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COMMENTAIRE : La vision de la Chine pour les BRICS est caractérisée par la multipolarité, la coopération au développement et une réforme de la gouvernance mondiale

COMMENTAIRE : La vision de la Chine pour les BRICS est caractérisée par la multipolarité, la coopération au développement et une réforme de la gouvernance mondiale

Source: People’s Republic of China – State Council News in French

French.china.org.cn | Mis à jour le 10. 09. 2026 | Mots clés : BRICS,New Delhi,ordre internationalfrench.china.org.cn | 10. 09. 2026

Le sommet des BRICS, prévu les 12 et 13 septembre 2026 à New Delhi, en Inde, constitue un événement majeur dans le contexte du débat en cours sur la fragmentation de l’ordre international. Ce sommet revêt une importance particulière, non seulement parce que l’Inde accueille les BRICS sur fond d’intense transition géopolitique, mais aussi parce que le rôle de la Chine au sein du groupe est devenu central dans les discussions sur la multipolarité, la coopération Sud-Sud et la réforme des institutions de gouvernance mondiale.
La Chine considère les BRICS comme un mécanisme visant à renforcer la coopération au sein du Sud global et à promouvoir un ordre mondial multipolaire et inclusif. Le « Livre blanc de 2026 sur la gouvernance mondiale » publié par la Chine place les pays des BRICS à l’avant-garde du Sud global, engagés à favoriser la croissance économique mondiale, à améliorer la gouvernance économique internationale et à promouvoir l’inclusivité dans les relations internationales.
Au-delà du positionnement propre à la Chine, le fait que le sommet se tienne en Inde lui confère une dimension supplémentaire. La Chine et l’Inde sont toutes deux de grands États civilisationnels, des économies émergentes, ainsi que des acteurs clés du Sud global. Le Sommet de New Delhi démontre que les BRICS sont capables d’intégrer des points de vue divers et d’avancer sur un programme commun axé sur la prospérité et le développement.
Les BRICS et l’évolution de l’ordre international
Les BRICS ont évolué pour devenir une plateforme plus large de coopération politique, économique, financière et en matière de développement. Leur élargissement et l’émergence des « BRICS Plus » ont renforcé la stature et la pertinence de ce bloc. La Chine a activement soutenu cet élargissement, le présentant comme une étape majeure dans l’évolution du paysage international, un canal privilégié de solidarité et de coopération entre les pays du Sud global, ainsi qu’un moteur pour des réformes de la gouvernance mondiale.
Le Sommet de New Delhi intervient à un moment où les BRICS sont appelés à jouer des rôles multiples. L’on attend d’eux qu’ils portent la voix des pays en développement en quête d’un accès plus équitable aux financements, aux technologies, aux marchés et aux ressources climatiques. Ils sont également appelés à contribuer à la stabilité face à un contexte de fragmentation géopolitique, mais aussi à répondre à des défis émergents, tels que l’intelligence artificielle (IA), les minéraux critiques, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la transition écologique, qui recoupent largement le programme de la Chine pour les BRICS.
La vision de la Chine pour le sommet des BRICS
La multipolarité est au cœur de la vision chinoise pour les BRICS. La Chine avance que l’ordre international doit évoluer vers un système où les pays en développement et les économies émergentes jouissent d’une plus grande influence, tout en soutenant le système international – avec l’ONU en son cœur – et un ordre fondé sur le droit international. Cette vision séduit de nombreux pays en développement car elle associe souveraineté, développement et représentation. Pour Beijing, la multipolarité ne saurait se réduire à un simple équilibre des forces entre grandes puissances ; elle doit également impliquer une démocratisation des relations internationales. Le récent livre blanc de la Chine consolide cette logique en présentant la réforme de la gouvernance mondiale comme un projet articulé autour du développement, de la sécurité, de la civilisation, de la technologie et de la restructuration institutionnelle.
Aux yeux de la Chine, le développement constitue le fondement de la sécurité, de la stabilité et de la modernisation, reflétant ainsi sa propre expérience. Au sein des BRICS, la Chine a encouragé la coopération dans les domaines du commerce, de la finance et des échanges humains. Elle a soutenu la Nouvelle Banque de développement (NBD) et l’Accord de réserve de contingence, les considérant comme des projets emblématiques de la coopération au sein du Sud global et comme des instruments émergents du système financier international. La Chine voit dans les BRICS un moyen d’intensifier les échanges commerciaux entre économies émergentes, de réduire la dépendance à l’égard de marchés extérieurs restreints, et de renforcer les capacités des pays membres à mener des projets axés sur l’innovation.
La technologie est en train de devenir un pilier de plus en plus important de la vision chinoise pour les BRICS. La Chine cherche à s’imposer comme un leader d’une gouvernance technologique inclusive, en affirmant notamment que les pays en développement ne devraient pas être exclus de l’accès aux outils d’IA, aux infrastructures numériques et à l’innovation technologique. Le succès de cette vision dépendra de la capacité de la Chine à la présenter comme véritablement inclusive et mutuellement bénéfique pour les États membres.
Pour la Chine, les BRICS ne constituent pas seulement une plateforme diplomatique, mais aussi un mécanisme stratégique visant à renforcer la voix du Sud global, à promouvoir des institutions internationales plus équitables, à accroître le financement du développement, ainsi qu’à soutenir l’inclusion technologique. Le Sommet de New Delhi offre l’occasion de traduire cette vision en une coopération concrète. Les BRICS conserveront leur pertinence à long terme s’ils apportent des avantages tangibles aux pays en développement. À cet égard, le sommet de 2026 ne sera pas une simple réunion de plus ; il constituera un test pour savoir si le Sud global peut s’engager dans la construction collective d’institutions et dans des réformes pragmatiques, la Chine jouant un rôle central pour bâtir un ordre international équilibré, multipolaire et axé sur le développement.
Par le Dr Waseem Ishaque, directeur du Centre d’études chinoises à l’Université nationale des langues modernes (NUML) d’Islamabad, au Pakistan

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