Source: Switzerland – Canton Government of Geneva in French
Coup de projecteur sur Mirko Hayoz, apprenti qui a décroché le graal pour la partie technique des championnats suisses de joaillerie-bijouterie.
Mirko Hayoz vient de s’illustrer lors des derniers championnats suisses de joaillerie-bijouterie. Il a remporté le concours technique, sa madeleine de Proust. Apprenti de dernière année chez Chopard, il a su conjuguer maîtrise des savoir-faire et gestion du stress.
«Avoir 24 ans et une certaine maturité m’a permis de prendre du recul, d’envisager le stress et l’adrénaline comme des stimuli», évoque le jeune homme.
Précieux avantage que de se connaître: en vingt-deux heures d’épreuve, chaque minute compte. «On reçoit un plan technique de la pièce à façonner, une représentation en 3D, un fil et une plaque d’or… et c’est à nous de jouer, de privilégier telle ou telle méthode, d’avancer sans trop se retourner», raconte Mirko. «Ce pendentif m’a d’ailleurs donné du fil à retordre: j’ai dû utiliser toute la palette des techniques apprises et éprouvées à l’atelier.»
Poussières d’étoiles
Plus qu’un entraînement aux examens de CFC ou un travail pour la gloire, passer de tels concours permet de rencontrer d’autres jeunes du sérail. «C’est très sympa de concourir avec des apprentis d’autres cantons, nous faisons connaissance et décompressons ensemble lors des pauses», poursuit le bijoutier. «Participer à ces performances permet donc de créer notre futur réseau professionnel et de tester nos compétences et notre productivité sous pression.»
Ce mois de juin, place aux examens de CFC! Ce diplôme couronnera ses années de formation durant lesquelles il aura apprivoisé une kyrielle de savoir-faire comme l’emboutissage, le laminage ou l’emmaillement, en alliant bien évidemment technicité et esthétique. Mirko aura également développé ses compétences en dessin et capacités de visualisation du bijou à fabriquer, incontournables dans le domaine qu’est le sien.
Briller dans l’ombre
«Si tout se passe bien, je serai diplômé et pourrai exercer ma passion tout en découvrant d’autres facettes de cet artisanat séculaire.» En septembre prochain, ses projets le mèneront à découvrir le sertissage des pierres précieuses à l’Alexander Diamond Setting School, en Belgique, «pour ajouter une compétence à mon parcours». À plus long terme, il rêve de façonner des bijoux qui procurent des émotions et, pourquoi pas, de créer son propre atelier de bijouterie artisanale en partenariat avec un compagnon d’apprentissage.
Trois questions à Yuri Rindlisbacher, formateur bijouterie-joaillerie Chopard
Le CFC de bijoutier-joaillier est à la croisée de la technique et du design: quelles sont les compétences artistiques à développer durant l’apprentissage?
Le métier est aussi bien technique qu’artistique. Le côté technique vient avec la pratique et l’habileté des mains, notamment les savoir-faire anciens. Le côté artistique peut être inné, mais il se développe également grâce à l’observation, aux expositions, à l’histoire de l’art et à l’inspiration puisée dans la nature.
Pourquoi participer à un concours?
Ces compétitions donnent de la visibilité aux apprentis, les préparent à l’examen du CFC et leur permettent de démontrer leur savoir-faire artistique, technique et leurs connaissances en design. Elles révèlent aussi leur capacité à travailler sous pression.
Quelle est la recette pour former de jeunes champions?
Selon Yuri Rindlisbacher, la réussite repose sur un recrutement attentif, une écoute quotidienne des jeunes, la transmission de la passion du métier et la volonté de leur faire découvrir de belles réalisations pour les pousser à aller plus loin.
Texte et photo : Laurie Josserand, Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC)
Article également paru dans la Tribune de Genève du 18 juin 2026
