Source: United Nations – in French 2
Headline: Conseil de sécurité: promotion du plan Trump comme la « voie à suivre » et inquiétudes face aux violations du cessez-le-feu à Gaza
Une semaine après l’adoption de la résolution endossant le plan d’ensemble du Président Donald J. Trump visant à mettre fin au conflit à Gaza, la réunion mensuelle du Conseil sur la situation au Moyen-Orient a été l’occasion pour les intervenants de discuter des prochaines étapes dans un contexte de cessez-le-feu « fragile » et « d’espoir renouvelé ».
« La résolution 2803 (2025) et le plan en 20 points du Président Trump tracent la voie à suivre », a déclaré le Coordonnateur spécial adjoint pour le processus de paix au Moyen-Orient, Coordonnateur résident et Coordonnateur des Nations Unies pour les activités humanitaires dans le Territoire palestinien occupé.
M. Ramiz Alakbarov a indiqué que depuis son entrée en vigueur le mois dernier, le cessez-le-feu a été globalement respecté à Gaza. Cependant, de récentes frappes aériennes israéliennes sur des zones peuplées et des attaques sporadiques de militants palestiniens contre des soldats israéliens mettent en péril le fragile cessez-le-feu, a-t-il mis en garde, exhortant les parties à parvenir d’urgence à un accord sur les modalités de mise en œuvre des différentes phases de cet accord.
Les défis restent immenses, mais le coût d’un échec est inimaginable, a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité d’une reconstruction ancrée dans une solution politique à deux États.
Cessez-le-feu, Conseil de paix et force internationale de stabilisation
« Rien ne peut justifier que 1 000 Palestiniens aient perdu la vie ou été blessés depuis le début du cessez-le-feu », s’est indigné l’Observateur permanent de l’État de Palestine qui a lui aussi réclamé le respect total du cessez-le-feu. « Les Palestiniens veulent la fin de cette situation. Ils refusent de perdre la moitié de Gaza dans ce processus.»
Nous avons accepté le plan de paix du Président Trump, alors que nous connaissions les intentions d’Israël: provoquer des déplacements forcés, poursuivre l’occupation et parvenir à l’annexion, a poursuivi l’observateur. Et nous continuerons à travailler avec l’Administration américaine, l’Arabie saoudite et les autres partenaires régionaux et internationaux pour ouvrir une voie crédible et irréversible vers la liberté, l’indépendance et la paix.
L’Algérie a fustigé Israël pour son mépris des médiateurs et garants, appelant à des mesures immédiates et décisives.
Pour le représentant d’Israël, il n’y aura pas de paix à Gaza tant que le Hamas sera armé. Le Hamas, a-t-il insisté, doit être intégralement et irréversiblement désarmé.
Selon lui, l’Autorité palestinienne n’a ni l’intention, ni la capacité de s’opposer au Hamas, raison pour laquelle le plan en 20 points prévoit la création d’une force internationale de stabilisation à Gaza.
Prévue par la résolution 2803 (2025), la force internationale de stabilisation à Gaza, « créée à titre temporaire », devra notamment collaborer avec Israël, l’Égypte et la Force de police palestinienne pour sécuriser les zones frontalières, démilitariser Gaza, détruire les infrastructures militaires et terroristes, ainsi que protéger les civils, y compris les opérations humanitaires.
Le plan américain prévoit également la création d’un Conseil de paix, dirigé par le Président Trump, qui guidera la reconstruction de Gaza et en organisera le financement, et ce, jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne ait mené à bonne fin son programme de réformes. Un plan Trump de développement économique visant à reconstruire et à dynamiser Gaza sera également élaboré par un groupe d’experts.
« Nous aurons besoin de partager la tâche. Votre soutien permettra de réaliser la vision du Président Trump pour la paix », a plaidé la représentante des États-Unis qui a invité les États Membres à fournir personnel, matériel et fonds à la force internationale de stabilisation qui, a-t-elle affirmé, permettra de libérer Gaza du joug du terrorisme et de rendre la bande de Gaza sûre pour l’acheminement de l’aide et les investissements, en protégeant les civils.
Le Royaume-Uni a, lui aussi, insisté sur le déploiement rapide d’une force internationale et d’une police palestinienne efficace à Gaza pour éviter tout vide que le Hamas pourrait exploiter.
Ligne jaune et tensions en Cisjordanie
Le représentant de la Fédération de Russie a toutefois demandé aux États-Unis des éclaircissements sur la création du Conseil de paix et de la force internationale de stabilisation à Gaza.
Si le manque de précisions du plan en 20 points du Président Trump sur certaines questions a permis aux parties de parvenir à un accord, à ce stade, « sans réponses franches et concrètes », les efforts de paix risquent de s’enliser dans un déferlement incessant d’accusations mutuelles de violations des termes de l’accord, a-t-il mis en garde.
De plus, la délégation russe a exprimé son inquiétude au sujet de l’apparition d’une « ligne jaune » qui divise la bande de Gaza en zones contrôlées par le Hamas et par Tsahal, faisant courir des risques quotidiens aux Gazaouites qui se retrouvent de part et d’autre des barricades.
La Chine a également exprimé sa préoccupation, affirmant qu’Israël aurait commis plus de 400 violations depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, faisant plus de 300 victimes à Gaza. De même, elle a appelé à apaiser les tensions en Cisjordanie, où 260 incidents de violence perpétrés par des colons auraient été enregistrés au mois d’octobre, sapant les perspectives d’un État palestinien indépendant. Il faut redoubler d’efforts pour s’opposer à toute action unilatérale sapant l’objectif de la solution des deux États, a-t-elle plaidé.
Ces attaques répétées ne doivent pas devenir la norme, a exigé à son tour la Slovénie, qui s’est inquiétée des « avions mystères » en provenance de Gaza. Bien que davantage d’informations doivent être communiquées au Conseil, nous nous opposons fermement à tout déplacement forcé ou encouragé, a souligné la délégation, la France avertissant pour sa part que tout changement démographique ou territorial, toute occupation ou annexion serait gravement préjudiciable à la paix.
Gaza et la Cisjordanie forment un seul territoire palestinien, et il doit y avoir un seul État, un seul Gouvernement, une seule loi et une seule armée palestinienne, a martelé le diplomate palestinien. Israël a accusé pour sa part l’Autorité palestinienne d’être incapable de faire face aux extrémistes qui gagnent en force en « Judée-Samarie », et d’encourager la terreur en rémunérant les assassins. Plus de 2 000 ménages ont pu prétendre à des paiements malgré les promesses de réforme du Président Abbas, s’est notamment indigné le représentant.
Une situation humanitaire « désespérée »
Dans leurs interventions, de nombreux membres se sont par ailleurs dits préoccupés par la gravité de la situation humanitaire à Gaza.
Selon M. Alakbarov, qui s’est rendu dans l’enclave la semaine dernière, les dégâts à Gaza sont « catastrophiques »: deux années de combats ont endommagé ou détruit près de 80% des bâtiments de Gaza, et plus de 1,7 million de personnes demeurent déplacées, vivant souvent dans des abris surpeuplés sans accès suffisant à l’eau, à la nourriture ou aux soins médicaux.
En outre, les retards dans l’acheminement de l’aide, aggravés par les restrictions sur les corridors de circulation, compliquent encore la distribution de fournitures vitales, a-t-il signalé.
Avec l’hiver qui approche, la population épuisée de Gaza a besoin d’assistance, a supplié le Pakistan. Appuyé par le responsable palestinien, il a insisté: rien ne peut justifier que des familles affrontent l’hiver dans des tentes détrempées ou les systèmes de santé et d’éducation détruits restent en ruine. Ce dont Gaza a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de la charité mais d’un secours structuré, a insisté le Danemark.
« Le peuple de Gaza endure un cauchemar vivant », a renchéri l’Algérie qui a exigé l’ouverture complète des points de passage pour l’acheminement de l’aide et la reconstruction.
Les États-Unis ont souligné pour leur part que l’acheminement de l’aide à Gaza doit se faire sur la base de garanties robustes pour empêcher tout détournement par le Hamas et d’autres groupes,
