Source: African Press Organisation in French
Source: Africa Press Organisation – French
Pour des millions de personnes en Afrique et dans d’autres pays en développement, la perte de biodiversité n’a rien d’un concept abstrait. Elle se traduit par des récoltes moins abondantes, des poissons qui disparaissent des eaux côtières et des moyens de subsistance de plus en plus fragiles.
Pourtant, le monde consacre près de 30 fois plus de financements à des activités qui détruisent la nature qu’à sa protection. L’Afrique, elle, manque souvent des ressources nécessaires pour enrayer cette crise, a averti cette semaine la Secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, Astrid Schomaker, à l’occasion d’un forum scientifique organisé à Nairobi.
La biodiversité, qui désigne la diversité du vivant sur Terre, est indispensable au bon fonctionnement des écosystèmes. Elle fournit nourriture, eau potable, médicaments et contribue à atténuer les effets du changement climatique.
« Grâce à la biodiversité, nous avons de la nourriture. La biodiversité nous procure de l’eau propre. Elle nous aide à lutter contre le changement climatique. Elle renforce notre résilience », a déclaré à ONU Info Astrid Schomaker. « Tous ces enjeux nous concernent tous. »
Un continent particulièrement vulnérable
L’Afrique abrite près d’un quart de la biodiversité mondiale, mais a perdu environ 24 % de ses espèces depuis l’ère préindustrielle, selon une étude récente.
Cette érosion frappe durement le continent, où une grande partie de la population dépend directement des ressources naturelles pour se nourrir, travailler et vivre.
Selon Mme Schomaker, le changement climatique constitue le principal moteur de cette perte de biodiversité. Hausse des températures, espèces envahissantes, pollution, surexploitation des terres et des ressources marines dégradent progressivement les écosystèmes dont dépendent les communautés rurales et côtières pour leur alimentation, leurs revenus et leur accès à l’eau.
Dans le même temps, les importantes subventions publiques aux combustibles fossiles et les investissements privés dans des activités nuisibles à l’environnement continuent d’accélérer la destruction de la nature, plus rapidement que les efforts entrepris pour la protéger, avait déjà averti cette année le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
De la science à l’action
Après la réunion de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques, les discussions se poursuivent jusqu’au 12 août à Nairobi au sein de l’Organe subsidiaire chargé de l’application, qui cherche désormais à transformer les connaissances scientifiques en actions concrètes.
Les négociateurs travaillent notamment à intégrer la biodiversité dans les politiques nationales, à mobiliser davantage les institutions financières et à combler le déficit de financement qui freine les efforts de conservation.
« Nous avons une compréhension très solide de la situation actuelle », a affirmé Mme Schomaker. « Il s’agit désormais de tirer parti de cette compréhension de la situation actuelle pour formuler des recommandations sur la manière d’accélérer nos progrès. »
Cap sur la COP17
Malgré l’ampleur des défis, la responsable de la Convention affiche un optimisme prudent. Les rapports transmis au PNUE par 125 pays témoignent d’une mobilisation croissante pour enrayer l’érosion de la biodiversité.
L’agence onusienne rappelle également que chacun peut contribuer à cet effort, qu’il s’agisse de planter des arbres, de créer des refuges pour les insectes ou de limiter l’utilisation de produits chimiques nocifs.
Les recommandations élaborées à Nairobi alimenteront les négociations de la COP17 sur la biodiversité, qui s’ouvrira le 19 octobre à Erevan, en Arménie. Les États y évalueront les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal, adopté en 2022 pour stopper et inverser la perte de biodiversité.
« C’est là notre plus grand défi : comment inverser la tendance ? », a déclaré Mme Schomaker. « Comment faire comprendre à chacun que la biodiversité est essentielle pour soi — que détruire la biodiversité revient, au fond, à détruire le socle même de nos vies — et amener chacun à prendre les bonnes décisions ? »
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