant énoncé les défis persistants liés à l’inflation élevée, à un endettement croissant, aux chocs climatiques et à une capacité budgétaire limitée, autant d’obstacles pour les gouvernements qui investissent dans les services et les infrastructures essentiels. Pour renforcer la résilience à long terme, il a suggéré des approches globales et des partenariats donnant la priorité à la stabilité macroéconomique et à la croissance inclusive, ainsi qu’à une gouvernance économique plus solide.
Enfin, en tant que Président de la Commission mixte Cameroun-Nigéria, M. Simão a souhaité souligner une réalisation cruciale en matière de prévention de conflits et de consolidation de la paix: les deux pays ont réaffirmé leur volonté de résoudre les derniers points de désaccord. Il a indiqué travailler au lancement de la phase finale et au soutien des équipes nationales des Nations Unies dans l’élaboration d’un programme de développement global pour les populations frontalières. « Ce programme vise à transformer la frontière en un couloir de développement, favorisant la coopération transfrontalière, la paix et la stabilité dans la région. »
