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Yémen : Taha, quatre ans, un enfant parmi des millions menacés par la faim et le conflit

Yémen : Taha, quatre ans, un enfant parmi des millions menacés par la faim et le conflit

Source: United Nations – in French 2
Headline: Yémen : Taha, quatre ans, un enfant parmi des millions menacés par la faim et le conflit
25 septembre 2026 Paix et sécurité

Taha, quatre ans, a déjà tout perdu. Avec sa mère, il a fui les combats à Mokha, à l’ouest du Yémen, pour se réfugier à Aden. Là, dans une clinique mobile soutenue par l’UNICEF, les médecins découvrent une malnutrition aiguë sévère. Son histoire est celle de millions d’enfants yéménites, pris dans une nouvelle escalade des violences alors que la faim et l’accès aux soins se dégradent.

Taha et sa mère ont laissé derrière eux leur maison, leurs biens, leur vie d’avant. 
« Nous nous sommes enfuis sans rien. Ma seule crainte était de perdre mon fils avant de trouver de l’aide », raconte sa mère.
© UNICEF/Mahmoud Alfilastini Une famille arrive dans un camp de déplacés à Aden, au Yémen.
Un cercle vicieux entre conflit et malnutrition
L’histoire de Taha n’est pas un cas isolé. Partout au Yémen, les enfants sont une fois de plus les premières victimes de l’escalade du conflit.
S’exprimant depuis Aden, le représentant du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Yémen, Akhil Iyer, a décrit vendredi une situation qui se dégrade pour les enfants, déjà fragilisés par des années de crise alimentaire et nutritionnelle. « Ce que Taha et sa famille vivent se répète à travers tout le pays », insiste-t-il.
Ces dernières semaines, près de 2.900 enfants ont été examinés par les équipes nutritionnelles mobiles de l’UNICEF dans les zones où l’accès humanitaire est possible et sûr. Plus d’un sur quatre souffre de malnutrition aiguë, dont plus de 200 de malnutrition aiguë sévère. « Mais ce n’est là qu’un aperçu de l’ampleur réelle de la catastrophe », souligne M. Iyer.
A l’échelle de ce pays du Moyen-Orient, la situation était déjà alarmante avant la récente recrudescence des combats. Plus de 2,2 millions d’enfants de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition aiguë en 2026, dont plus d’un demi-million de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus meurtrière.
Certaines familles ont été déplacées jusqu’à six fois
Dans ce contexte déjà désastreux, l’accès aux soins de santé et aux traitements nutritionnels est perturbé. Pour trop de familles, la recherche de nourriture se fait désormais dans la fuite. Au cours des trois dernières semaines, près de 135.000 personnes – dont plus de 70.000 enfants – ont été contraintes de quitter leur foyer à l’intérieur du pays. 
La majorité d’entre elles se trouvent déplacées dans le gouvernorat de Taïz, au sud-ouest du pays, incapables de se rendre dans des zones plus sûres en raison des combats, des routes bloquées ou du manque de moyens de transport.
« Certaines familles ont été déplacées non pas une fois, ni deux fois, mais jusqu’à six fois », a précisé le responsable de l’UNICEF.
Au-delà du fait d’avoir été arrachés à leur foyer, trop d’enfants ont déjà payé le prix le plus lourd dans ce conflit. Depuis le 3 septembre, l’UNICEF a vérifié qu’au moins 15 enfants ont été tués et 14 blessés.
© HCR/ Gregory Doane Une jeune fille regarde Taïz, au Yémen, une ville encore marquée par le conflit.
Des enfants tués, blessés et privés d’école
Mais derrière chacun de ces enfants se cache un parent qui vit l’inimaginable : le chagrin, la peur ou l’angoisse de ne pas savoir. 
Et cette incertitude bouleverse aussi le quotidien de millions d’enfants yéménites. Au cours des dernières semaines, 243 écoles ont fermé ou suspendu leurs cours, affectant plus de 137.000 élèves. 
Face à l’urgence, l’agence onusienne renforce son intervention pour venir en aide à plus de 230.000 personnes, dont de nombreux enfants, avec des équipes mobiles de santé et de nutrition, un soutien aux établissements de santé, l’accès à l’eau potable et des services de protection de l’enfance.
Mais derrière ces chiffres, il y a des enfants comme Taha, qui « ne parlent pas de géopolitique ». 
« Ils posent des questions sur leur maison, demandent quand ils retrouveront leur école, ce qu’il est advenu de leurs proches et surtout où ils dormiront le soir venu », a rappelé M. Iyer.
A quatre ans, Taha a déjà dû fuir les combats. Mais selon l’UNICEF, ces questions ne devraient pas définir son enfance. Comme des millions d’enfants yéménites, il a déjà trop perdu dans ce conflit et ne devrait pas avoir à perdre davantage.

MIL OSI