Source: United Nations – in French 2
Headline: Mort suspecte liée à la peste en Russie : le risque reste faible, selon l’OMS
6 octobre 2026 Santé
Le décès d’une employée de laboratoire dans la région d’Irkoutsk, en Sibérie, fait l’objet d’analyses pour déterminer s’il pourrait être lié à la peste pulmonaire, a indiqué mardi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’agence sanitaire de l’ONU estime toutefois que le risque reste « faible » pour la Russie et « très faible » pour l’Europe.
L’OMS a indiqué avoir pris contact avec les autorités sanitaires russes après le décès d’une laborantine travaillant à l’Institut de lutte contre la peste dans l’oblast d’Irkoutsk.
« Les autorités cherchent à déterminer si la peste pulmonaire est à l’origine de son décès », a déclaré à la presse à Genève un porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier.
Il a précisé que la défunte travaillait dans « un institut qui étudie des agents pathogènes dangereux, dont la peste, dans une région de Sibérie où la peste est présente à l’état naturel chez les animaux sauvages ».
Aucun agent pathogène détecté chez les contacts
À ce stade, aucune cause de décès n’a été officiellement confirmée et des analyses de laboratoire sont en cours, a précisé M. Lindmeier.
L’OMS a contacté les autorités russes afin de vérifier les circonstances du décès, les analyses réalisées et leurs résultats, ainsi que l’état de santé des personnes ayant été en contact avec la défunte.
Selon les informations communiquées mardi par les autorités sanitaires russes, « aucun agent pathogène responsable de maladies infectieuses dangereuses n’a été détecté chez les personnes ayant été en contact avec la défunte ».
La maladie « s’était initialement manifestée comme une infection virale respiratoire aiguë typique », selon ce même message.
Les contacts ont été identifiés et font l’objet d’une surveillance, a ajouté le porte-parole de l’OMS. « Aucun d’entre eux n’a présenté à ce jour de symptômes de la maladie », a-t-il précisé.
L’OMS avait commencé à suivre la situation le 2 octobre, après avoir pris connaissance d’informations faisant état d’un décès qui pourrait être lié à la peste pulmonaire dans l’oblast d’Irkoutsk. Le lendemain, elle a sollicité des informations supplémentaires auprès des autorités russes, conformément au Règlement sanitaire international.
Un risque jugé « très faible » en Europe
Sur la base des informations actuellement disponibles, « l’évaluation initiale des risques réalisée par l’OMS […] indique que le risque est modéré à faible pour Irkoutsk, faible pour la Fédération de Russie dans son ensemble et très faible pour la région européenne », a déclaré M. Lindmeier.
Cette évaluation pourra être révisée en fonction des nouvelles informations disponibles, a-t-il ajouté.
L’OMS poursuit sa surveillance et se tient « prête à apporter son soutien aux autorités russes si celles-ci en font la demande ».
Une maladie aujourd’hui traitable
La peste est une maladie infectieuse causée par la bactérie Yersinia pestis, qui circule principalement chez les petits mammifères et leurs puces. Elle peut être transmise à l’être humain par les animaux infectés ou leurs puces.
La peste pulmonaire est la forme la plus virulente de la maladie. Ses symptômes peuvent apparaître rapidement, parfois dans les 24 heures suivant l’infection, et elle peut se transmettre d’une personne à l’autre par des particules respiratoires. Sans diagnostic et traitement rapides, elle peut être mortelle.
Lorsqu’elle est détectée et traitée précocement, notamment dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes, les chances de guérison sont toutefois élevées.
La peste peut également prendre une forme septicémique, lorsque l’infection se propage dans la circulation sanguine. Sans traitement, cette forme peut provoquer de graves complications et être mortelle.
Si la peste a provoqué certaines des pandémies les plus meurtrières de l’histoire, elle peut aujourd’hui être traitée efficacement avec des antibiotiques, lorsqu’elle est diagnostiquée suffisamment tôt.
Selon l’OMS, la maladie est présente sur tous les continents à l’exception de l’Océanie. Depuis les années 1990, la majorité des cas humains ont été signalés en Afrique, notamment en République démocratique du Congo et à Madagascar. Le Pérou figure également parmi les pays où la peste reste endémique.
