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EN DIRECT – Réunion du Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien

EN DIRECT – Réunion du Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien

Source: United Nations – in French 2
Headline: EN DIRECT – Réunion du Conseil de sécurité sur le programme nucléaire iranien
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a dressé un constat inquiétant : après des mois de guerre et des années de restrictions imposées à ses inspections internationales, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne sait plus avec précision ce qui se passe dans les installations nucléaires iraniennes officiellement déclarées. 
Plus grave encore, selon Mme DiCarlo, « l’agence estime que ces connaissances ne peuvent pas être rétablies ».
L’avertissement marque un tournant. Jusqu’ici, l’AIEA expliquait avoir perdu « la continuité de sa connaissance » d’une partie du programme nucléaire iranien. Désormais, cette rupture concerne l’ensemble des installations nucléaires du pays. Elle s’étend à la production et aux stocks de centrifugeuses, de leurs composants, d’eau lourde et de concentré de minerai d’uranium. 
Cette évolution est lourde de conséquences. Depuis le début des années 2000, l’AIEA ne se contente pas de mesurer les quantités d’uranium enrichi produites par l’Iran ; elle reconstitue, étape après étape, l’histoire industrielle de son programme nucléaire. Cette continuité des informations permet de vérifier qu’aucune matière fissile n’a disparu, qu’aucune installation parallèle n’a été créée et qu’aucune activité n’a échappé aux contrôles.
Photo : AIEA L’AIEA vérifie que les États respectent leurs obligations juridiques internationales d’utiliser les matières nucléaires à des fins uniquement pacifiques.
Or cette mémoire s’est rompue.
L’Iran avait déjà cessé d’appliquer provisoirement le protocole additionnel du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) en février 2021, privant l’agence d’une partie de ses moyens d’inspection. Les frappes menées depuis le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre plusieurs installations nucléaires iraniennes et la guerre qui s’en est suivie ont encore aggravé la perte de visibilité de l’AIEA. 
Le paradoxe est frappant : jamais la diplomatie n’a repris autant de place depuis le début de la guerre, mais jamais les moyens de vérifier un éventuel accord n’ont paru aussi fragiles.
Le protocole d’accord signé le 17 juin entre Washington et Téhéran prévoit pourtant plusieurs avancées importantes. Les deux pays sont convenus de régler le sort des stocks d’uranium enrichi, d’envisager leur dilution sous la supervision de l’AIEA et de poursuivre les discussions sur les activités d’enrichissement et les besoins nucléaires civils de l’Iran. Pour les Nations Unies, ce texte constitue désormais le principal socle des négociations appelées à suivre.
Mais si le cessez-le-feu parvient à survivre à la reprise des frappes entre l’Iran et les États-Unis ces derniers jours, un accord politique ne suffira pas à effacer les pertes de connaissances des derniers mois. Même si les inspecteurs retrouvaient demain un accès sans entrave aux installations iraniennes, ils ne disposeraient pas automatiquement de la chaîne d’informations rompue depuis plusieurs années. Les futurs contrôles devraient donc repartir d’une base beaucoup plus incertaine.
© IAEA / Paolo Contri Une vue de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran.
Deux visions irréconciliables
Cette réalité technique s’est invitée dans un climat diplomatique toujours aussi fracturé.
Avant même d’aborder le fond du dossier, le Conseil de sécurité s’est de nouveau déchiré sur une question préalable : avait-il seulement compétence pour discuter du nucléaire iranien ? La Russie et la Chine ont demandé un vote de procédure afin d’empêcher la tenue de la réunion, estimant que la résolution 2231 du Conseil, qui avait entériné l’accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien, a cessé de produire ses effets à l’expiration de l’accord, en octobre 2025. Le Conseil n’est donc selon eux plus habilité à examiner ce dossier.
Les 15 membres ont finalement rejeté cette lecture par 11 voix contre 2, la Russie et la Chine votant contre l’adoption de l’ordre du jour, tandis que la Somalie et le Pakistan se sont abstenus.
Le désaccord est désormais total.
Pour Moscou et Pékin, les Européens cherchent à « créer l’illusion » que le mécanisme de rétablissement automatique des sanctions des Nations Unies – le « snapback » – demeure valable, alors que la résolution qui l’encadre serait arrivée à expiration.
À l’inverse, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis soutiennent que cette procédure a été déclenchée conformément au droit international en septembre 2025, rétablissant automatiquement les anciennes sanctions et prolongeant l’application de la résolution 2231. Londres rappelle que « plus de 60 rapports de l’AIEA » ont documenté, au cours des six dernières années, l’escalade du programme nucléaire iranien, tandis que Paris estime que le rejet, en septembre 2025, d’une résolution qui aurait définitivement levé les sanctions a permis au mécanisme de produire tous ses effets.
Cette bataille juridique illustre une fracture plus profonde. Les grandes puissances ne divergent plus seulement sur la manière de traiter le programme nucléaire iranien ; elles ne reconnaissent plus le même cadre juridique pour en discuter.
Face à cette impasse, le message du Secrétariat est resté inchangé : quelles que soient les divergences, seule une solution négociée permettra d’éviter une nouvelle crise de prolifération. Rosemary DiCarlo a appelé, au nom du Secrétaire général de l’ONU, toutes les parties à négocier « de manière constructive et de bonne foi » afin de parvenir à « une solution pacifique, globale et durable » de la question nucléaire iranienne. 
Les Nations Unies, a-t-elle assuré, restent prêtes à accompagner cet effort.
POUR EN SAVOIR PLUS, lire, ci-dessous, la couverture en direct assurée par nos collègues de la Section de la couverture des réunions des Nations Unies :

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