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Au Liban, le système de santé sous pression après une vague de frappes meurtrières

Au Liban, le système de santé sous pression après une vague de frappes meurtrières

Source: United Nations – in French 2

Headline: Au Liban, le système de santé sous pression après une vague de frappes meurtrières

Aide humanitaire

Alors que les hostilités se poursuivent au sud Liban malgré la trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril dernier, le personnel de santé est confronté à « un nombre effroyable de morts et de blessés », a déploré samedi une agence des Nations Unies. 

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), 36 attaques contre des professionnels de santé ont été recensées, faisant 27 morts et 80 blessés depuis l’annonce du cessez-le-feu le 17 avril dernier. 

« Entre le 25 et le 29 mai, trois incidents touchant les services de santé ont été signalés, faisant un mort et trois blessés parmi les professionnels de santé », a indiqué l’agence onusienne dans son dernier rapport. 

Cela porte à 182 le nombre total d’attaques contre les services de santé depuis le 2 mars, faisant 125 morts et 311 blessés.

© HCR/Magnum Photos/Emin Ozme Des familles déplacées au Liban se réfugient dans un bâtiment qui, en temps de paix, est un orphelinat.

De nouveaux ordres d’évacuation

Ces derniers développements interviennent dans un contexte de poursuite des hostilités, avec des frappes aériennes et des ordres d’évacuation touchant au moins 61 localités supplémentaires dans le sud du Liban ».

Malgré la trêve, les frappes israéliennes se poursuivent presque quotidiennement dans le sud du Liban. L’armée israélienne justifie ces opérations en accusant le Hezbollah de violations répétées du cessez-le-feu.

Dans la foulée, l’armée israélienne a émis de nouveaux ordres d’évacuation visant plusieurs villages du sud du Liban, notamment ceux situés dans le district de Nabatiyé et dans la vallée de la Bekaa.

Des évacuations qui s’ajoutent à un climat de tensions croissantes dans le sud du Liban. Dans une déclaration hier vendredi, Imran Riza, coordinateur humanitaire pour le Liban a déploré les nombreuses attaques contre les professionnels de santé.

Au moins 3.355 morts dont une trentaine le 26 mai

Un bilan humain qui continue de s’alourdir au fil des violences signalées ces derniers jours. Selon le ministère libanais de la santé, au moins 31 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées et 40 autres blessées lors des affrontements survenus rien que le 26 mai.

Ce chiffre comprend 14 personnes qui auraient été tuées lors d’une seule frappe aérienne à Borj El Chmali, près de la ville de Tyr. Au cours de la semaine écoulée, 15 enfants ont été tués. Au total, qu’au moins 3.355 personnes ont été tuées et plus de 10.000 autres blessées depuis le 2 mars dernier.

Ces violences s’accompagnent également d’une augmentation continue des déplacements de population. L’ONU estime que plus de 127.000 civils sont toujours déplacés et vivent dans 631 abris collectifs à travers le pays, ce qui reflète une tendance à la hausse claire et soutenue des chiffres relatifs aux déplacements. Les gouvernorats de Beyrouth et du Mont-Liban continuent d’accueillir le plus grand nombre de personnes déplacées.

© UNESCO Al-Bass, un site archéologique situé à Tyr, au Liban, est menacé par des bombardements à proximité au milieu du conflit en cours au Moyen-Orient.

Dégâts sur la citadelle de Chama et le château de Beaufort

Une situation qui complique davantage les opérations de secours et l’acheminement de l’aide. Selon l’OCHA, l’accès humanitaire et les capacités d’intervention d’urgence continuent de se heurter à de graves contraintes. 

Dans le gouvernorat de Nabatieh, des frappes auraient touché hier une route principale du district de Marjayoun. Cette route est essentielle pour les évacuations médicales d’urgence, pour les déplacements des travailleurs humanitaires et pour l’accès de la population aux biens et services de première nécessité.

Au-delà des infrastructures essentielles, les inquiétudes concernent également le patrimoine culturel. L’UNESCO s’est ainsi préoccupé des dommages causés sur des sites culturels protégés, notamment la citadelle de Chama et les zones proches du château de Beaufort, ainsi que les risques pesant sur le site du patrimoine mondial de Tyr, dans le gouvernorat du Sud. 

Parallèlement, les acteurs humanitaires restent confrontés à d’importantes difficultés de financement. L’appel d’urgence 2026 pour le Liban a recueilli 185,9 millions de dollars, soit un peu plus de 60 % des 308,3 millions de dollars nécessaires.

MIL OSI