Post

« Réorienter les capitaux mondiaux pour libérer le potentiel d’investissement en Afrique » Discours d’ouverture de M. Akinwumi A. Adesina, président…

« Réorienter les capitaux mondiaux pour libérer le potentiel d’investissement en Afrique » Discours d’ouverture de M. Akinwumi A. Adesina, président…

Source: African Development Bank Group in French

Chers amis, collègues et partenaires de l’Afrique,

Bonjour !

Je tiens à vous remercier de m’avoir invité à prendre la parole à ce Sommet Afrique de la Standard CharteredBank. Lorsque l’on m’a proposé de prononcer le discours d’ouverture, je n’ai pas hésité une seule seconde. Comment celui que l’on surnomme le « grand optimiste de l’Afrique » pourrait-il refuser de parler de l’Afrique ?

Je suis donc ravi d’être ici aujourd’hui et de retrouver plusieurs visages familiers, amis et collègues avec lesquels j’ai travaillé et interagi en Afrique et dans le monde entier au cours de mes dix années à la présidence de la Banque africaine de développement.

Je tiens tout d’abord à féliciter la Standard Chartered Bank, qui a été désignée Meilleure banque transactionnelle lors de la cérémonie des récompenses « Asset Triple A Treasurise Awards » tenue à Hong Kong le mois dernier. Vos 127distinctions établissent un nouveau record et témoignent d’un remarquable parcours d’excellence dans le secteur bancaire et financier à l’échelle mondiale.

La Standard Chartered Bank a de profondes racines en Afrique, depuis ses débuts en 1862sous le nom de Standard Bank, puis plus tard sous le nom de Standard Bank of South Africa. Comptant plusieurs décennies d’investissements en Afrique, en tant que banque de détail, puis banque commerciale et banque d’investissement, la Standard Chartered Bank est présente sur tout le continent.

Aujourd’hui, forte de sa présence dans 53pays et de ses 165années d’histoire en Afrique, la Standard Chartered Bank est devenue indispensable à l’accélération de la croissance et du développement des économies africaines.

Bien qu’elle ait cédé plusieurs de ses activités de banque de détail, dont beaucoup ont été rachetées par Access Bank Holdings, et qu’elle se soit davantage concentrée sur des domaines présentant un avantage comparatif dans les services aux entreprises, les services bancaires d’investissement, la finance d’entreprise et la gestion de patrimoine, la Standard Chartered Bank restera stratégique pour le financement de la croissance de l’Afrique.

Alors que mon mandat de président de la Banque africaine de développement arrive à son terme le 1erseptembre 2025, je suis ravi d’avoir l’occasion, lors de ce Sommet Afrique de la Standard Chartered Bank, de partager certaines de mes réflexions sur l’Afrique.

Mon intervention aujourd’hui parlera donc de l’objectif de « Réorienter les capitaux mondiaux pour libérer le potentiel d’investissement en Afrique ».

Ce discours s’articulera autour de cinq grandes parties.

Dans la première partie, je présenterai l’Afrique en tant qu’opportunité d’investissement. Dans la deuxième partie, j’aborderai certains domaines prioritaires pour le déploiement des investissements. Dans la troisième partie, je traiterai de la manière d’attirer des capitaux mondiaux, provenant de fonds de capital-investissement, de capital-risque et d’investisseurs institutionnels. Dans la quatrième partie, j’aborderai la question des risques pour les investissements, ainsi que les moyens permettant de les atténuer. Dans la cinquième partie, je parlerai du rôle des banques multilatérales de développement dans le soutien à l’orientation des capitaux mondiaux vers l’Afrique.

Je conclurai ensuite par quelques recommandations.

En tant qu’opportunité d’investissement, l’Afrique est très solide. Grâce à un environnement macroéconomique et budgétaire amélioré, ainsi qu’à une hausse des investissements publics et de la consommation, le continent connaît une croissance économique rapide.

La croissance économique de l’Afrique devrait passer de 3,3% en 2024 à 3,9% en 2025, puis à 4% en 2026. Contre toute attente, le taux de croissance dans 21pays africains devrait être supérieur à 5% en 2025, voire dépasser 7% pour certains. L’Afrique compte 12 des 20économies à la croissance la plus rapide au monde en 2025.

Cependant, le taux de croissance du PIB par habitant reste bien en deçà des niveaux nécessaires pour réaliser des progrès considérables en matière de croissance inclusive et de prospérité pour ses 1,4milliard d’habitants.

C’est pour cette raison que la Banque africaine de développement a lancé ses programmes stratégiques « High5 » il y a dix ans: «Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie», «Nourrir l’Afrique», «Industrialiser l’Afrique», «Intégrer l’Afrique» et «Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique».

Je suis ravi qu’au cours de ces dix dernières années sous ma présidence, les priorités « High5 » de la Banque africaine de développement aient eu un impact sur la vie de plus de 565millions de personnes.

Pour atteindre les Objectifs de développement durable des Nations unies d’ici 2030, l’Afrique a besoin de très gros investissements dans les infrastructures, l’énergie, la connectivité numérique, les routes et les transports, les secteurs sociaux, notamment la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement, ainsi que le capital humain. Pour y parvenir, le continent aura besoin d’au moins 1 300milliards de dollars de financements par an. Cela nécessitera la mobilisation de capitaux à différents niveaux, provenant notamment des ressources nationales, des marchés de capitaux, des investissements du secteur privé, des financements concessionnels et des investissements directs étrangers.

L’Afrique doit attirer des capitaux internationaux à grande échelle. Il s’agit d’une mesure urgente compte tenu de la réduction rapide des flux d’aide traditionnels et de la baisse des flux de financement concessionnels, ainsi que des effets directs et indirects des droits de douane américains sur les recettes d’exportation et les réserves de change.

Pour parvenir à une croissance économique plus rapide et plus stable, l’Afrique doit s’affranchir de l’aide et se concentrer sur les investissements afin de mettre à profit ses vastes atouts.

L’Afrique possède toutes les ressources nécessaires pour réaliser cet objectif ambitieux.

Elle représente le plus important vecteur de croissance au monde pour plusieurs raisons.

La première est sa croissance démographique rapide, car le continent compte la plus vaste population de jeunes au monde, ce qui promouvra une consommation accrue des biens et des services. La taille du marché de consommation africain devrait passer de 1 400milliards de dollars en 2015 à plus de 2 500milliards de dollars d’ici 2030.

Deuxièmement, l’Afrique est essentielle pour nourrir la planète. En effet, 65% des terres arables non cultivées encore disponibles pour nourrir la planète se trouvent en Afrique. Ainsi, l’avenir de l’alimentation mondiale dépendra de la manière dont l’Afrique gérera son agriculture.

Il est estimé que la taille du marché de l’alimentation et de l’agriculture en Afrique atteindra 1 000milliards de dollars d’ici 2030. Les entreprises agroalimentaires et les entreprises agri-tech disposent de grandes possibilités d’utiliser les outils numériques afin d’accroître leur productivité et leurs revenus. Il est tout autant essentiel d’élargir leur accès aux services numériques. Un exemple éloquent est le programme « Mobilisation de l’accès à l’économie numérique », une initiative conjointe de la Banque africaine de développement et de Mastercard visant à offrir à 300millions d’agriculteurs un accès numérique à l’information, aux marchés et aux financements.

Troisièmement, l’Afrique abritant 30% des réserves minérales mondiales, ainsi que d’énormes gisements de minéraux critiques tels que le cobalt (77%), le platine (80%) et le manganèse (51%), le continent façonnera l’avenir de la transition énergétique mondiale, de même que celui de la fabrication de véhicules électriques, de téléphones portables, d’ordinateurs et de systèmes de défense. Les rivalités géopolitiques croissantes et intenses pour accéder à ces minéraux critiques orientent déjà la géopolitique mondiale en Afrique.

Quatrièmement, l’urbanisation rapide de l’Afrique place le continent au premier plan des marchés urbains mondiaux. Selon les estimations, 21 des 30villes enregistrant la croissance la plus rapide au monde d’ici 2035 se trouveront en Afrique. Cela renforcera encore la demande d’infrastructures, notamment les infrastructures d’énergie, d’eau, d’assainissement, de transport et de logements urbains. L’Afrique aura besoin d’environ 2 100milliards de dollars pour répondre à la demande croissante de logements urbains.

Cinquièmement, la Zone de libre-échange continentale africaine, avec un marché estimé à 3 400milliards de dollars, sera la plus grande zone de libre-échange au monde en termes de nombre de pays. Le potentiel de cette zone sera d’autant plus considérable si elle se développe en zone de production industrielle.

L’Afrique offre des taux de rendement des investissements élevés.

Ne vous fiez pas à ce que je dis, fiez-vous à ce que disent les chiffres. Le récent rapport du Programme des Nations unies pour le développement sur l’investissement en Afrique montre qu’investir en Afrique génère des taux de rendement internes compris entre 15 et 25%.

Qu’en est-il de la confiance des investisseurs ?

Ne vous fiez pas à ce que je dis, fiez-vous aux données.

Une enquête de l’Africa Venture Capital Association indique que 62% des investisseurs basés en Afrique considèrent l’Afrique comme un marché plus attractif que les autres marchés émergents, un avis également partagé par 40% des investisseurs internationaux. En outre, plus de 90% des investisseurs interrogés prévoient d’accélérer ou de maintenir le rythme de leurs affectations de capitaux en Afrique au cours des trois prochaines années, ce qui témoigne d’un intérêt constant et soutenu.

Les flux de capitaux vers l’Afrique ne correspondent cependant pas à son énorme potentiel par rapport aux autres marchés émergents. Selon la CNUCED, alors que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers l’Afrique ont atteint un niveau record de 94milliards de dollars en 2024, soit une augmentation de 75% par rapport à l’année précédente, ce qui représente 6% des flux mondiaux d’IDE. La marge d’accroissement des flux d’IDE vers l’Afrique reste importante compte tenu des besoins du continent.

Les possibilités d’investissement pour attirer les capitaux internationaux sont immenses en Afrique. Je souhaiterais évoquer les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de l’exploitation minière, de l’économie numérique, de l’industrie manufacturière et des infrastructures.

Énergie: la réduction de l’énorme déficit énergétique de l’Afrique offre un formidable potentiel d’investissement, 600millions de personnes n’ayant pas accès à l’électricité.

L’Afrique possède certaines des plus grandes sources d’énergie renouvelable au monde, notamment l’énergie solaire (11térawatts), l’énergie hydraulique (350gigawatts), l’énergie éolienne (150gigawatts) et l’énergie géothermique (15gigawatts). L’exploitation de ces potentiels entrainera un développement industriel massif pour le cntinent, lui permettant d’être plus compétitif et d’accroître la valeur ajoutée de ses vastes ressources agricoles, minérales et métalliques.

La Mission300, lancée conjointement par la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, vise à raccorder 300millions de personnes à l’électricité d’ici 2030. Cela nécessite des investissements des secteurs public et privé. Le montant total des Pactes énergétiques pour les 12premiers pays s’élève à 127milliards de dollars, dont plus de 61milliards de dollars attendus du secteur privé.

Agriculture: des investissements sont nécessaires pour libérer le potentiel agricole du continent, particulièrement pour la valorisation des produits agricoles. Pour y parvenir, il faut développer des plateformes industrielles qui permettront au continent de progresser dans les chaînes de valeur agricoles.

La Banque africaine de développement investit massivement à travers l’Afrique dans le développement de Zones spéciales de transformation agro-industrielle, dotées d’infrastructures favorisant l’implantation d’industries de transformation et de valorisation d’un large éventail de produits agricoles.

La Banque africaine de développement a engagé plus de 934millions de dollars pour le développement de ces zones. Nous avons mobilisé 938millions de dollars de cofinancements auprès de partenaires, dont le Fonds international de développement agricole, la Banque islamique de développement, l’Agence japonaise de coopération internationale et la Banque ouest-africaine de développement.

Nous avons également lancé, avec nos partenaires, l’Alliance pour les zones spéciales de transformation agro-industrielle afin d’accélérer le développement de ces zones en Afrique, les engagements s’élevant à troismilliards de dollars.

Le développement de ces zones est en cours sur 27sites répartis dans 11pays.

Je me réjouis qu’au Nigeria, la Banque africaine de développement et ses partenaires aient soutenu le lancement de zones spéciales de transformation agro-industrielle dans les huit premiers États de la fédération (Ogun, Oyo, Cross Rivers, Imo, Kaduna, Kwara et Kano) et dans le Territoire de la capitale fédérale. La Banque africaine de développement et ses partenaires ont déjà mobilisé 2,2milliards de dollars pour la mise en œuvre de la deuxième phase de développement de ces zones dans 24autres États du Nigeria.

Exploitation minière: des investissements sont nécessaires pour exploiter le potentiel considérable du secteur minier, notamment en matière de valeur ajoutée et d’enrichissement. Il s’agira de financer des zones de transformation des minéraux, des infrastructures, ainsi que l’implantation d’industries de transformation et de valorisation, sur la base de réglementations garantissant la transparence, la gouvernance des ressources naturelles et la durabilité environnementale.

La Banque africaine de développement investit 500millions de dollars dans le développement du corridor de Lobito, un corridor ferroviaire reliant les zones minières de l’Angola à la République démocratique du Congo, la Zambie et la Tanzanie.

La Banque africaine de développement est également mandatée comme arrangeur principal pour la construction de la voie ferrée à écartement standard reliant les régions riches en minéraux de la Tanzanie et du Burundi et mobilise 3,2milliards de dollars à cet effet.

L’année dernière, la Banque africaine de développement a accordé un prêt privilégié de 150millions de dollars à la compagnie minière nationale mauritanienne afin de doubler la capacité de transport du minerai de fer de ses chemins de fer.

Pour maximiser les retombées de ses abondantes réserves de minéraux et de métaux, l’Afrique doit mettre fin à l’exportation de minéraux et de métaux bruts et construire des usines de transformation qui lui permettront de bénéficier d’une plus grande part de la valeur ajoutée, de créer des emplois et de soutenir les entreprises locales grâce au transfert de compétences et de technologies par le biais de lois sur le contenu local.

Par exemple, l’installation d’une usine de transformation de précurseurs de batteries lithium-ion en République démocratique du Congo est trois fois moins coûteuse qu’aux États-Unis, en Pologne et en Chine.

Économie numérique: les investissements doivent également cibler le marché numérique en plein essor en Afrique, notamment du fait de la croissance des technologies financières, des services bancaires mobiles et des systèmes de paiement numérique qui transforment le paysage des services financiers, ainsi que l’inclusion financière. L’expansion rapide de l’économie numérique ajoutera au PIB de l’Afrique 180milliards de dollars d’ici 2025 et 712milliards de dollars d’ici 2050.

L’Afrique représente la moitié des 1,6milliard de comptes bancaires mondiaux, 74% du volume mondial des transactions et 68% des transactions d’une valeurde 1 200 milliards de dollars. L’écosystème des startups africaines tire parti de l’économie numérique, plus de 600pôles de startups étant actifs sur le continent.

La Banque africaine de développement estime que l’intelligence artificielle contribuera à hauteur de 1 000milliards de dollars par an à la productivité de l’Afrique d’ici 2030. Des investissements massifs seront donc nécessaires dans l’intelligence artificielle, les mégadonnées, les blockchains, les drones, la fabrication additive et les centres de données.

Industrie manufacturière: pour déployer des capitaux à grande échelle, les multinationales africaines doivent bénéficier d’un soutien financier important afin de créer des plateformes industrielles mondiales qui permettront à l’Afrique de devenir un acteur majeur dans des domaines clés où elle possède un avantage comparatif.

Le complexe pétrochimique de Dangote en est un bon exemple. Grâce à 24milliards de dollars d’investissements, il fournit désormais du pétrole et des produits pétrochimiques au marché nigérian et à d’autres marchés africains et mondiaux.

Un autre exemple est le projet de gaz naturel liquéfié de 20milliards de dollars au Mozambique, qui représentait le plus important investissement direct étranger au moment de son montage.

Ces exemples démontrent que l’Afrique peut attirer des capitaux internationaux pour établir des plateformes industrielles de grande envergure et compétitives sur le marché mondial.

D’autres grandes entreprises qui témoignent de la viabilité et de la rentabilité commerciales de l’Afrique en consacrant des capitaux internationaux à l’Afrique incluent Goldfield Limited (capitalisation boursière: 17,46milliards de dollars), Naspers (capitalisation boursière: 14,56milliards de dollars), Vodacom Group (capitalisation boursière: 12,47milliards de dollars), MTN Group (capitalisation boursière: 10,99milliards de dollars) et Anglo American (9,39milliards de dollars).

Infrastructure: l’Afrique a besoin d’investissements pour développer des infrastructures de classe mondiale, qu’il s’agisse d’autoroutes, d’aéroports, de ports maritimes ou de trains à grande vitesse, à des taux de rendement attractifs et compétitifs. C’est la raison pour laquelle, au cours des dix dernières années, la Banque africaine de développement a investi plus de 55milliards de dollars dans les infrastructures, ce qui en fait le plus grand investisseur dans les infrastructures de l’Afrique.

Afin de promouvoir davantage des plateformes axées sur le marché pour le développement des infrastructures, la Banque africaine de développement a créé Africa50, une plateforme d’investissement pour le développement et le financement de projets qui vise à réaliser des taux de rendement comparables à ceux du marché. Africa50 est en passe de devenir l’un des gestionnaires d’actifs les plus diversifiés du secteur des infrastructures, avec des activités verticales dans le développement de projets, des prises de participation à un stade précoce, des fonds de capital-investissement et des fonds mezzanine.

Pour garantir le développement de réserves de projets d’infrastructures verts bancables, la Banque africaine de développement a mis en place l’Alliance pour les infrastructures vertes en Afrique (AGIA), avec l’appui du G7, afin de mobiliser 10milliards de dollars pour la construction d’infrastructures vertes résilientes au changement climatique en Afrique.

Il faut étendre les partenariats public-privé en vue d’attirer davantage de financements dans les infrastructures. Des instruments pour préparer des réserves de projets bancables sont également requis. De plus, le recours à des instruments tels que le recyclage d’actifs d’infrastructures désaffectées peut attirer les investisseurs du fait de l’existence de flux de revenus, contrairement aux investissements plus risqués dans la phase initiale de développement de projets.

Pour attirer des capitaux internationaux vers les infrastructures africaines, il est également important de s’éloigner de l’approche actuelle de financement des infrastructures, basée sur le modèle d’octroi et de détention de crédits (originate to hold), pour adopter le modèle d’octroi et de cession de crédits (originate to distribute). Cela garantira le développement de marchés secondaires permettant de sortir des investissements dans les infrastructures par le biais des marchés de capitaux.

J’aimerais maintenant aborder le rôle que peuvent jouer les capitaux privés, notamment les fonds de capital-investissement, les fonds de capital-risque et les capitaux institutionnels.

Capital-investissement: les sociétés de capital-investissement affichent une confiance durable vis-à-vis des marchés africains. En 2024, les financements en capital-investissement ont atteint 4milliards de dollars, contre 1,9milliard de dollars en 2023, soit une hausse impressionnante de 117%.

En 2024, le capital-investissement a également fait preuve de résilience dans un environnement macroéconomique complexe, enregistrant 485transactions d’une valeur de 5,5milliards de dollars. Cela marque un contraste avec la baisse des financements en capital-investissement au niveau mondial, à savoir de 20% aux États-Unis, 13% en Europe et 20% en Asie.

Dans le secteur du capital-risque, les startups africaines continuent de faire preuve de résilience et d’une très bonne compétitivité mondiale aux étapes ultérieures de financement. Pour les financements de série B et de série C, les startups africaines ont enregistré des montants médians d’investissements respectifs de 29millions de dollars et 38millions de dollars, dépassant la moyenne mondiale de 21millions de dollars pour la série B et de 35millions de dollars pour la série C.

La plupart des fonds de capital-risque sont toutefois concentrés dans quelques pays seulement: l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et l’Égypte. Certaines des entreprises financées par les fonds de capital-risque ont connu un succès, dont environ sept sont des licornes. Cependant, les fonds de capital-investissement et de capital-risque en Afrique ne représentent encore qu’une fraction des fonds mondiaux de capital-investissement et de capital-risque.

Pour accélérer la croissance de ces fonds, il sera essentiel d’améliorer les modalités de retrait pour les investisseurs, de développer et d’approfondir les marchés financiers nationaux, ainsi que d’accroître la cotation des petites et moyennes entreprises par le biais d’introductions en bourse, l’établissement de comités d’investissement pour les petites et moyennes entreprises sur les marchés boursiers et l’amélioration de l’environnement réglementaire et de la protection des investisseurs. Il est également important de développer des incubateurs et des accélérateurs d’entreprises, afin de fournir un écosystème solide de soutien aux entrepreneurs, et d’améliorer globalement l’environnement commercial, notamment en facilitant la création d’entreprises et le rapatriement des plus-values.

Banques d’investissement: les banques d’investissement joueront également un rôle important dans la réorientation des capitaux mondiaux vers l’Afrique, tant pour les gouvernements que pour le secteur privé. La nécessité croissante de financements par les gouvernements et la faiblesse des taux d’intérêt observée depuis plusieurs années dans les économies développées ont incité les pays africains à émettre des titres de créance sur les marchés mondiaux. Les banques d’investissement fournissent des services de conseils et soutiennent les émissions de titres.

Sur les marchés plus matures, elles aident les entreprises à lever des capitaux par le biais de titres de participation. Selon les estimations de Research and Markets (2025), la taille du marché mondial des banques d’investissement est passée de 139,86milliards de dollars en 2014 à 151,01milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 203,6milliards de dollars en 2029.

La taille du marché africain des banques d’investissement est estimée à 7,37milliards de dollars en 2025, soit 3,61% du marché mondial des banques d’investissement. En particulier, les banques d’investissement du groupe « bulge bracket » ont une empreinte réglementaire limitée en Afrique.

Cependant, de vastes opportunités s’offrent aux banques d’investissement à mesure que la Zone de libre-échange continentale africaine s’étoffe et que les entreprises étendent leurs activités au-delà des frontières, nécessitant des systèmes de paiement transfrontaliers, une gestion des risques et des portefeuilles, une restructuration et une consolidation des entreprises et des flux d’investissement. Les banques d’investissement pourront contribuer à structurer les transactions sur différents marchés, notamment pour les fusions et acquisitions, les cessions, les rachats par emprunt et, sur les marchés matures, accompagner les entreprises dans leurs introductions en bourse afin de mobiliser des capitaux pour soutenir leur expansion et saisir les opportunités qui s’offrent à elles.

Capital institutionnel: à l’échelle mondiale, les capitaux institutionnels sont énormes, atteignant 128 000milliards de dollars d’actifs sous gestion en 2024, selon Boston Consulting Group. La taille des capitaux institutionnels en Afrique, avec les fonds de retraite, les fonds souverains et les fonds communs d’assurance, est estimée à 2 000milliards de dollars. Si l’Afrique était en mesure d’attirer ne serait-ce que 1% des actifs mondiaux sous gestion, cela représenterait 1 280 milliards de dollars, un montant qui suffirait largement pour couvrir tous les investissements dont elle a besoin afin de réaliser l’ensemble de ses Objectifs de développement durable.

Dans leurs décisions en matière d’affectations, les investisseurs institutionnels de capitaux recherchent des projets bancables offrant des rendements ajustés selon le risque qui sont suffisamment élevés. Il est difficile de développer de vastes réserves de tels projets bancables, mais des progrès sont en cours dans ce domaine, par exemple au travers d’Africa50 et d’autres fonds d’infrastructure. Il s’agira de réduire les risques, notamment les risques des projets et des marchés, ainsi que les risques politiques.

Les investisseurs mondiaux examineront également l’évolution des investissements réalisés par les investisseurs institutionnels au niveau national. Dans ce cadre, le fait que le Fonds d’accélération pour les infrastructures d’Africa50 soit parvenu à clôturer sa première levée de fonds à 222millions de dollars avec la participation de 16investisseurs institutionnels africains représente un jalon majeur pour les investisseurs institutionnels africains.

C’est également pour cette raison que la Banque africaine de développement, grâce à son Fonds de développement de marchés des capitaux, soutient l’expansion des marchés obligataires domestiques en Afrique. Un marché financier plus solide permettra aux investisseurs institutionnels, tant au niveau local qu’au niveau international, d’investir dans des obligations d’infrastructure ou de sociétés en Afrique ou dans d’autres instruments sur le continent.

Pour attirer les investisseurs institutionnels mondiaux, il s’agira également de déployer une multitude d’efforts, notamment en améliorant l’environnement commercial, juridique et réglementaire, en renforçant l’État de droit et l’application des contrats, en harmonisant les cadres de réglementation financière et d’investissement entre les pays, et en établissant des plateformes d’investissement de confiance qui soutiennent les investisseurs.

Je souhaite à présent aborder un obstacle majeur au flux de capitaux vers l’Afrique: le risque.

Le flux de capitaux mondiaux vers l’Afrique dépend de l’évaluation des risques d’investissement sur le continent. Les pays d’Afrique paient 3 à 5fois plus que les autres régionaux du monde pour accéder à des capitaux, en raison d’évaluations inéquitables des risques par les agences de notation.

Selon le Programme des Nations unies pour le développement, cette « prime de risque africaine » coûte à l’Afrique 75milliards de dollars de coûts de service de la dette par an. Une étude du Fonds monétaire international montre qu’en « temps normal », les gouvernements africains payent en moyenne 50points de base de plus que leurs pairs d’autres régions du monde et jusqu’à 120points de base en période de pression mondiale, simplement pour l’émission de titres depuis l’Afrique.

C’est pour cette raison que la Banque africaine de développement soutient l’établissement de l’Agence de notation de crédit africaine, afin d’assurer une évaluation appropriée du risque en Afrique.

Toutefois, le rapport de Moody’s Analytics sur les pertes cumulatives en infrastructures à l’échelle mondiale montre que les pertes en Afrique sont de 1,9%, contre 6,6% en Amérique du Nord, 10,4% en Amérique latine, 12% en Europe de l’Est et 4,6% en Europe occidentale et en Asie.

Ainsi, l’Afrique présente moins de risques en termes d’investissements dans les infrastructures.

La disponibilité d’instruments de couverture peut contribuer à atténuer les risques, car les investisseurs institutionnels fourniront des capitaux en devises étrangères et les recettes seront en devises locales. Afin de réduire le risque de change pour les investisseurs, il est possible de recourir à un certain nombre d’instruments, notamment les options de change, les contrats à terme, les échanges de devises et les échanges de taux d’intérêt.

Par ailleurs, les offres de couverture comprennent des instruments dérivés tels que des prêts synthétiques en monnaie locale, ou l’utilisation de plateformes externes comme TCX, qui propose des instruments hors cote pour couvrir les risques de change et de taux d’intérêt sur les marchés où il n’existe pas de couverture ou de marchés à long terme.

Un certain nombre d’instruments sont disponibles pour réduire les risques en termes d’investissement de capitaux en Afrique. La Banque africaine de développement, qui s’appuie sur sa notation mondiale AAA, fournit des garanties partielles de crédit et de risque pour réduire les risques de financement. Ces garanties ont été très efficaces pour tirer parti des investissements de capitaux privés et soutenir les entités souveraines dans leur accès aux marchés mondiaux des capitaux avec des taux d’intérêt nominal inférieurs, tout en assurant des maturités plus longues pour leurs titres de créance.

Depuis 2019, la Banque africaine de développement a approuvé 16garanties partielles de crédit et de risque d’une valeur de clôture de troismilliards de dollars, mobilisant cinqmilliards de dollars pour le continent.

La garantie partielle de crédit de 250millions de dollars de la Banque africaine de développement a permis à l’Égypte d’émettre 500millions de dollars d’obligations Panda, une première pour un pays africain sur le marché financier chinois.

La Standard Chartered Bank a participé en tant qu’unique prêteur à la transaction de garantie partielle de crédit pour le prêt durable de la Côte d’Ivoire en 2023. La Banque africaine de développement a été en mesure de débloquer 533millions d’euros auprès de la Standard Chartered Bank afin de répondre aux besoins en financement du pays.

La garantie a permis à la Standard Chartered Bank d’étendre la durée du prêt et d’en optimiser la tarification en soutien au développement de l’Afrique. Je suis ravi que cette transaction ait été récompensée en tant qu’accord de prêt souverain de l’année lors de la conférence des prêteurs sur les obligations et les prêts au Cap.

Maintenant, je souhaite parler des rôles que peuvent jouer les banques multilatérales de développement pour surmonter certains de ces défis en matière de mobilisation de capitaux.

Les banques multilatérales de développement disposent de la base de données sur les risques des marchés mondiaux émergents (GEMS), qui peut contribuer à mieux évaluer le risque de prêt pour les entités souveraines et le secteur privé en Afrique. La base de données sur les risques GEMS, une base de données exclusive sur les marchés émergents frontaliers initialement développée par la Société financière internationale (SFI) et la Banque européenne d’investissement, couvre 30années de données sur les statistiques en matière de défaillances et de recouvrement provenant de banques multilatérales de développement.

Elle a été développée du fait que les agences de notation disposent de données relativement limitées sur les marchés émergents et frontaliers, car l’univers des notations est biaisé en faveur des marchés développés.

Les rapports GEMS, qui couvrent les prêts privés et publics et les prêts avec garantie souveraine, peuvent être utilisés pour compléter les groupes de données des agences de notation et, ainsi, assurer une meilleure évaluation du risque. La base de données GEMS montre que le risque de défaillance sur les marchés émergents, notamment en Afrique, se situe dans les fourchettes de risque que rencontrent les entités mondiales de répartition de capitaux dans d’autres régions.

La Banque africaine de développement prévoit également d’établir l’Agence africaine d’atténuation du risque (ARMA), qui regroupera tous les instruments d’atténuation du risque de la Banque au sein d’une entité distincte et indépendante. Cela couvrira une assurance contre le risque sur capitaux propres, le risque de refinancement, le risque climatique et le risque politique.

Le financement concessionnel est absolument essentiel pour fournir des financements mixtes, afin de réduire le coût du capital et les risques en apportant des garanties aux investisseurs. Au cours des dix dernières années, la Banque africaine de développement a fourni plus de 102milliards de dollars de financements à faible coût à l’Afrique.

Sous ma présidence à la Banque, nous sommes parvenus à augmenter le capital de la Banque de 93milliards de dollars à 318milliards de dollars, un niveau inégalé dans toute l’histoire de la Banque depuis son établissement en 1964. Le maintien des notations AAA de la Banque par les plus grandes agences de notation mondiales au cours de la dernière décennie a permis à la Banque d’émettre des instruments de dette à long terme, en vertu de son cadre d’obligations durables, y compris des obligations sociales, vertes et de durabilité.

Depuis le lancement en 2023 du Cadre d’émission d’obligations sociales de la Banque africaine de développement, celle-ci s’est hissée au sommet des classements des banques multilatérales de développement en termes d’émissions d’obligations sociales, émettant un total de 14milliards de dollars d’obligations sociales au cours des huit dernières années. La Banque africaine de développement a été un émetteur à long terme d’obligations de référence mondiale en dollars américains et, plus récemment, sur le marché des euros. Cela a permis à la Banque de mobiliser 10milliards de dollars rien qu’en 2025 pour financer des projets sur l’ensemble du continent.

La Banque africaine de développement ne se contente pas d’attendre que des capitaux supplémentaires lui parviennent, elle innove constamment pour maximiser les capitaux dont elle dispose. Grâce à nos initiatives d’optimisation du bilan, nous tirons davantage parti de chaque dollar de capital-risque. Notre ambition est triple: libérer du capital, attirer les investisseurs et amplifier l’impact en faveur du développement.

Ces instruments ont inclus la toute première titrisation synthétique d’un portefeuille non souverain par une banque multilatérale de développement, transférant le risque de financement mezzanine d’un portefeuille d’unmilliard de dollars de prêts du secteur privé à des investisseurs comme Africa50 et Newmarket.

En 2022, nous avons réalisé une nouvelle percée avec l’accord Marge de manœuvre souveraine, structurant un transfert de risque synthétique dedeuxmilliards de dollars qui a mobilisé 400millions de dollars de première perte auprès d’un groupe d’assureurs privés et 1,6milliard de dollars de garanties du ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement. Selon les estimations, l’offre Marge de manœuvre souveraine a créé deuxmilliards de dollars de marge de manœuvre supplémentaire pour les prêts souverains, tout en améliorant également les mesures prudentielles clés de la Banque africaine de développement.

La Banque africaine de développement a encore innové l’an dernier avec l’exécution de sa toute première transaction de fonds propres hybrides du secteur privé par une banque multilatérale de développement. Les fonds propres hybrides de 750millions de dollars ont remporté un franc succès, avec la participation de plus de 275investisseurs et un carnet de commandes de 5,1milliards de dollars, le plus important jamais atteint par la Banque africaine de développement.

L’instrument qui est peut-être le plus transformateur pour attirer davantage de fonds mondiaux en faveur du développement de l’Afrique est la réaffectation des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international vers des banques multilatérales de développement.

Cet effort, déployé par la Banque africaine de développement en partenariat avec la Banque interaméricaine de développement, facilitera l’utilisation des DTS réaffectés sous forme de fonds propres hybrides, qui pourront être mis à profit 4 à 8fois.

Par exemple, 20milliards de dollars de DTS réaffectés permettront d’obtenir jusqu’à 160milliards de dollars de nouveaux financements mondiaux qui pourront être fournis à l’Afrique.

Dans l’environnement actuel de baisse de l’aide, la réaffectation des DTS en vue de les utiliser comme fonds propres hybrides changera la donne. Elle ne coûtera rien aux contribuables dans les pays qui affectent leurs DTS.

En tant qu’instrument perpétuel de fonds propres hybrides, il est possible de l’utiliser pour tirer parti de la notation AAA des banques multilatérales de développement et fournir des financements plus étendus aux pays en développement, particulièrement en Afrique.

Le Forum pour l’investissement en Afrique, une initiative de partenariat stratégique de la Banque africaine de développement avec sa coalition de huit partenaires fondateurs, est également en train de transformer la mobilisation de capitaux pour le développement de l’Afrique. Cette plateforme pleinement transactionnelle pour les projets est devenue le marché de l’investissement de premier plan du continent, où les projets bancables sont présentés à des investisseurs sérieux et les accords sont accélérés jusqu’à leur clôture financière.

Avec une focalisation marquée sur la création, la structuration et l’exécution de transactions, le Forum a déjà mobilisé plus de 225milliards de dollars d’intérêt d’investissements couvrant des secteurs essentiels tels que les infrastructures, l’énergie, l’agro-industrie et la manufacture.

Au cours des dix dernières années, la Banque africaine de développement est devenue une institution financière mondiale dont la réputation et les capacités lui ont permis de contribuer à orienter les capitaux mondiaux vers l’Afrique. Elle est la seule institution financière en Afrique à jouir d’une notation AAA, que nous avons maintenue ces dix dernières années sous ma direction.

Global Finance a classé la Banque africaine de développement comme la meilleure institution financière multilatérale au monde.

L’institution de financement concessionnel de la Banque – le Fonds africain de développement – a été classée en tant que deuxième meilleure institution de financement concessionnel au monde, devançant l’ensemble des 55institutions de financement concessionnel de tous les pays de l’OCDE.

Cela fait deux années consécutives que la Banque africaine de développement est classée en tant qu’institution financière la plus transparente au monde par Publish What You Fund, et cette année, le taux de la Banque sur l’indice était de 98,8%, le plus haut de toute l’histoire de l’indice mondial de transparence financière.

Je suis fier que notre institution financière mondiale soit en mesure de travailler avec des partenaires internationaux, propulsée par des innovations financières et institutionnelles, en vue de canaliser davantage de capitaux mondiaux vers l’Afrique.

Les banques d’affaires et d’investissement mondiales, y compris la Standard Chartered Bank, pourront s’associer avec la Banque africaine de développement, dans le cadre d’une approche stratégique visant à « réorienter les capitaux mondiaux pour libérer le potentiel d’investissement en Afrique ».

Premièrement, grâce à leur utilisation plus étendue d’instruments d’atténuation du risque et d’amélioration du crédit de notation AAA de banques multilatérales de développement à des prix équitables pour offrir des taux d’intérêt abordables et une durée plus étendue à vos entreprises clientes.

Deuxièmement, grâce à une plus grande innovation dans les instruments pour canaliser des capitaux régionaux et mondiaux en faveur des infrastructures et des secteurs productifs.

Troisièmement, en intégrant les meilleures pratiques sur les plans environnemental, social et de la gouvernance (ESG), ainsi qu’en termes de résilience climatique dans votre portefeuille d’entreprises clientes.

Quatrièmement, en développant des opportunités d’arrangeur principal co-mandaté pour apporter conjointement les meilleures solutions à vos entreprises clientes.

Cinquièmement, grâce à une collaboration sur les marchés des capitaux domestiques qui se consolident et à une expansion des solutions de financement en monnaie locale.

En conclusion, il est évident que l’Afrique est une destination d’investissement rentable qui offre de vastes opportunités aux investisseurs. Le continent a fait preuve d’une formidable résilience, et son avenir reposera davantage sur des innovations financières et des partenariats stratégiques pour attirer plus de capitaux vers le continent. La canalisation de capitaux accrus vers l’Afrique nécessitera de redoubler d’efforts sur plusieurs fronts.

Premièrement, un environnement macroéconomique et budgétaire plus stable ainsi qu’un environnement réglementaire plus prévisible pour les investisseurs.

Deuxièmement, le déploiement à grande échelle d’instruments de garantie pour réduire les perceptions de risque des investisseurs et renforcer les profils de rendement ajusté selon le risque pour l’Afrique par rapport aux autres régions.

Troisièmement, la stabilité politique et la prévention des discontinuités politiques dues aux cycles électoraux pour donner des garanties aux investisseurs à long terme afin qu’ils déploient des capitaux.

Quatrièmement, l’harmonisation de l’environnement réglementaire dans l’ensemble des pays d’Afrique pour simplifier et expédier le déploiement de capitaux à grande échelle, particulièrement dans le cadre de transactions et d’accords commerciaux transfrontières.

Cinquièmement, consolider les marchés des capitaux domestiques pour fournir des marchés secondaires permettant aux investisseurs de se désengager de leurs investissements.

Enfin, étendre les financements concessionnels par le biais des banques multilatérales de développement pour fournir des financements mixtes permettant de tirer parti de financements plus importants du secteur privé.

L’avenir de l’Afrique est brillant. En canalisant davantage de capitaux mondiaux vers le continent, nous pourrons étendre les investissements pour réaliser son énorme potentiel.

Les institutions financières mondiales, les banques commerciales, les banques d’investissement, les fonds de capital-investissement, les fonds de capital-risque, les investisseurs institutionnels et les banques multilatérales de développement doivent travailler de concert en vue de faire de l’Afrique le vecteur de croissance du monde pour les investissements.

Ensemble, canalisons les capitaux mondiaux pour mettre à profit les atouts de l’Afrique.

Alors que je m’apprête à ouvrir un nouveau chapitre, soyez assurés que ce sera ma priorité !

Car je porterai toujours l’Afrique dans mon cœur et dans mon esprit.

À présent, agissons !

Je vous remercie très chaleureusement.

MIL OSI