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L’Assemblée générale reporte la suite de l’adoption des projets de texte de sa Troisième Commission et valide les travaux de ses Deuxième et Sixième Commissions

L’Assemblée générale reporte la suite de l’adoption des projets de texte de sa Troisième Commission et valide les travaux de ses Deuxième et Sixième Commissions

Source: United Nations – in French 2

Headline: L’Assemblée générale reporte la suite de l’adoption des projets de texte de sa Troisième Commission et valide les travaux de ses Deuxième et Sixième Commissions

(En raison de la crise de liquidités qui affecte l’Organisation des Nations Unies et des contraintes horaires qui en résultent, l’intégralité du communiqué sera publiée ultérieurement.)

L’Assemblée générale a dû reporter à une date ultérieure la poursuite de ses travaux sur les résolutions de la Troisième Commission, entamés ce matin, après que des divergences de procédures ont consumé le temps imparti à la session

En revanche, l’Assemblée a adopté dans l’après-midi l’ensemble des recommandations de sa Deuxième Commission (questions économiques et financières), dont un texte inédit sur la coopération internationale pour le développement des pays à revenu intermédiaire, et il lui aura suffi d’un seul coup de marteau pour entériner les textes de sa Sixième Commission (questions juridiques). 

Elle a aussi adopté la Déclaration politique issue de sa quatrième réunion de haut niveau sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles et la promotion de la santé mentale et du bien-être.

Troisième Commission: des complications procédurales entraînent le report de la fin du processus d’examen

L’Assemblée générale a décidé, ce matin, de reporter à une date ultérieure la poursuite de son examen des projets de texte de sa Troisième Commission, chargée des affaires sociales, culturelles et humanitaires, à la suite d’un imbroglio de procédure rarissime, dont le traitement a consommé le temps imparti à la séance. 

Sur les 56 projets de résolution et de décision recommandés à l’Assemblée générale, 20 ont, pour l’heure, été entérinés après une mise aux voix, le dernier voté étant le texte sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants

L’ajournement est intervenu en raison des motions d’ordre, consultations et différends d’ordre procédural provoqués par la mise aux voix d’une proposition d’amendement au projet de texte sur la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et du Protocole facultatif y afférent.  L’amendement, proposé par la majorité des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), vise à supprimer, au onzième alinéa du préambule, la mention « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Le vote sur cette modification s’est soldé par une égalité parfaite: 74 voix pour, 74 contre et 18 abstentions. 

Selon le Secrétariat, cette situation imposait la tenue d’un nouveau vote.  Le Canada a proposé de le reporter et sa motion dans ce sens a été adoptée par 76 voix pour, 75 voix contre et 2 abstentions (Haïti et Népal).  L’Égypte, appuyée par les États-Unis, s’est prononcée en faveur de la tenue immédiate d’un nouveau vote sur le texte, estimant que la motion visant à reporter la décision devait, pour être valide, recueillir une majorité des deux tiers.  Le Secrétariat a toutefois précisé qu’une majorité simple suffisait et que le vote aura lieu à une date ultérieure, lors de la reprise des travaux consacrés au rapport de la Troisième Commission. 

La séance a également été marquée par de nombreuses interventions avant les votes, avec plus d’une heure et demie consacrée aux explications des délégations sur les différentes résolutions mises aux voix. 

La délégation russe a ainsi dénoncé « l’amendement provocateur » inséré en Troisième Commission dans le projet de résolution sur la lutte contre la glorification du néonazisme, lequel « constate avec inquiétude que la Fédération de Russie a cherché à justifier son agression territoriale contre l’Ukraine en invoquant l’élimination du néonazisme ».  Plusieurs délégations occidentales ont dénoncé l’amendement de suppression proposé par la Fédération de Russie, en particulier le Danemark, qui, au nom de l’Union européenne, s’est dit opposé à « l’instrumentalisation de cette question » pour justifier la guerre illégale et non provoquée livrée par la Russie en Ukraine.  Le maintien du paragraphe contesté a été approuvé par 64 voix pour, 42 voix contre et 54 abstentions.  Le texte dans son ensemble a ensuite été entériné par 119 voix pour, 51 voix contre et 10 abstentions. 

La Fédération de Russie a également appelé à voter contre le projet de résolution sur les droits humains dans les territoires ukrainiens temporairement occupés, y compris la République autonome de Crimée et la ville de Sébastopol, estimant qu’il « crée un nouvel obstacle à un règlement pacifique et sape les progrès accomplis dans ce sens, notamment l’adoption de la résolution 2774 (2025) du Conseil de sécurité ».  L’Ukraine a, au contraire, défendu ce texte, expliquant qu’il signifie que les violations graves des droits humains ne seront jamais tolérées, sans pour autant nuire aux efforts de paix. 

Les États-Unis ont, pour leur part, confirmé leur intention de se désengager de la majorité de projets de résolution de la Troisième Commission, considérant que nombre d’entre eux se répètent, année après année, et traitent de « questions controversées ou dépourvues de pertinence pratique ».  Pour la délégation américaine, ces résolutions gagneraient à être « plus concises, pragmatiques et tournées vers l’avenir ». 

La délégation américaine a en outre estimé qu’un grand nombre de ces textes contient un « libellé problématique », qui ne contribue pas à la mission fondamentale de l’ONU, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Elle a invité l’ONU à éviter de recourir à des concepts et terminologies liés à la diversité, à l’équité et à l’inclusion lorsque ceux-ci se font au détriment de la reconnaissance du mérite, de l’excellence et des réalisations individuelles, ainsi que du respect égal de la dignité de chaque personne. 

De son côté, la République arabe syrienne a appelé à voter en faveur du projet de résolution sur la situation relative à la situation des droits humains sur son territoire, regrettant que la Fédération de Russie ait demandé une mise aux voix.  Elle a par ailleurs réitéré son appui au texte sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et a assuré que la « nouvelle Syrie » est disposée à appuyer l’agenda des Nations Unies sur les droits humains et le maintien de la paix et de la sécurité internationales. 

En début de séance, la Rapporteuse de la Troisième Commission a rappelé que, durant la partie principale de ses travaux, la Commission a tenu 52 séances et adopté 55 projets de résolution, dont 41 par vote, ainsi qu’un projet de décision.  Au cours de ses huit semaines de travaux, elle entendu 80 titulaires de mandat, présidents d’organes conventionnels et experts, ainsi que 15 représentants de l’ONU. 

Mme Edna Stephanie Williams (Ghana) a ajouté que cette quatre-vingtième session a été marquée par une crise de liquidités qui a mis à rude épreuve le rythme et les ressources des travaux de la Commission.  « Pourtant, ce qui restera, ce n’est pas la contrainte, mais la manière dont nos collègues y ont réagi », a-t-elle souligné, assurant que les membres de la Commission se sont « adaptés lorsque cela était nécessaire, sans perdre de vue l’essentiel ». 

(À suivre)

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