Post

Yémen : des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats dans le sud-ouest

Yémen : des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats dans le sud-ouest

Source: United Nations – in French 2
Headline: Yémen : des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats dans le sud-ouest
11 septembre 2026 Paix et sécurité

Au moins 46.000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats la semaine dernière entre les rebelles houthis et les forces pro-gouvernementales dans le sud-ouest du Yémen, a indiqué vendredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Ce chiffre, qui couvre les gouvernorats de la côte ouest et de Taïz et correspond à la situation jeudi, pourrait encore augmenter rapidement, alors que les affrontements continuent de s’intensifier.
« Des familles sont contraintes de fuir pour la deuxième ou la troisième fois depuis le début de ce conflit, sans presque plus rien », a déclaré la directrice générale de l’OIM, Amy Pope. « À mesure que les combats s’étendent, il devient de plus en plus difficile d’acheminer l’aide vitale aux populations ».
Au cours de la nuit, un grand nombre de personnes auraient notamment quitté la ville de Mokha, sur la côte de la mer Rouge, avec leurs maigres possessions.
Des villages vidés et des routes coupées
De nouveaux déplacements sont signalés vers les gouvernorats de Lahj et d’Aden, tandis que certaines personnes prennent la direction du nord, vers Ibb.
Selon l’OIM, des villages entiers se seraient vidés dans les districts de Maqbanah, Jabal Habashi et Al Ma’afer, à mesure que les affrontements se rapprochaient des zones densément peuplées.
La route reliant Mokha à Taïz, un axe essentiel pour l’approvisionnement et l’acheminement de l’aide, aurait également été coupée. Cette situation accroît la pression sur les communautés qui accueillent les personnes déplacées.
L’OIM appelle toutes les parties à garantir un accès humanitaire sûr et durable, à protéger les travailleurs humanitaires, les populations civiles et les biens, et à rétablir les voies de communication et de transport nécessaires à l’acheminement de l’aide.
Les stocks d’urgence sont par ailleurs déjà fortement sollicités après les récentes opérations menées en réponse aux inondations. Les besoins les plus urgents concernent notamment les abris, la nourriture, l’eau, les articles ménagers essentiels, les soins de santé et la protection.
Saisie d’un site humanitaire
À New York, l’ONU s’est dite préoccupée par la saisie par les Houthis d’un site humanitaire commun stratégique à Mokha, ainsi que de ses équipements.
« Ce site abrite le personnel d’agences des Nations Unies qui œuvrent à fournir une aide humanitaire aux communautés vulnérables de la région », a déclaré vendredi le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, Farhan Haq, lors d’un point de presse.
Il a précisé que l’ensemble du personnel onusien avait quitté les lieux avant leur saisie. « Il est en sécurité et tous les membres ont été localisés », a-t-il assuré.
L’ONU rappelle que le personnel humanitaire, ses locaux et ses équipements doivent être respectés et protégés en toutes circonstances, conformément au droit international.
Farhan Haq a également insisté sur la nécessité de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, afin que l’aide vitale puisse continuer à parvenir aux populations dans le besoin, « en particulier en cette période critique ».
« Nous restons déterminés à soutenir les communautés yéménites vulnérables », a-t-il ajouté.
© OMS Des personnes déplacées au Yémen.
Des civils également victimes
La reprise des combats intervient après plusieurs années d’accalmie relative au Yémen, dans un contexte régional fortement dégradé depuis la fin février.
Selon des informations relayées par les médias, les affrontements de la semaine dernière auraient fait des centaines de morts dans les deux camps, principalement parmi les combattants.
Mais les civils sont également touchés. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) fait état d’au moins 14 civils tués ou blessés entre le début du mois de septembre et le 10 septembre, dont deux enfants.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, pour sa part, recensé 67 morts et 288 blessés entre le 6 et le 24 août dans sept gouvernorats. Les victimes ont été signalées notamment à Marib et Hadramout, à l’est, ainsi qu’à Al-Hodeidah, Taïz, Shabwah, Al-Dhale’a et Lahj.
Un système de santé à bout de souffle
Cette nouvelle flambée de violence met également sous forte pression un système de santé déjà gravement fragilisé.
Les hôpitaux de Marib, Hadramout et Taïz font face à un afflux de patients souffrant de traumatismes, alors que les services d’urgence, de chirurgie et de soins intensifs sont déjà débordés.
Selon l’OMS, seuls 60 % des établissements de santé du pays sont pleinement opérationnels.
À l’hôpital général de Marib, les services de maternité et d’obstétrique ont notamment été temporairement suspendus afin de mobiliser davantage de ressources pour les blessés. Le nombre de décès a également dépassé la capacité d’accueil de la morgue.
Cette réaffectation des ressources vers les soins traumatologiques intervient alors que les établissements manquent déjà de personnel, de lits et de fournitures médicales, faisant craindre une nouvelle détérioration de l’accès aux soins pour l’ensemble de la population.

MIL OSI