Source: International Atomic Energy Agency
Le problème du gaspillage alimentaire gagne de l’ampleur à l’échelle mondiale. Chaque année, environ 1 milliard de tonnes d’aliments comestibles sont gaspillées, soit près du cinquième de ce qui parvient jusqu’aux consommateurs, avec des répercussions considérables tant sur les personnes que sur l’environnement.
Monika Shifotoka, Bureau de l’information et de la communication de l’AIEA
Les mandarines de mauvaise qualité ou abîmées sont retirées lors du tri de fruits destinés à l’exportation dans une installation de conditionnement à Opuzen (Croatie). (Photo : R. Cardoso-Pereira/FAO-AIEA)
D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO),13,2 % des denrées alimentaires sont perdues avant d’atteindre le commerce de détail, ce qui représente des pertes estimées à 400 milliards de dollars des États‑Unis ; 19 % supplémentaires sont gaspillées au niveau du commerce de détail et des consommateurs. Il s’agit là d’un gaspillage énorme de ressources qui contribue aux émissions de gaz à effet de serre, à la pollution de l’environnement et à l’appauvrissement de la biodiversité.
Par l’intermédiaire du Centre mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture, l’AIEA aide les pays en leur proposant des solutions fondées sur la science pour réduire les pertes et les gaspillages alimentaires.
Voici cinq façons dont la science nucléaire contribue à lutter contre le gaspillage alimentaire et à construire un avenir « zéro déchet » :
1. Prolonger la durée de conservation grâce à l’irradiation des aliments
L’irradiation des aliments est une technique innovante, sûre et non invasive qui fait appel à des rayonnements comme les rayons X, les rayons gamma ou les faisceaux d’électrons pour préserver plus longtemps la fraîcheur et la sécurité sanitaire des aliments.
Le procédé consiste à réduire la quantité de micro-organismes et de ravageurs responsables de la détérioration des aliments, ce qui accroît considérablement leur durée de conservation. L’irradiation peut par exemple permettre de conserver des fraises fraîches jusqu’à sept jours de plus au réfrigérateur.
En prolongeant la durée de conservation des fruits, des légumes, des céréales et des épices, cette technique permet de réduire les pertes pendant l’entreposage et le transport et de faire en sorte qu’une plus grande quantité de denrées parviennent aux consommateurs au lieu d’être éliminées.
2. Renforcer la sécurité sanitaire des aliments grâce aux techniques nucléaires
Les aliments contaminés par des agents pathogènes ou des toxines, repérés grâce à des tests sur le territoire national ou lors de contrôles aux frontières, sont souvent retirés de la vente ou refusés à l’importation, puis jetés. Les méthodes nucléaires et dérivées du nucléaire, comme la spectrométrie de fluorescence X, l’activation neutronique, les techniques faisant appel aux isotopes stables et les diagnostics de laboratoire avancés, aident les pays à détecter les contaminants rapidement et avec une grande précision.
Ces techniques permettent de renforcer les systèmes nationaux de sécurité sanitaire des aliments, de limiter l’élimination inutile de denrées et d’éviter que l’incertitude ne conduise à jeter des produits alimentaires pourtant sûrs.
Des techniques reposant sur les isotopes stables sont utilisées pour mesurer les résidus de pesticides dans un échantillon de tomates. (Photo : AIEA)
3. Réduire les pertes grâce à une agriculture résiliente face aux changements climatiques
Les techniques nucléaires peuvent être utilisées pour accélérer le processus naturel d’amélioration des plantes. Des variétés de cultures plus résistantes aux contraintes climatiques, aux ravageurs et aux maladies peuvent ainsi être mises au point.
L’AIEA, par l’intermédiaire du Centre mixte FAO/AIEA, apporte son appui à la sélection par mutation et aux biotechnologies associées afin d’obtenir des cultures qui résistent mieux aux maladies, tolèrent des conditions climatiques éprouvantes (sécheresse, salinité) et offrent un meilleur rendement. Les pertes de récoltes dans les champs s’en trouvent réduites.
Par l’intermédiaire du Centre mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture, l’AIEA a aidé des scientifiques mauriciens à mettre au point une variété de chou-fleur résistante à la nervation noire des crucifères par sélection végétale radio-induite afin de réduire l’utilisation des pesticides et de renforcer la sécurité alimentaire à Maurice. (Photo : FAREI)
4. Améliorer la lutte contre les ravageurs grâce à la technique de l’insecte stérile (TIS)
Les ravageurs détruisent chaque année des millions de tonnes de récoltes. La technique de l’insecte stérile consiste à utiliser des rayonnements ionisants pour stériliser un grand nombre d’insectes élevés dans des installations d’élevage en masse, lesquels sont ensuite relâchés au-dessus des zones infestées, où ils s’accouplent avec la population de ravageurs sauvages. Ces insectes stérilisés étant incapables de se reproduire, la population d’insectes diminue avec le temps.
La TIS a aidé des pays comme la République dominicaine à éradiquer les insectes nuisibles, à lutter contre les principaux ravageurs agricoles, à protéger les cultures et à accéder plus facilement aux marchés d’exportation.
L’infestation de cette pomme par des larves de mouche méditerranéenne des fruits lui fait perdre toute valeur commerciale. (Photo : R. Cardoso-Pereira/FAO-AIEA)
5. Promouvoir un commerce sûr et efficient
Les denrées alimentaires se détériorent souvent dans l’attente d’un contrôle et de l’obtention de résultats attestant de leur conformité aux réglementations et aux directives.
Les techniques nucléaires et isotopiques permettent de vérifier l’authenticité des aliments, de détecter leur adultération et de vérifier les informations figurant sur les étiquettes afin de garantir que tout est conforme aux normes internationales. Une certification plus rapide et fiable permet de réduire les retards et les gaspillages de nourriture liés à l’altération pendant le transit.
L’AIEA et la FAO aident les pays à lutter contre la fraude alimentaire, à détecter les contaminants nocifs et à garantir l’authenticité et la qualité des produits alimentaires.
Par l’intermédiaire du Centre mixte FAO/AIEA, les deux organisations continuent d’œuvrer en faveur de la sécurité sanitaire et de la qualité des aliments et de nouer des partenariats dans le cadre de l’initiative Atoms4Food, qui vise à tirer parti de techniques nucléaires innovantes pour accroître la productivité agricole, réduire les pertes et les gaspillages alimentaires, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition.
