Source: United Nations – in French 2
Headline: Venezuela : après les séismes, la peur empêche les habitants de rentrer chez eux
26 juin 2026 Aide humanitaire
L’ampleur des besoins est considérable au Venezuela après le double séisme qui a frappé mercredi soir le pays, faisant au moins 589 morts et 3.000 blessés, ont alerté vendredi les organisations humanitaires. La priorité absolue reste aux opérations de recherche et de sauvetage pour retrouver les personnes encore coincées sous les décombres.
Au total, jusqu’à 6,8 millions de personnes pourraient être affectées par la situation d’urgence, selon les dernières projections disponibles concernant la population et les dégâts, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Par ailleurs, plus de 41 000 personnes ont été signalées disparues via un portail en ligne.
© PAM/ Gustavo Vera Des secouristes fouillent les décombres d’un bâtiment détruit par les séismes qui ont frappé le Venezuela.
Une population terrifiée
Alors que des informations font état de sauveteurs creusant à mains nues dans certaines zones touchées par les séismes, les habitants « sont toujours terrifiés à l’idée de retourner dans ce qui était leur domicile ou dans d’autres bâtiments » et ont besoin d’aide, a déclaré la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), partenaire de l’ONU.
« Les gens ont tout laissé derrière eux ; plus rien ne fonctionne normalement dans ces zones. Notre priorité sur le terrain est donc de veiller à ce que les populations puissent littéralement survivre », a déclaré Loyce Pace, directrice régionale de la FICR pour les Amériques, lors d’un point presse à Genève, en visioconférence depuis Panama.
Les besoins médicaux sont nombreux et critiques. « La priorité absolue est de fournir d’urgence des soins vitaux et de secourir un maximum de personnes, car les premières heures sont déterminantes pour sauver des vies », a souligné le Dr Ciro Ugarte, directeur du département Urgences sanitaires de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), le bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les Amériques.
Le Dr Ugarte a décrit la pression pesant sur les équipes médicales, contraintes d’effectuer le tri d’un grand nombre de blessés et de prodiguer des soins d’urgence pour des fractures, des brûlures et d’autres traumatismes liés à l’effondrement de bâtiments, en particulier dans les zones où les opérations de recherche et de sauvetage sont en cours.
© OCHA Un bâtiment détruit à Caracas à la suite des séismes survenus lundi au Venezuela.
Besoin d’abris, d’eau potable
Ce haut responsable médical a par ailleurs noté que l’accès restait « très difficile » pour toutes les équipes présentes sur le terrain, et plus particulièrement pour celles du secteur de la santé, ce qui complique l’évaluation approfondie de la situation. « Nous avons du mal à atteindre tous ces établissements de santé », a-t-il expliqué.
Outre les soins médicaux d’urgence, les personnes « ayant tout perdu » ont besoin d’abris temporaires, d’eau potable, d’installations sanitaires, de soins de santé, de protection et de biens de première nécessité, a indiqué Zoe Brennan, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). À plus long terme, il faudra soutenir le relèvement « pour aider les familles à reconstruire leur logement, à rétablir leurs moyens de subsistance et à se relever dans la dignité », a-t-elle insisté.
Les agences humanitaires ont souligné que les séismes avaient frappé un pays déjà vulnérable ; des millions de citoyens vivent à l’étranger après avoir fui une crise économique persistante et des violations des droits de l’homme faisant l’objet d’une enquête en cours du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
L’ONU alloue une aide de 15 millions de dollars
Dans ce contexte, le Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, a alloué 15 millions de dollars provenant du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) pour soutenir une aide d’urgence vitale, notamment dans les domaines de la santé, des abris, de l’alimentation et de l’eau.
« Sur le terrain, nous intensifions rapidement notre réponse avec nos partenaires humanitaires, en procédant à des évaluations et en mobilisant de l’aide », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse vendredi.
« L’aide internationale monte rapidement en puissance, avec le déploiement d’équipes de recherche et de sauvetage urbain en provenance de nombreux pays », a-t-il ajouté, précisant que le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) soutient les efforts de coordination sur le terrain. Au total, 30 de ces équipes sont en cours de déploiement au Venezuela, mobilisant plus de 1 600 personnes et plus de 100 chiens, en provenance d’un large éventail de pays.
Les équipes des Nations Unies pour l’évaluation et la coordination en cas de catastrophe (UNDAC) ont également été mobilisées, ainsi qu’une équipe de soutien opérationnel composée de quatre membres. Plusieurs employés de l’OCHA sont aussi en train d’être déployés au Venezuela.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré disposer de ressources suffisantes pour nourrir plus de 10 000 familles pendant deux mois au Venezuela. En outre, plus de 1 400 tonnes de matériel de secours provenant de partenaires sont prêtes à être déployées depuis le Dépôt de réponse humanitaire des Nations Unies géré par le PAM au Panama.
Solidarité
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est entretenu jeudi soir avec la Présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a précisé vendredi son porte-parole.
Lors de cet appel, il a exprimé sa solidarité avec le peuple et le gouvernement du Venezuela et a promis l’entière coopération du système des Nations Unies pour soutenir les efforts de secours dirigés par le gouvernement, a souligné M. Dujarric.
De son côté, confirmant une interruption de l’accès à l’Internet au Venezuela, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a indiqué que des « restrictions préexistantes » étaient restées en vigueur durant les premières heures suivant les séismes.
« Nous appelons, comme nous l’avons déjà fait, à adopter des mesures pour préserver l’espace numérique et garantir le droit à l’information, la liberté d’expression ainsi que l’accès aux médias numériques au Venezuela », a déclaré Marta Hurtado, porte-parole du HCDH.
