Source: United Nations – in French 2
Headline: L’Assemblée générale proclame la Journée internationale pour les femmes autochtones et entérine l’examen 2025 du dispositif onusien de consolidation de la paix
L’Assemblée générale de l’ONU a décidé, aujourd’hui, que le 5 septembre serait désormais la Journée internationale des femmes et des filles autochtones, et a adopté à l’unanimité une résolution, après l’adoption d’un texte jumeau par le Conseil de sécurité, portant sur l’examen 2025 du dispositif onusien de consolidation de la paix. Le débat sur cette question se poursuivra ultérieurement.
Le large consensus sur cette résolution importante a été salué par l’Égypte, cofacilitatrice du processus avec la Slovénie. C’est, selon elle, un « grand jour tant attendu », après un dialogue interactif inédit qui a permis de réunir l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix (CCP), une première dans l’histoire du mécanisme.
Les résolutions identiques adoptées aujourd’hui par l’Assemblée et le Conseil s’inscrivent dans le cadre de l’exercice quinquennal d’examen du dispositif de consolidation de la paix, qui a commencé en 2010, cinq ans après la création de la Commission de consolidation de la paix, organisme consultatif intergouvernemental de l’ONU chargé de soutenir les efforts de paix dans des pays sortant d’un conflit.
Le texte énonce des priorités claires: paix durable, prévention, appropriation nationale, partenariats significatifs, financement prévisible et nécessité de résultats tangibles et mesurables sur le terrain, a détaillé le représentant égyptien, pour qui cette adoption « ne marque pas la fin d’un voyage mais le début d’un nouveau chapitre ». L’heure est désormais à sa mise en œuvre et à son suivi sur le terrain. Le Japon, Vice-Président de la Commission, a mis en avant l’approche multidimensionnelle qui combine soutien aux processus de paix, renforcement de la sécurité et consolidation des institutions.
Le Royaume-Uni a salué une approche ambitieuse, conforme aux exigences actuelles et alignée sur la stratégie de l’Initiative ONU80. Le Maroc a, pour sa part, salué le processus intergouvernemental exclusif et l’esprit de compromis ayant permis de transcender les divergences au profit d’une ambition commune, tandis que la Suisse a encouragé la Commission à jouer un rôle d’incubateur stratégique et d’outil d’innovation politique pour générer des solutions concrètes, inclusives et mesurables.
Quant à l’Union européenne, elle a rappelé l’importance de renforcer l’efficacité et l’impact de la résolution tout en garantissant la cohérence avec d’autres examens, notamment celui des opérations de maintien de la paix.
Remarques et précisions sur les libellés
Quelques regrets ont été exprimés sur les libellés, comme l’Australie qui s’est inquiétée de l’absence de référence aux changements climatiques comme facteurs de conflit, alors que la Norvège a déploré un affaiblissement, par rapport aux projets de résolution antérieurs, des libellés sur l’inclusion, les droits humains ainsi que sur le programme pour les femmes et la paix et la sécurité.
La République islamique d’Iran a rappelé que « dans toutes ces circonstances, la responsabilité nationale dans le processus de consolidation de la paix doit être garantie et respectée à chaque étape » et a souligné que l’expression « un large éventail de parties prenantes » se réfère à un spectre représentatif d’acteurs pertinents sélectionnés par un processus intergouvernemental transparent.
De fait, la résolution invite la CCP à utiliser son rôle rassembleur pour recueillir, auprès de ces parties prenantes, des contributions susceptibles d’être utilisées lors de la préparation de ses avis. Elle prie, de même, les dirigeants de l’ONU dans les pays examinés par la Commission de lui présenter régulièrement des informations sur la composante « consolidation de la paix » des mandats et sur les activités menées en la matière.
Si l’Argentine s’est dissociée du paragraphe relatif au Pacte pour l’avenir, la Fédération de Russie a mis en garde contre la création de « récepteurs permanents » dépendants de l’appui onusien. La délégation a insisté pour que toute saisine de la Commission se fasse à la demande et avec le consentement du pays concerné.
Financement de la consolidation de la paix, mais aussi de la prévention des conflits
Sur le plan du financement, le Japon, qui a insisté sur l’importance d’une prévention couvrant toutes les phases du conflit, a déploré l’insuffisance des ressources dédiées à la paix, malgré la persistance des crises.
Sur cette question, d’ailleurs, la résolution encourage l’investissement dans la prévention des conflits, arguant qu’il est économiquement avantageux, sauve des vies, stabilise les économies et réduit la nécessité d’interventions militaires coûteuses.
L’Assemblée, par ce texte, invite les institutions financières internationales et les banques régionales de développement à engager des discussions par pays, à la demande des pays concernés, notamment sur les stratégies et priorités, et à envisager de fournir des ressources supplémentaires à l’appui de leur mise en œuvre.
Elle encourage la Commission de consolidation de la paix, en coordination avec le Fonds pour la consolidation de la paix et le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, à collaborer avec le secteur privé pour promouvoir les investissements en vue de soutenir les priorités et les activités nationales de consolidation de la paix dans les pays touchés par un conflit examinés par la Commission.
Ce texte envoie un signal politique fort face à l’augmentation des besoins malgré des ressources limitées, s’est félicitée la Suisse. L’Union européenne a elle aussi insisté sur la nécessité d’un financement suffisant pour les efforts de consolidation de la paix. Quant à la Russie, elle a appelé à la stricte mise en œuvre des résolutions existantes, avec transparence et supervision du Fonds pour la consolidation de la paix.
Journée internationale des femmes et des filles autochtones
En début de séance, l’Assemblée générale a adopté une résolution proclamant le 5 septembre Journée internationale des femmes et des filles autochtones, après une mise aux voix demandée par les États-Unis. Les votes pour ont été exprimés par 123 États Membres, tandis que 3 (Argentine, États-Unis et Israël) ont voté contre et 2 (Éthiopie et Türkiye) se sont abstenus.
Une journée internationale justifiée, selon le texte, pour honorer les dirigeantes autochtones qui ont consacré leur vie à la résistance et à la lutte pour les droits des peuples autochtones, pour faire connaître les droits de toutes les femmes et filles autochtones et pour défendre leur mémoire et leur dignité, la justice et les réparations.
En présentant le projet de résolution, la représentante de la Bolivie, elle-même autochtone, a expliqué que les dynamiques structurelles d’exclusion causent des horizons d’inégalité qui doivent être examinés par la communauté internationale avec un grand sens de l’engagement et de l’urgence.
Les États-Unis, qui ont demandé le vote, ont expliqué leur opposition à ce texte par leur position de principe « contre les journées internationales », car celles-ci « sont en train de proliférer » et cela « détourne l’attention des travaux importants de l’ONU ». Ils ont quand même estimé que le soutien de la promotion des femmes autochtones ne fait pas de doute.
L’Éthiopie, elle, a expliqué son abstention par le fait que les identités autochtones sont variables. En effet, certains groupes classés comme autochtones dans certaines régions ne le sont pas dans d’autres. De même, sur le continent africain, le concept d’autochtone est parfois utilisé à mauvais escient pour s’opposer à l’édification des nations, a déploré la délégation.
* En raison de la crise de liquidités qui affecte l’Organisation des Nations Unies, la Section des communiqués de presse n’a pas pu couvrir les 49e et 50e séances plénières.
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