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Conjointement avec l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité se prononce pour un renforcement des activités de consolidation de la paix de l’ONU

Conjointement avec l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité se prononce pour un renforcement des activités de consolidation de la paix de l’ONU

Source: United Nations – in French 2

Headline: Conjointement avec l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité se prononce pour un renforcement des activités de consolidation de la paix de l’ONU

À l’unanimité de ses membres, le Conseil de sécurité a adopté ce matin, conjointement avec l’Assemblée générale, une résolution affirmant dans son préambule que l’examen 2025 du dispositif de consolidation de la paix a pour but de « renforcer la mise en œuvre et l’effet des activités de consolidation de la paix sur le terrain ».  La résolution 2805 (2025) réaffirme l’engagement de longue date de l’ONU en la matière, tout en rappelant que c’est aux États Membres qu’il incombe en premier lieu de prévenir les conflits, de consolider la paix et de s’attaquer aux causes profondes de la violence et des conflits dans leur propre pays. 

Soumis par la Slovénie, cofacilitatrice pour le Conseil de l’examen 2025 du dispositif de consolidation de la paix, le texte souligne, dans son dispositif, la nécessité de renforcer le mandat de la Commission de consolidation de la paix (CCP), compte tenu du « rôle important joué par cet organe ». Seuls à s’exprimer, les États-Unis ont tranché: chaque réunion convoquée, chaque dollar dépensé doit contribuer véritablement à la paix. 

La Commission de consolidation de la paix en appui des stratégies nationales 

Le Conseil prie la CCP d’établir un programme de travail annuel détaillé, prévisible et souple, en harmonisant ses activités avec celles de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social (ECOSOC).  Il lui demande également de servir de « plateforme » pour aider les États Membres qui en font la demande à renforcer leurs activités de consolidation et de pérennisation de la paix menées au niveau national, notamment en appuyant leurs stratégies de prévention et de consolidation de la paix, en partageant les bonnes pratiques et en mobilisant les ressources. 

Sur ce point, le Conseil invite les institutions financières internationales et les banques régionales de développement à engager des discussions par pays, à leur demande, et à envisager de fournir des ressources supplémentaires à l’appui de leur stratégie nationale.  Il encourage aussi la CCP à entretenir un dialogue régulier avec le Fonds pour la consolidation de la paix afin d’améliorer l’alignement stratégique et le partage d’informations.  Les pays qui bénéficient du soutien du Fonds sont priés de faire part à la CCP de leurs priorités, des difficultés rencontrées et des enseignements tirés en matière de consolidation de la paix. 

Le Conseil prie en outre la CCP de continuer à suivre la mise en œuvre de ses stratégies et de ses plans d’action existants, en particulier pour soutenir la participation des femmes et des jeunes à la consolidation et à la pérennisation de la paix. 

Il encourage par ailleurs le Secrétaire général à inclure plus systématiquement des données et des analyses dans ses rapports sur la consolidation et la pérennisation de la paix, et à tirer parti de l’expertise du Bureau d’appui à la consolidation de la paix dans le domaine de la mesure des effets, en s’appuyant sur les capacités de l’ensemble du système, pour assurer un suivi « plus efficace » aux niveaux national et régional. 

Enfin, il décide d’instituer, dans la limite des ressources existantes, une « semaine de la consolidation de la paix », organisée en juin de chaque année à l’occasion des célébrations de la réunion inaugurale de la Commission, et demande qu’un nouvel examen d’ensemble des activités de consolidation de la paix des Nations Unies soit effectué en 2030. 

Les États-Unis somment l’ONU de « revenir aux fondamentaux »

Seul pays à prendre la parole après le vote de la résolution, les États-Unis ont réitéré leur appui aux efforts déployés pour mettre fin aux conflits et faire en sorte que les pays rendent des comptes « pour les conflits qu’ils provoquent ou qu’ils ne maîtrisent pas ».  Ils ont d’autre part estimé que, si l’ONU « peut être une institution importante de nature à relever les défis internationaux », elle « s’est éloignée ce qu’elle pouvait faire de mieux ».

Selon la représentante américaine, le moment est venu pour l’ONU de « revenir aux fondamentaux », de « retourner à sa mission fondatrice » en faveur de la paix et de la sécurité internationales et de « rebâtir la confiance dans sa capacité de gérer les ressources des États Membres ». 

Revenir aux fondamentaux signifie, selon elle, être plus disciplinée par rapport à la consolidation et la pérennisation de la paix, et agir de manière plus coordonnée et plus stratégique, en étant ancrée dans la prévention des conflits et de leur récurrence.  Dans cet esprit, les États-Unis continueront de s’opposer aux tentatives visant à saper ou contourner le mandat et les compétences du Conseil de sécurité, notamment en lien avec de nouveaux mécanismes de maintien de la paix, a-t-elle indiqué. 

Plaidant pour que les contributions volontaires restent la première source de financement de la consolidation de la paix, la représentante a averti que son pays demandera des comptes à l’ONU: chaque dollar dépensé, chaque réunion convoquée doit contribuer véritablement à la paix.  Depuis sa création, l’Organisation a vu son budget être « multiplié par huit » sans que l’on constate un renforcement de la paix dans le monde, a-t-elle observé, prévenant que l’appui des États-Unis à l’avenir « sera subordonné à des solutions de bons sens, ancrées dans la réalité ». 

Retrouvez les délibérations: LIVE – Conseil de sécurité | Couverture des réunions & communiqués de presse 

CONSOLIDATION ET PÉRENNISATION DE LA PAIX

Texte du projet de résolution (S/2025/758)

Le Conseil de sécurité,

Guidé par les buts et les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies et réaffirmant son attachement à la coopération internationale,

Rappelant les dispositions pertinentes adoptées au Sommet de l’avenir les 22 et 23 septembre 2024, et réaffirmant toutes ses résolutions et toutes celles de l’Assemblée générale ainsi que toutes les déclarations de sa présidence sur la consolidation et la pérennisation de la paix[1],

Réaffirmant que le développement, la paix et la sécurité et les droits humains sont inséparables et se renforcent mutuellement,

Réaffirmant la profonde préoccupation que lui inspirent le coût humain élevé des conflits armés et les souffrances qui en résultent, et se déclarant gravement alarmé par le grand nombre de crises sécuritaires et humanitaires simultanées auxquelles le monde fait actuellement face et par le fait que cette situation met à rude épreuve les ressources du système des Nations Unies,

Considérant que l’investissement dans la prévention des conflits est une solution économiquement très avantageuse, qui permet de sauver des vies, de stabiliser les économies et de réduire la nécessité de mener des interventions militaires coûteuses,

Considérant également que l’Organisation des Nations Unies joue un rôle vital pour prévenir les conflits, pour aider les parties en conflit à cesser les hostilités et à s’engager sur la voie du relèvement, de la reconstruction et du développement, et pour mobiliser une attention et une assistance internationales soutenues,

Considérant en outre que la prévention des conflits devrait être dirigée et contrôlée par les pays, et réaffirmant que c’est aux États Membres qu’il incombe en premier lieu de prévenir les conflits, de consolider la paix et de s’attaquer aux causes profondes de la violence et des conflits dans leur propre pays, et que les efforts déployés à l’échelle nationale pour consolider la paix et la pérenniser contribuent au maintien de la paix et de la sécurité internationales,

Rappelant que la consolidation de la paix est un processus intrinsèquement politique destiné à prévenir le déclenchement, l’intensification, la poursuite ou la récurrence de conflits, et conscient aussi que la consolidation de la paix recouvre un vaste éventail de programmes et de mécanismes ayant un caractère politique et touchant au développement et aux droits humains,

Considérant qu’il importe de veiller à ce que les activités menées par l’ensemble du système des Nations Unies, y compris la planification et l’analyse conjointe, contribuent efficacement aux efforts de consolidation et de pérennisation de la paix, et gardant à l’esprit à cet égard le rôle que les trois composantes centrales du dispositif de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations Unies jouent dans la mobilisation de l’ensemble du système des Nations Unies et l’importance qu’il y a d’accroître les synergies entre celles-ci, tout en réitérant qu’une direction efficace et dynamique des Nations Unies sur le terrain peut jouer un rôle important en matière de consolidation et de pérennisation de la paix,

Considérant également que les opérations de paix contribuent aux efforts visant à consolider et à pérenniser la paix, et ayant à l’esprit l’étude que le Secrétaire général mène actuellement sur l’avenir de toutes les formes d’opérations de paix,

Réaffirmant que c’est aux autorités et aux gouvernements nationaux qu’il incombe au premier chef de recenser, de déterminer et de cibler les priorités, les stratégies et les activités axées sur la consolidation et la pérennisation de la paix, et soulignant qu’il importe de veiller à ce que les besoins de tous les segments de la société soient pris en compte, tout en réaffirmant l’importance de nouer des partenariats avec les parties concernées, y compris les organisations régionales et sous-régionales, les institutions financières internationales, les organisations de la société civile, les acteurs locaux de la consolidation de la paix et, s’il y a lieu, le secteur privé, pour soutenir les priorités nationales en matière de consolidation de la paix,

Réaffirmant, dans le contexte du vingt-cinquième anniversaire de l’adoption de sa résolution 1325 (2000) du 31 octobre 2000, le rôle important des femmes dans la consolidation et la pérennisation de la paix, et considérant que la participation pleine, égale, véritable et sûre des femmes, à tous les niveaux de décision, aux activités visant à prévenir et à régler les conflits et à reconstruire après les conflits est importante pour parvenir à des solutions durables et à une stabilité à long terme,

Réaffirmant également, dans le contexte du dixième anniversaire de l’adoption de sa résolution 2250 (2015) du 9 décembre 2015, que la participation pleine, effective, sûre et véritable des jeunes est essentielle pour maintenir et promouvoir la paix et la sécurité internationales grâce aux activités de consolidation et de pérennisation de la paix,

Soulignant qu’il est nécessaire de renforcer la visibilité et la connaissance des activités de consolidation et de pérennisation de la paix menées par le système des Nations Unies, en particulier quand cette action contribue à en valoriser l’effet et à mobiliser le soutien,

Prenant note du rapport du Secrétaire général sur la consolidation et la pérennisation de la paix en date du 25 novembre 2024[2], des contributions apportées à l’examen 2025 du dispositif de consolidation de la paix par la Commission de consolidation de la paix, dans sa lettre en date du 13 novembre 2024[3], et par les anciens présidents et anciennes présidentes de la Commission de consolidation de la paix, dans leur lettre en date du 12 mai 2025, ainsi que des contributions issues des consultations thématiques et régionales, encourageant les organismes des Nations Unies et les organes de l’Organisation compétents, dont la Commission de consolidation de la paix, à examiner plus avant ces éléments, et prenant acte des contributions apportées par le groupe de personnalités éminentes indépendantes dans sa lettre en date du 21 novembre 2024[4],

Affirmant que l’examen 2025 du dispositif de consolidation de la paix a pour but de renforcer la mise en œuvre et l’effet des activités de consolidation de la paix sur le terrain,

Commission de consolidation de la paix

1.    Réaffirme toutes les résolutions pertinentes relatives au mandat de la Commission de consolidation de la paix, et, mesurant le rôle important joué par cet organe, réaffirme également qu’il est nécessaire de renforcer la mise en œuvre de ce mandat en:

a)    Priant la Commission d’établir un programme de travail annuel détaillé, prévisible et souple, qui tienne notamment compte des questions thématiques, régionales et par pays de son ordre du jour et prenne en considération son programme de travail ainsi que ceux de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social, selon qu’il convient;

b)    Priant la Commission, conformément à son mandat, de servir de plateforme pour aider les États Membres qui en font la demande à renforcer leurs activités de consolidation et de pérennisation de la paix menées au niveau national, par les moyens suivants:

i)    Aider les États Membres à renforcer leurs capacités nationales pour promouvoir, élaborer, lorsqu’elles n’existent pas, et mettre en œuvre leurs stratégies, efforts et autres cadres connexes volontaires et nationaux de prévention et de consolidation de la paix, conformément à leurs priorités et à leurs besoins nationaux, notamment en partageant les bonnes pratiques et les enseignements tirés de l’expérience;

ii)   Inviter les institutions financières internationales et les banques régionales de développement à engager des discussions par pays, à la demande des pays concernés, notamment sur les stratégies, priorités et autres cadres connexes en matière de prévention et de consolidation de la paix dirigés et contrôlés par les pays et, le cas échéant et conformément à leurs accords de gouvernance, à envisager de fournir des ressources supplémentaires à l’appui de leur mise en œuvre;

c)    Envisageant, selon qu’il convient et au cas par cas, de renvoyer à la Commission, à leur demande et avec leur consentement, les pays en passe de ne plus être inscrits à son ordre du jour, dans le respect de l’appropriation nationale et en tenant compte des avantages d’une collaboration soutenue avec la Commission;

d)    Priant la Commission de renforcer l’effet de son action en suivant, contrôlant et évaluant régulièrement la mise en œuvre de ses résultats, ainsi qu’en diversifiant les modalités de collaboration avec les parties prenantes concernées;

e)    Priant la Commission de continuer à servir de plateforme pour réunir tous les acteurs concernés et rassembler des analyses et des compétences, notamment en tirant parti des informations relatives à l’effet des activités de consolidation de la paix, en vue de promouvoir la mise au point et le partage de bonnes pratiques en matière de consolidation de la paix et de favoriser la coordination à l’échelle du système;

f)    Priant la Commission de continuer à suivre la mise en œuvre de ses stratégies et de ses plans d’action existants, y compris en les évaluant régulièrement, afin de faire progresser le programme relatif aux femmes et à la paix et à la sécurité et le programme relatif aux jeunes et à la paix et à la sécurité en vue de soutenir la participation pleine, égale, véritable et sûre des femmes et de promouvoir la participation pleine, effective, sûre et véritable des jeunes à la consolidation et à la pérennisation de la paix;

g)    Priant la Commission de poursuivre l’examen de ses méthodes de travail et de ses pratiques, en vue d’améliorer l’efficacité de l’exécution de ses mandats et l’effet de son action sur la consolidation et la pérennisation de la paix, et priant également la Commission de lui rendre compte de cette question dans son rapport annuel;

h)    Prenant note de la décision prise par l’Assemblée générale de réaffirmer la pratique qui veut que les salles de conférence soient affectées en priorité aux réunions d’États Membres, et, à cet égard, de la décision prise par l’Assemblée de demander au Secrétariat d’étudier les possibilités, dans la limite des ressources existantes, de mettre régulièrement des salles et des services de conférence à la disposition de la Commission, notamment en lui donnant un accès prioritaire aux salles pouvant accueillir tous les membres de l’Organisation lors de ses réunions au niveau des ambassadeurs, sans préjudice des besoins des organes de la Charte en matière de programmation;

i)    Priant le Département de la communication globale du Secrétariat, en partenariat avec le Bureau d’appui à la consolidation de la paix et dans la limite des ressources existantes, d’aider la Commission à assurer une couverture régulière de ses activités et à en renforcer la visibilité afin d’attirer davantage l’attention des médias et du public;

2.    Considère qu’il importe de renforcer encore le rôle consultatif de la Commission de consolidation de la paix, et, à cet égard:

a)    Prend note de la décision prise par l’Assemblée générale, selon qu’il convient et au titre des points pertinents de son ordre du jour, et en vue d’approfondir encore sa collaboration avec la Commission, d’envisager de demander à la Commission des conseils stratégiques et tenant compte des contextes, y compris, le cas échéant, par l’organisation de débats portant sur plusieurs points de l’ordre du jour et par la fourniture d’avis et d’observations à l’Assemblée, ainsi que par des interactions plus régulières et axées sur la demande entre la Commission et le Comité spécial des opérations de maintien de la paix;

b)    Peut envisager, lorsqu’il sollicite l’avis de la Commission, diverses modalités d’interaction, selon qu’il convient, y compris des séances d’information, des communications écrites, des dialogues interactifs informels et autres consultations;

c)    Prie la Commission d’utiliser son rôle rassembleur pour recueillir, auprès d’un large éventail de parties prenantes, des contributions susceptibles d’être utilisées lors de la préparation de ses avis, afin de faire des recommandations et de donner des renseignements destinés à améliorer la coordination de leurs activités, de mettre au point et d’échanger des bonnes pratiques en matière de consolidation de la paix, et prie à cet égard les dirigeants de l’Organisation des Nations Unies dans les pays examinés par la Commission de lui présenter régulièrement des informations, selon qu’il convient, sur les composantes « consolidation de la paix » des mandats et sur les activités menées en la matière;

d)    Encourage une coopération plus étroite avec la Commission, au moyen notamment de demandes plus spécifiques, de consultations précoces et de conseils en temps utile, y compris en tenant compte de la vision à long terme nécessaire à la consolidation et à la pérennisation de la paix lors de l’établissement, de l’examen ou du retrait d’une opération de paix, ainsi que lors de la planification et de la coordination précoce précédant les processus de transition;

3.    Encourage l’amélioration de la coopération entre la Commission de consolidation de la paix et le Conseil économique et social, conformément à leurs mandats respectifs, en tenant compte du rôle du Conseil, qui exerce un contrôle sur les activités opérationnelles de développement et d’aide humanitaire et assure la coordination générale du système des Nations Unies pour le développement, notamment par l’intermédiaire des organismes, fonds et programmes, afin de soutenir la coordination et la cohérence des activités de consolidation et de pérennisation de la paix en vue de maximiser les effets sur le terrain;

4.    Demande que la Commission de consolidation de la paix serve de plateforme pour renforcer la cohérence de l’ensemble du système des Nations Unies en faveur de la consolidation et de la pérennisation de la paix, notamment en encourageant les contributions de l’ensemble du système des Nations Unies à ses délibérations;

5.    Encourage les équipes de pays des Nations Unies, sous la direction et la coordination des coordonnateurs résidents et des coordonnatrices résidentes, à renforcer la coordination et les synergies interinstitutions, conformément à leurs mandats respectifs, et à contribuer aux efforts de la Commission de consolidation de la paix en matière de consolidation et de pérennisation de la paix, en prévenant les risques pour les programmes de développement et en favorisant la résilience, à la demande des pays hôtes et dans le respect des priorités et plans nationaux et du principe d’appropriation nationale, et demande que les coordonnateurs résidents et les coordonnatrices résidentes disposent des moyens et de la formation nécessaires pour soutenir ces priorités, dans la limite des ressources existantes;

6.    Prie le Secrétaire général d’encourager davantage une collaboration systématique et stratégique avec les institutions financières internationales au niveau national, en tirant parti des avantages comparatifs, notamment en demandant aux coordonnateurs résidents et aux coordonnatrices résidentes d’utiliser systématiquement les outils de partenariat, selon qu’il convient, pour soutenir les efforts conjoints d’analyse, d’évaluation, de coordination et de programmation, à la demande des gouvernements et des autorités nationales des pays concernés, et prie également le Secrétaire général de continuer à rendre compte de cette collaboration à la Commission de consolidation de la paix dans le cadre des modalités existantes;

7.    Encourage la Commission de consolidation de la paix, dans le plein respect du principe d’appropriation nationale, à continuer de mobiliser des ressources et des compétences techniques en faveur des priorités nationales de consolidation de la paix, notamment en ce qui concerne le développement, les droits humains, la justice, le désarmement, la démobilisation et la réintégration, ainsi que la réforme du secteur de la sécurité, afin de soutenir les efforts nationaux visant à mettre en place et à renforcer les capacités d’institutions nationales inclusives, résilientes et responsables, et à améliorer la bonne gouvernance;

8.    Encourage également la Commission de consolidation de la paix à renforcer encore ses partenariats stratégiques et opérationnels avec les institutions financières internationales afin de faire progresser les activités de consolidation et de pérennisation de la paix, notamment en instaurant, dans la limite des ressources existantes, un dialogue stratégique annuel avec ces institutions et en organisant des échanges informels entre la Commission et leurs conseils d’administration;

9.    Se félicite de la collaboration qui existe entre la Commission de consolidation de la paix et les organisations régionales et sous-régionales, et encourage la Commission à étudier les possibilités, dans la limite des ressources existantes, d’établir une collaboration plus systématique avec d’autres organisations régionales et sous-régionales pertinentes, lorsqu’une telle collaboration soutient les priorités de consolidation de la paix définies au niveau national;

10.   Encourage la Commission de consolidation de la paix à resserrer encore ses liens avec l’Union africaine en vue de favoriser la mise en œuvre des piliers de la politique de reconstruction et de développement post-conflit de cette organisation, demande à cet égard au Bureau d’appui à la consolidation de la paix de renforcer encore sa coopération avec le Centre de l’Union africaine pour la reconstruction et le développement post-conflit en vue de la mise en œuvre du mémorandum d’accord de 2017 sur le partenariat Organisation des Nations Unies-Union africaine en matière de consolidation de la paix, et encourage également la Commission à renforcer son partenariat stratégique avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et à créer, dans la limite des ressources existantes, un mécanisme permettant d’assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations pertinentes issues de leurs réunions consultatives conjointes annuelles;

11.   Encourage également la Commission de consolidation de la paix à consulter davantage les organisations de la société civile concernées, en particulier les acteurs locaux de la consolidation de la paix, les organisations de terrain, ainsi que les organisations dirigées par des femmes et des jeunes des pays visés par ses travaux;

12.   Décide d’instituer, dans la limite des ressources existantes, une « semaine de la consolidation de la paix », devant être organisée chaque année au mois de juin à l’occasion des célébrations de la réunion inaugurale de la Commission et ayant pour objet de faire connaître les activités de l’Organisation des Nations Unies en matière de consolidation et de pérennisation de la paix auprès d’un groupe large et inclusif de parties prenantes, de favoriser un dialogue inclusif sur les approches de la consolidation de la paix et de promouvoir le partage des bonnes pratiques en matière de consolidation et de pérennisation de la paix;

Financement de la consolidation de la paix

13.   Demande que les résolutions relatives au financement de la consolidation de la paix soient intégralement mises en œuvre;

14.   Encourage la Commission de consolidation de la paix à entretenir un dialogue régulier et stratégique avec le Fonds pour la consolidation de la paix et à poursuivre ses échanges avec le Groupe consultatif du Fonds dans le but d’améliorer l’alignement stratégique et le partage d’informations;

15.   Encourage les pays qui bénéficient du soutien du Fonds pour la consolidation de la paix à faire part à la Commission de consolidation de la paix de leurs priorités nationales, des difficultés rencontrées et des enseignements tirés en matière de consolidation de la paix, ainsi que des principales réalisations et des principaux résultats obtenus grâce aux activités financées par le Fonds, et prie le Secrétaire général de tenir compte de ces informations dans les rapports établis sur le Fonds, selon qu’il convient;

16.   Encourage le Secrétaire général à réfléchir à ce que le Fonds pour la consolidation de la paix peut faire pour renforcer encore son appui aux pays touchés par un conflit qui accueillent une opération de paix dont la transition est en préparation ou en cours, conformément à leurs priorités nationales;

17.   Encourage également le Secrétaire général à utiliser le Fonds pour la consolidation de la paix pour aider les pays qui en font la demande à travailler en coordination avec les parties prenantes concernées, sur le fondement des principes d’appropriation et de direction nationales, afin de favoriser une plus grande cohérence dans la consolidation de la paix, notamment en soutenant les stratégies et approches nationales volontaires en matière de prévention et de consolidation de la paix afin de pérenniser la paix;

18.   Encourage la Commission de consolidation de la paix, en coordination avec le Fonds pour la consolidation de la paix et le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, à collaborer avec le secteur privé pour promouvoir les investissements en vue de soutenir les priorités et les activités nationales de consolidation de la paix dans les pays touchés par un conflit examinés par la Commission;

19.   Prie le Secrétaire général d’informer, dans le cadre des modalités existantes, la Commission de consolidation de la paix, d’éclairer ses débats sur les progrès accomplis et les possibilités futures en ce qui concerne les financements innovants pour la consolidation de la paix, et notamment de formuler des recommandations sur les mesures complémentaires à prendre;

20.   Prie le Bureau d’appui à la consolidation de la paix de rendre compte chaque année, dans le cadre des modalités existantes, des progrès accomplis dans la promotion du partenariat de l’Organisation des Nations Unies avec les institutions financières internationales, y compris les banques régionales de développement et autres partenaires financiers concernés, en mettant notamment en évidence des exemples d’innovation et de bonne pratique ainsi que l’effet catalyseur du Fonds pour la consolidation de la paix;

21.   Encourage la Commission de consolidation de la paix, étant rappelé que son mandat est de réunir tous les acteurs concernés afin de mobiliser des ressources, à suivre le montant des ressources qu’elle mobilise pour soutenir les pays dont elle s’occupe et à demander à sa présidence de faire le point sur la situation dans la limite des ressources existantes;

22.   Encourage les États Membres à continuer d’investir dans des initiatives qui promeuvent une participation pleine, égale, véritable et sûre des femmes, y compris dans des rôles de direction, à la consolidation de la paix, notamment en soutenant l’autonomisation sociale, économique et politique des femmes;

23.   Demande instamment que des efforts soient faits pour combler les déficits de financement qui pèsent sur les initiatives dirigées par des jeunes et des organisations de jeunes afin de garantir la participation pleine, effective et véritable des jeunes à la conception, au suivi et à l’exécution des activités de consolidation de la paix à tous les niveaux, et encourage tous les acteurs du financement à travailler davantage en coordination et en collaboration avec les jeunes en ce qui concerne le financement des priorités nationales;

Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix/Bureau d’appui à la consolidation de la paix

24.   Encourage le Bureau d’appui à la consolidation de la paix à renforcer encore la coopération et la coordination internes et à continuer d’utiliser ses mécanismes de coordination existants pour recueillir en temps utile les contributions pertinentes des acteurs intéressés au sein du système des Nations Unies et en dehors, afin de soutenir les activités thématiques et géographiques de la Commission de consolidation de la paix de manière opportune, ciblée et pertinente;

25.   Encourage le Secrétaire général à inclure plus systématiquement des données et des analyses dans ses rapports sur la consolidation et la pérennisation de la paix, et encourage également à cet égard le Secrétaire général à tirer parti de l’expertise du Bureau d’appui à la consolidation de la paix dans le domaine de la mesure des effets pour adopter un système de mesure plus cohérent et fondé sur des données probantes, en s’appuyant sur les capacités de l’ensemble du système pour assurer le suivi et rendre compte des effets de la consolidation de la paix aux niveaux national et régional de manière plus efficace, avec le soutien de toutes les parties prenantes nationales concernées, et pour informer comme il convient la Commission de consolidation de la paix dans la limite des ressources existantes;

26.   Mesure le rôle important joué par le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, compte tenu des compétences que celui-ci possède en matière intergouvernementale, de stratégie, de partenariats et de financement, ainsi que des efforts qu’il déploie pour mobiliser l’ensemble du système des Nations Unies et ses principaux partenaires à l’appui de la Commission de consolidation de la paix et des besoins et objectifs nationaux des États Membres en matière de consolidation de la paix, en gardant à l’esprit le contexte des réformes en cours à l’Organisation des Nations Unies, et encourage les États Membres à renforcer les capacités du Bureau, dans la limite des ressources existantes ou par le recours à des contributions volontaires;

27.   Prie le Secrétaire général d’évaluer la manière dont les réformes engagées à l’Organisation des Nations Unies dans le cadre de l’Initiative ONU80, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale, peuvent renforcer la coopération entre les entités compétentes du système des Nations Unies afin que l’action en matière de consolidation de la paix soit mieux coordonnée, plus cohérente, mieux intégrée et plus efficace au niveau national, notamment en améliorant la direction, la responsabilisation et les capacités de consolidation et de pérennisation de la paix;

28.   Prie la Commission de consolidation de la paix de faire le point, dans son rapport annuel, sur les progrès accomplis dans l’application des dispositions pertinentes de la présente résolution avant le prochain examen;

29.   Prie à nouveau le Secrétaire général, après la tenue du présent examen, de continuer à soumettre tous les deux ans un rapport sur l’état d’avancement de l’application des résolutions sur la consolidation et la pérennisation de la paix, en accordant l’attention voulue aux effets des réformes pertinentes sur les résultats obtenus à cet égard par le système des Nations Unies;

30.   Demande qu’un nouvel examen d’ensemble des activités de consolidation de la paix des Nations Unies soit effectué en 2030;

31.   Décide de rester saisi de la question.

       [1] Résolution 60/180 de l’Assemblée générale et résolution 1645 (2005) du Conseil de sécurité, résolution 65/7 de l’Assemblée et résolution 1947 (2010) du Conseil, résolution 70/262 de l’Assemblée et résolution 2282 (2016) du Conseil, résolution 75/201 de l’Assemblée et résolution 2558 (2020) du Conseil.

    [2] A/79/552-S/2024/767.

    [3] A/79/609-S/2024/827.

    [4] A/79/634-S/2024/869, annexe.

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