Source: African Press Organisation in French
Source: Africa Press Organisation – French
A travers l’Afrique, les femmes rurales sont confrontées à un double désavantage, car le fossé entre les zones urbaines et rurales accentue les inégalités entre les sexes en matière d’éducation, d’emploi, de propriété des biens et d’accès aux ressources financières et numériques, comme le montre le dernier Profil Panafricain d’Afrobarometer (https://apo-opa.co/4wye9HP) (www.Afrobarometer.org).
Le nouveau rapport, basé sur 50.961 entretiens menés dans 38 pays africains en 2024/2025, révèle que les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’accéder à l’enseignement secondaire ou supérieur et d’occuper un emploi rémunéré. Elles sont également moins susceptibles de posséder des actifs productifs, financiers et numériques essentiels, tels que des véhicules, des comptes bancaires, des comptes de paiement mobile, des téléphones portables et des ordinateurs. Les résultats montrent en outre que les femmes sont moins susceptibles que les hommes de déclarer prendre leurs propres décisions concernant l’utilisation de leurs ressources financières.
Outre ces inégalités entre les sexes, les femmes rurales accusent un retard encore plus important sur les femmes urbaines concernant ces indicateurs. En effet, en matière d’accès aux ressources numériques et financières, les écarts entre les femmes et les hommes en milieu urbain sont parfois bien moindres que ceux qui séparent les femmes urbaines des femmes rurales.
Les résultats font apparaître une exception notable : Les femmes rurales déclarent des niveaux de participation plus élevés que les femmes urbaines dans plusieurs types clés d’engagement politique, notamment le vote et l’affiliation à un parti politique, ce qui suggère des possibilités de renforcer la voix et la représentation des femmes dans les communautés rurales.
Résultats clés
Niveau d’instruction et accès à l’éducation :
- A travers 38 pays africains, les femmes accusent un retard sur les hommes en matière d’éducation : 54% des femmes ont un niveau d’instruction secondaire ou post-secondaire, contre 62% des hommes (Figure 1).
- Les femmes rurales sont plus de deux fois plus susceptibles que les femmes urbaines de n’avoir aucune éducation formelle (26% contre 12%) et seulement environ deux fois moins susceptibles d’avoir des qualifications secondaires ou post-secondaires (39% contre 66%).
En matière d’emploi :
- Les femmes en âge de travailler sont moins susceptibles que les hommes d’avoir un emploi rémunéré (25% contre 39%) (Figure 2).
- Les femmes rurales sont à la traîne par rapport aux femmes urbaines en matière d’emploi rémunéré (19% contre 30%), avec des écarts au niveau national atteignant jusqu’à 34 points de pourcentage en Eswatini.
Accès aux actifs clés et gestion des ressources financières :
- Les femmes sont moins susceptibles que les hommes de posséder des actifs clés, notamment des véhicules (16% contre 35%), des actifs financiers tels que des un compte bancaire (33% contre 43%) et un compte mobile money (56% contre 64%), et des outils numériques tels qu’un téléphone portable (82% contre 89%) et un ordinateur (16% contre 22%) (Figure 3).
- Les écarts entre les femmes urbaines et rurales sont souvent encore plus importants, notamment un désavantage de 17 points de pourcentage en matière de possession d’un téléphone portable pour les femmes rurales (73% contre 90%). Les femmes rurales ont deux fois moins de chances d’avoir un compte bancaire (21% contre 42%) et moins d’un tiers de chances de posséder un ordinateur (7% contre 24%) (Figure 4).
- Les femmes (36%) sont moins susceptibles que les hommes (44%) de dire qu’elles prennent elles-mêmes les décisions sur la façon d’utiliser leurs ressources financières (Figure 5).
- Elles sont environ deux fois plus susceptibles que les hommes de dire que ce sont leur conjoint qui prend cette décision (10% contre 6%).
- Dans la plupart des pays sondés, les femmes rurales ont moins leur mot à dire dans la prise de décision financière que leurs homologues urbaines : en moyenne, elles sont 11 points de pourcentage moins susceptibles de dire qu’elles prennent ces décisions elles-mêmes (Figure 6).
En politique :
- Les femmes participent moins aux activités politiques que les hommes. Cependant, dans plusieurs domaines d’engagement, notamment le vote et l’affiliation à des partis politiques, les femmes rurales sont plus nombreuses que leurs homologues urbaines (Figure 7).
L’enquête Afrobarometer
Afrobarometer est un réseau panafricain et non-partisan de recherche par sondage qui produit des données fiables sur les expériences et appréciations des Africains, relatives à la démocratie, à la gouvernance et à la qualité de vie. Neuf rounds d’enquêtes ont été réalisés dans un maximum de 42 pays depuis 1999. Les enquêtes du Round 10 ont été lancées en janvier 2024. Les enquêtes du Round 10 (2024/2025) ont couvert 30 pays jusqu’à présent.
Les Partenaires Nationaux d’Afrobarometer réalisent des entretiens en face à face dans la langue de choix du répondant avec des échantillons représentatifs au niveau national qui produisent des résultats nationaux avec des marges d’erreur de +/-2 à +/-3 points de pourcentage à un taux de confiance de 95%. Pour en savoir plus sur notre méthodologie d’échantillonnage, cliquez ici (https://apo-opa.co/4xlUcnG).
[1] Ici, comme dans toutes les autres comparaisons entre femmes urbaines et rurales, les Seychelles sont exclues car le gouvernement n’inclut aucune distinction entre zones urbaines et rurales dans ses données de recensement.
Distribué par APO Group pour Afrobarometer.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Hassana Diallo
Chargé des communications d’Afrobarometer pour l’Afrique francophone
Téléphone : +221 77 713 72 53
Email : hdiallo@afrobarometer.org
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