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République Démocratique du Congo – Fact-checking et discours de haine : de jeunes journalistes de Kinshasa s’engagent à plus de responsabilité

République Démocratique du Congo – Fact-checking et discours de haine : de jeunes journalistes de Kinshasa s’engagent à plus de responsabilité

Source: African Press Organisation in French

Source: Africa Press Organisation – French

À Kinshasa, du 18 au 19 août, de jeunes journalistes ont pris part à des sessions de formation dans le cadre de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS). Organisée par le Secrétariat technique national de la Résolution 2250 (STN-2250) avec l’appui de la MONUSCO, cette rencontre visait à faire prendre conscience aux jeunes journalistes des valeurs et des compétences nécessaires pour assumer pleinement leur rôle.

Pendant la première journée, les réflexions ont porté sur les cinq piliers de la Résolution 2250 (participation, protection, prévention, partenariats et désengagement et réinsertion), la complémentarité entre les agendas JPS et Femmes, Paix et Sécurité (FPS – Résolution 1325), ainsi que l’initiation aux principes du journalisme sensible aux conflits et du devoir éthique de « ne pas nuire ».

La deuxième journée a permis aux participants d’approfondir leur connaissance sur la lutte contre les discours toxiques, les techniques de vérification de l’information et la responsabilité des rédactions en période de crise.

Bannir les discours de haine des médias

L’assainissement du discours médiatique apparaît désormais indissociable de la prévention des conflits armés et de la promotion du progrès social. Au cours de la formation, la prise de conscience s’est faite autour des différentes formes d’expression de la haine, qu’elles soient verbales, écrites ou comportementales et de l’impact dévastateur des fausses informations sur la stabilité nationale ainsi que sur les processus de paix en RDC.

Cette formation doit aboutir à la constitution d’un réseau de points focaux au sein des rédactions, prêts à assurer un suivi durable des enjeux JPS et à maintenir le lien avec le Secrétariat technique national.

Pour les participants, l’analyse du Plan d’action de Rabat – sur l’interdiction de l’appel à la haine nationale, raciale ou religieuse – a fourni une grille de lecture concrète basée sur six critères de seuil (contexte, orateur, intention, contenu, ampleur et probabilité de préjudice) leur permettant de qualifier la gravité des dérapages que l’on peut noter dans certains discours médiatiques.
Ils ont ainsi assimilé qu’un traitement responsable de l’information exige une vigilance accrue: modération rigoureuse, rejet des contenus xénophobes, respect strict de la déontologie et fermeture des antennes aux acteurs cherchant à instrumentaliser la haine.

Pour Joselyne Muteba, journaliste à Ecofin Télévision, les professionnels des médias sont avant tout des éducateurs de masse.

« Si nous diffusons des discours de haine, nous incitons des franges vulnérables ou moins instruites de la population à provoquer des désordres qui perturbent la paix sociale. Notre rôle est d’être suffisamment outillé pour savoir quoi dire et encourager les citoyens à ne pas céder à la manipulation », explique-t-elle.

Qui est votre source ?

Positionnés au cœur de la chaîne d’information, les jeunes professionnels portent une grande responsabilité : alimenter le débat public avec des faits vérifiés ou risquer d’amplifier des rumeurs manipulatoires.

Ce volet technique a doté les apprenants d’une méthodologie pour déconstruire les infox et les demi-vérités conçues pour tromper l’opinion, tout en les armant pour interroger méthodiquement la véracité, le narratif, la langue ciblée, le caractère authentique ou artificiel du contenu, la frontière entre opinion et incitation, ainsi que le préjudice potentiel.

Cette formation doit aboutir à la constitution d’un réseau de points focaux au sein des rédactions, prêts à assurer un suivi durable des enjeux JPS et à maintenir le lien avec le Secrétariat technique national.

En intégrant l’usage d’outils numériques modernes tels que Google Lens ou InVID pour analyser images et vidéos, ces jeunes journalistes se positionnent désormais comme un rempart contre la désinformation notamment sur les réseaux sociaux.

En temps de crise, la responsabilité sociétale de la presse prend une dimension critique : il a été rappelé aux journalistes que la carte de presse ne constitue pas un gilet pare-balles, et la sécurité des équipes comme des sources dépend avant tout de la rigueur du travail fourni.

L’exercice du métier requiert un recoupement systématique des sources, un équilibre des perspectives, mais surtout un discernement éthique permanent permettant au journaliste d’évaluer quand une information doit être tue pour ne pas mettre des vies en danger.

Au sujet de l’engagement au quotidien au sein des rédactions, Joselyne Muteba insiste sur la nécessité d’offrir un espace d’expression constructif à la jeunesse : « Dans nos rédactions, nous devons continuellement soutenir et valoriser les initiatives des jeunes, leur donner la parole sur leurs besoins et créer des espaces de débat pour porter leur contribution au développement du pays. »
Cette formation doit aboutir à la constitution d’un réseau de points focaux au sein des rédactions, prêts à assurer un suivi durable des enjeux JPS et à maintenir le lien avec le Secrétariat technique national.

Cet atelier a rappelé l’importance d’un journalisme responsable et renforcer l’engagement de la jeunesse à œuvrer pour la paix. En étant partenaire, la MONUSCO renouvelle son appui à la sensibilisation aux valeurs au sein de la jeunesse de la RDC et à l’agenda 2250.

Distribué par APO Group pour Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO).

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