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La Méditerranée orientale, épicentre des besoins humanitaires mondiaux

La Méditerranée orientale, épicentre des besoins humanitaires mondiaux

Source: United Nations – in French 2
Headline: La Méditerranée orientale, épicentre des besoins humanitaires mondiaux
14 octobre 2026 Santé

Sur fond de conflits, de déplacements forcés, et d’attaques contre les structures de santé, la Méditerranée orientale compte plus de 117 millions de personnes ayant besoin d’aide humanitaire. Cet « épicentre des besoins humanitaires mondiaux » subit aussi les conséquences des coupes budgétaires sur ses systèmes de santé. Le chef de l’OMS a lancé l’alerte lors de la 73ᵉ session du Comité régional de l’organisation.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aucune autre région ne connaît autant de conflits. Ces crises prolongées déplacent massivement les populations et entravent l’accès aux soins.
« Cette région a enregistré plus d’attaques contre des établissements de santé, des professionnels de santé et des patients que toute autre », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. La Région de la Méditerranée orientale de l’OMS regroupe 21 États Membres ainsi que la Palestine.
À Gaza, au Soudan, au Yémen, au Liban et en Afghanistan, les équipes de l’OMS continuent d’intervenir, souvent au péril de leur vie. Elles soutiennent les systèmes de santé, les services médicaux et les soignants. Elles acheminent aussi des fournitures essentielles.
© OMS/Lindsay Mackenzie L’OMS soutient les agents de santé soudanais en leur fournissant des médicaments essentiels, du matériel chirurgical et de traumatologie, ainsi que du carburant pour maintenir les services de santé.

Coupes budgétaires
Mais l’aide médicale seule ne peut résoudre la crise. « Le meilleur remède, c’est la paix », a rappelé le Dr Tedros. La fin des conflits reste essentielle à l’amélioration de la situation sanitaire dans la région.
Le manque de financements fragilise aussi la réponse. « Le financement humanitaire reste insuffisant. Et de nombreux pays sont confrontés à des contraintes budgétaires croissantes au niveau national », a ajouté le chef de l’OMS. Plusieurs pays ont subi des coupes « soudaines et sévères ».
Près de 2 000 établissements de santé ont été touchés dans la région. Certains ont réduit leurs activités. D’autres ont fermé leurs portes. Des programmes ont été revus à la baisse. Les services essentiels sont sous pression, alors que les besoins restent considérables.
Ces coupes ont des conséquences directes pour les patients. Lorsqu’un établissement ferme, des femmes enceintes peuvent perdre l’accès à des soins spécialisés pendant leur grossesse et leur accouchement, a souligné le Dr Tedros.

Des vies en souffrance
La suspension des programmes de proximité prive des enfants de vaccinations et de services nutritionnels. Le manque de médicaments essentiels menace, quant à lui, la continuité des traitements contre le diabète, l’hypertension, le cancer et d’autres maladies chroniques.
Derrière ces restrictions budgétaires, il y a des vies humaines : une mère qui cherche à faire soigner son enfant, un patient qui a besoin d’insuline, une famille déplacée par un conflit ou une communauté frappée par une catastrophe.
« Pour eux, le financement n’est pas un débat abstrait. Il détermine si les services essentiels sont disponibles lorsqu’ils en ont besoin », a souligné le chef de l’OMS. Dans ces conditions, maintenir un financement durable de la santé est essentiel, non seulement pour répondre aux urgences, mais aussi pour renforcer la stabilité, favoriser la paix et préserver la dignité humaine.
© OMS Pakistan/Hamid Inam Campagne de vaccination contre la poliomyélite à Rawalpindi, au Pakistan.
Des progrès majeurs en santé maternelle et infantile
Malgré ces contraintes financières et les crises qui persistent, la Méditerranée orientale enregistre aussi des avancées sanitaires, témoignant des efforts déployés par les pays pour améliorer la santé de leurs populations.
Au cours de l’année écoulée, les États de la région ont continué d’améliorer la santé et le bien-être de leurs populations, souvent dans des conditions particulièrement difficiles, et franchi des étapes importantes dans l’élimination de certaines maladies. La région a également enregistré des avancées durables : depuis 2000, la mortalité maternelle a diminué de plus de moitié et celle des enfants de moins de cinq ans a considérablement reculé.

Depuis 2000, la mortalité maternelle a diminué de plus de moitié

Pour consolider ces acquis et répondre aux défis persistants, le directeur général de l’OMS a appelé les États membres à concentrer leurs efforts sur trois priorités qui sont conformes aux objectifs du 14ᵉ Programme général de travail de l’OMS. 
Il s’agit ainsi de promouvoir la santé, en renforçant la prévention. Cela implique notamment de réduire le tabagisme, les risques liés à l’alimentation et la pollution atmosphérique, responsables de nombreuses maladies non transmissibles. La prévention passe également par la réduction des décès évitables chez les mères et les enfants, la vaccination de tous les enfants et un meilleur accès aux services de santé.
La deuxième priorité vise à garantir l’accès aux soins, grâce à des systèmes de santé solides, équitables et résilients. Le Dr Tedros a notamment souligné le rôle essentiel des soins de santé primaires pour progresser vers la couverture sanitaire universelle.
Enfin, le chef de l’OMS a appelé à protéger la santé face à des menaces persistantes et évolutives. Alors que les conflits se prolongent et que les épidémies continuent de survenir, la préparation doit rester une priorité. Les pays doivent renforcer leurs capacités pour faire face non seulement aux prochaines épidémies, mais aussi à l’ensemble des menaces susceptibles d’affecter la santé et le bien-être de leurs populations.

MIL OSI