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Conseil de sécurité: l’ONU appelle à renforcer l’appui à la République centrafricaine

Conseil de sécurité: l’ONU appelle à renforcer l’appui à la République centrafricaine

Source: United Nations – in French 2

Headline: Conseil de sécurité: l’ONU appelle à renforcer l’appui à la République centrafricaine

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix a indiqué, cet après-midi devant le Conseil de sécurité que la situation politique de la République centrafricaine se trouve à un tournant délicat, notant que la tenue d’élections locales, présidentielle et législatives représente une occasion unique de renforcer la gouvernance démocratique, d’améliorer la réconciliation nationale, et d’assurer la stabilité sur le long terme. 

M. Jean-Pierre Lacroix a rappelé que ces élections avaient été renvoyées plusieurs fois du fait de nombreux défis dont celui de leur financement. Le processus d’inscription sur les listes électorales s’est déroulé sans problème majeur, a-t-il assuré. Néanmoins, la publication de la liste électorale définitive prévue le 29 mai dernier reste attendue du fait de problèmes techniques.  Aussi a-t-il appelé à une communication des autorités en vue de clarifier la question, afin de proposer de nouvelles dates éventuelles d’élections et prévenir tout revers.

C’est un processus politique sensible, et l’appui de tous les partenaires de la RCA, y compris le Conseil de sécurité, demeure essentiel, a souligné le haut fonctionnaire.  Il faut renforcer l’appui de la communauté internationale pour aider la RCA et son peuple à faire advenir une paix durable.  Si ces efforts sont pérennisés, la RCA peut potentiellement devenir un véritable exemple de succès, a-t-il dit. 

« Pour la première fois en plus de 30 ans, nous organisons des élections locales », s’est enorgueilli le délégué centrafricain.  Il a néanmoins appelé « à la solidarité internationale pour que cette dynamique démocratique ne soit pas entravée », notamment en mobilisant les 9 millions de dollars manquants à la cagnotte électorale.

Au nom des A3+ (Algérie, Sierra Leone et Somalie), le Guyana s’est inquiété des contributions impayées de 400 millions de dollars au budget de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

La MINUSCA, a souligné la délégation, doit recevoir les ressources nécessaires, y compris les équipements aériens, pour pouvoir pleinement exécuter son mandat et faciliter ainsi la conduite du processus électoral.  De son côté, le représentant des États-Unis a appelé à un travail politique constructif pour préserver la liberté d’expression.  Nous sommes enthousiasmés, a dit la délégation, par la volonté d’ouverture et de dialogue dans le pays.

Pour le représentant de la République centrafricaine, si le chemin reste semé d’embûches, les avancées récentes, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR), témoignent d’une volonté politique constante de sortir du cycle de la violence.

Selon lui, un progrès décisif a été enregistré le 19 avril 2025 avec la signature à N’Djamena, sous la médiation du Président tchadien, d’un accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement centrafricain et les groupes armés 3R et UPC qui consacre la dissolution prochaine des entités signataires et leur réintégration progressive dans le cadre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA).  Il s’agit là d’un tournant qui réduit considérablement les risques de résurgence des violences dans plusieurs zones sensibles.  De même, l’État est redevenu une réalité dans des dizaines de préfectures, la levée de l’embargo sur les armes en juillet 2024 ayant permis d’équiper les forces centrafricaines dans un cadre légal et transparent.

Cependant, le conflit soudanais constitue une menace réelle: des groupes armés franchissent nos frontières, recrutent parmi les jeunes et compromettent notre souveraineté en violation manifeste de notre intégrité territoriale, a indiqué le délégué centrafricain qui a souhaité une présence renforcée de la MINUSCA dans les zones à risque.

« Les informations faisant état d’incursions en territoire centrafricain des Forces de soutien rapide depuis le Soudan sont préoccupantes.  L’embargo sur les armes au Darfour doit être respecté », a exigé, à son tour, la France, en appelant le Conseil à continuer d’accompagner le Gouvernement centrafricain dans sa lutte contre le trafic d’armes et de combattants.

Une inquiétude majeure a été partagée par le haut fonctionnaire et les délégations au sujet de la situation des droits humains dans le pays.  Sachant qu’une période électorale approche, des efforts sont nécessaires pour garantir le respect des droits pour tous, a plaidé le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix.  En outre, un manque de financement pourrait conduire la Cour pénale spéciale à l’arrêt de ses activités d’ici à septembre de cette année. 

Face à l’augmentation de 15% des violations des droits de l’homme en RCA, le Royaume-Uni, préoccupé, a exhorté le Gouvernement centrafricain à continuer de prendre des mesures contre les auteurs de violations des droits humains, notamment celles commises par « Wagner Ti Azande », ainsi que les groupes armés.

Pour les États-Unis, toutes ces allégations doivent faire l’objet d’enquêtes complètes rapides.  La délégation américaine a appelé tous les acteurs armés à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix en vue de la tenue des élections locales historiques.

Selon la Chine, il faut aider la RCA à consolider les bases de la paix et accorder la priorité à la réalisation du développement durable pour favoriser la reprise économique ce qui participe à la consolidation des bases de la paix. Cet appui doit se fonder sur les principes de non-ingérence dans les affaires intérieures et de respect de la souveraineté nationale, a exigé la Fédération de Russie qui s’est dite opposée à des « pratiques coloniales éculées ».  De son côté, le représentant du Panama a exhorté le Gouvernement centrafricain à donner la priorité à la finalisation de la loi de programmation militaire, qui permettra d’énoncer plus clairement les besoins du secteur de la défense.

Le délégué de la RCA a par ailleurs exprimé sa vive préoccupation quant aux actions récemment menées par certains membres du Groupe d’experts, notamment la collecte non autorisée d’images satellites de sites d’importance stratégique. Ces agissements suscitent des interrogations quant à leur finalité et compromettent la relation de confiance établie avec les autorités nationales, a-t-il dit.

En début de séance, il a demandé au Conseil de sécurité d’observer une minute de silence à la mémoire de la vingtaine de victimes de l’incendie qui a eu lieu hier au Lycée Barthélemy Boganda pendant que se déroulaient les examens de fin d’année, et du Casque bleu zambien décédé le 20 juin 2025, après une attaque contre une patrouille de la MINUSCA dans la préfecture de Vakaga.  Ces décès ont été déplorés par la quasi-totalité des membres de l’organe.

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MIL OSI