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Moyen-Orient: le dialogue est notre meilleur et notre seul espoir de paix, plaide le Secrétaire général devant le Conseil de sécurité

Moyen-Orient: le dialogue est notre meilleur et notre seul espoir de paix, plaide le Secrétaire général devant le Conseil de sécurité

Source: United Nations – in French 2

Headline: Moyen-Orient: le dialogue est notre meilleur et notre seul espoir de paix, plaide le Secrétaire général devant le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité a tenu aujourd’hui un débat public de haut niveau auquel s’étaient inscrites quelque 70 délégations venues réfléchir aux moyens de faire progresser la paix au Moyen-Orient par une médiation renforcée. C’est à l’initiative de la Colombie, qui préside le Conseil ce mois, et sous la conduite de son Président, M. Gustavo Petro Uggero, que les délégations ont débattu en reconnaissant la nécessité de privilégier la médiation et le dialogue plutôt que les solutions militaires.

La logique militaire doit être remplacée par une action politique fondée sur le dialogue, la communication et la négociation entre les peuples, a plaidé le Chef de l’État colombien, tandis que le Secrétaire général, M. António Guterres, a proposé une série de mesures concrètes notamment le règlement diplomatique des crises dans la région.

Les appels du Secrétaire général et du Président colombien

Le Chef de l’ONU a demandé pour commencer de respecter le cessez-le-feu global au Liban et de poursuivre les négociations facilitées par les États-Unis entre Israël et ce pays.  Pour Gaza, il a réclamé l’application intégrale du plan élaboré avec les États-Unis, le Qatar, l’Égypte et la Türkiye, la levée des obstacles à l’aide humanitaire, la consolidation du cessez-le-feu et le lancement de la reconstruction. 

La solution des deux États demeure la seule voie crédible pour résoudre le conflit israélo-palestinien, a-t-il poursuivi en appelant au respect du droit international, ainsi qu’à l’arrêt des violences et de l’expansion des colonies et des déplacements forcés. 

M. Guterres a également encouragé des négociations sérieuses sur le programme nucléaire iranien, soutenu les efforts de médiation menés par plusieurs acteurs régionaux.  Il a plaidé pour une transition inclusive en Syrie fondée sur le dialogue intercommunautaire et la justice transitionnelle.  Il a aussi prôné la poursuite de la médiation au Yémen, notamment à travers des accords humanitaires tels que les échanges de détenus.

De manière plus générale, le Président de la Colombie a mis l’accent sur la nécessité d’un dialogue entre les civilisations afin de combattre les discours de haine, le racisme, l’exclusion et les idéologies de confrontation.  Il a notamment mis en garde contre les risques liés à une intelligence artificielle (IA) concentrée entre les mains de quelques acteurs privés, réclamant une réglementation internationale de l’IA pour limiter la désinformation et les récits favorisant la guerre.  Il faut préserver les espaces de communication entre les sociétés pour empêcher la rupture du dialogue, a-t-il insisté. 

Les conditions pour relancer une solution politique entre Israël et la Palestine

La guerre à Gaza et la question palestinienne ont occupé une place centrale dans les débats.  Beaucoup ont mis au premier plan la relance d’un horizon politique crédible entre Israël et la Palestine, soutenant la poursuite d’une solution à deux États.  Le Pakistan a renvoyé à l’Initiative de paix arabe de 2002 comme base de référence.

Tous ont estimé que la sécurité d’Israël et les droits du peuple palestinien doivent être traités ensemble, dans un cadre négocié et non dans une logique de fait accompli.  Il faut une solution négociée qui garantisse à la fois paix, sécurité et dignité aux Israéliens et aux Palestiniens, a résumé le Panama.

La France a insisté sur la reconstruction de Gaza, le retour d’une gouvernance palestinienne légitime et réformée, ainsi que le rejet de l’annexion et des déplacements forcés en Cisjordanie.  Cela implique un cessez-le-feu durable, a relevé la Chine; cela nécessite que l’ONU joue un rôle central, a ajouté le Royaume-Uni en faisant référence aux bons offices du Secrétaire général.

« Le dialogue et la médiation ne peuvent produire des résultats durables que s’ils s’accompagnent de mécanismes de responsabilité garantissant le respect des engagements pris », a déclaré pour sa part la délégation palestinienne.

Les moyens pour relancer le dialogue dans la région

Le Libéria, les États-Unis, Bahreïn et la République démocratique du Congo (RDC) ont insisté sur les instruments de mise en œuvre.  Le Libéria a proposé un mécanisme permanent de médiation des Nations Unies, capable de rester actif entre deux crises, de vérifier les cessez-le-feu, de suivre les engagements et de maintenir un canal de dialogue quand le Conseil de sécurité est paralysé. 

Comme « leviers concrets », les États-Unis ont misé sur le cessez-le-feu, la pression internationale et le renforcement d’institutions légitimes au Liban, à Gaza, en Syrie.  Bahreïn a mis l’accent sur la diplomatie préventive, la coordination régionale et la sécurité maritime. 

Toutefois, a averti la RDC, aucune médiation ne sera efficace si l’ONU, les organisations régionales et les États avancent en ordre dispersé. 

En outre, une désescalade régionale est indispensable, en particulier autour du golfe Persique et du détroit d’Ormouz, ont fait remarquer notamment la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni.  Le Pakistan a insisté sur la primauté de la diplomatie avec l’Iran, le respect de la souveraineté des États du golfe Persique et le rétablissement de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormouz. 

C’est une sécurité collective dans le golfe Persique qu’il faut, a plaidé la Russie en demandant des règles communes pour la liberté de navigation.  La Chine a appuyé un mécanisme technique de l’ONU pour rétablir la libre circulation maritime.  Le besoin de sécuriser la navigation a été souligné également par la France qui a mis en garde contre une nouvelle escalade avec l’Iran.

Demandant lui aussi la réouverture du détroit d’Ormouz, le Royaume-Uni a appelé à un dialogue substantiel entre les États-Unis et l’Iran.

Inclure les sociétés civiles et traiter les causes profondes des conflits

Plusieurs délégations ont rappelé qu’aucun dialogue durable ne tiendra sans inclusion politique et sans traitement des causes profondes.  La Lettonie a défendu une médiation qui associe réellement les femmes, les jeunes et la société civile.  La France a annoncé un rassemblement des sociétés civiles israélienne et palestinienne à Paris.  Bahreïn a insisté, lui aussi, sur le dialogue politique et la prévention. 

Les avis des pays concernés ou proches 

Les États arabes ont été nombreux à intervenir dans le sens d’un règlement pacifique et durable au Moyen-Orient, appelant à renforcer la médiation, le dialogue et la prévention des crises.  Oman a estimé que l’ONU devait « continuer de privilégier les efforts de médiation, les bons offices et la diplomatie préventive et renforcer l’intégration des initiatives internationales et régionales afin d’instaurer la confiance et créer les conditions de solutions politiques durables ». 

Le Liban a, pour sa part, souligné que « les bases d’une paix juste et durable au Moyen-Orient existent déjà à travers le droit international, les résolutions des Nations Unies et les différentes initiatives de paix ».  Le pays a appelé à faire de la médiation une priorité plutôt qu’un dernier recours, à investir davantage dans la diplomatie préventive et à privilégier le dialogue pour prévenir les crises avant qu’elles ne dégénèrent. 

Une médiation efficace doit se baser sur la neutralité et le respect de la souveraineté des États, du droit international et de la Charte des Nations Unies, ont commenté les Émirats arabes unis. 

« Nous n’avons jamais négocié sous la menace et la pression », a pour sa part rappelé l’Iran en prévenant que tout autre acte d’agression sera suivi d’une réponse « ferme, légale, nécessaire et proportionnelle ».

Sur la question palestinienne, l’Arabie saoudite, au nom du Groupe des États arabes, a demandé de permettre au peuple palestinien d’exercer son droit international à l’autodétermination et a rejeté toute tentative de modifier la composition démographique des territoires palestiniens occupés, y compris le déplacement forcé de population.

La Palestine, au cœur du débat, a plaidé pour une paix durable au Moyen-Orient fondée sur la fin de l’occupation israélienne et la mise en œuvre de la solution des deux États, conformément aux résolutions des Nations Unies.  Elle a aussi demandé à garantir le respect intégral d’un cessez-le-feu permanent à Gaza, l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et la réunification de Gaza et de la Cisjordanie sous l’Autorité palestinienne. 

Quant à la Syrie, elle a déclaré que « son destin est d’être un point de rencontre et non de divisions, un espace d’harmonie et de paix plutôt que de guerres et de tragédies ».  Elle s’est dite prête à jouer un rôle positif et constructif dans la contribution au règlement des conflits régionaux et internationaux.

MIL OSI