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À Samarcande, un sommet pour changer la vie des enfants

À Samarcande, un sommet pour changer la vie des enfants

Source: United Nations – in French 2
Headline: À Samarcande, un sommet pour changer la vie des enfants
21 octobre 2026 Développement durable

Face aux conflits, à la pauvreté et au dérèglement climatique, investir dans la santé, l’éducation et la protection des enfants est plus urgent que jamais. Réunis à Samarcande, en Ouzbékistan, plus de 600 participants venus de plus de 100 pays cherchent des solutions pour garantir à chaque enfant les conditions nécessaires à son épanouissement.

Le Sommet mondial « Investir dans le bien-être des enfants », organisé sous l’égide des Nations Unies, s’est ouvert mercredi avec un objectif : faire du bien-être des enfants une priorité concrète des politiques publiques et des investissements, dans un monde confronté à des crises multiples.
La santé, l’accès à l’éducation, la protection contre la violence, le soutien familial et l’accès aux services essentiels sont autant de facteurs déterminants pour permettre aux enfants de grandir et de réaliser leur potentiel.
UN News La place historique du Registan à Samarcande, en Ouzbékistan.
Des progrès fragilisés par les crises
Dans un message adressé au sommet, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rappelé qu’« investir dans les enfants, c’est investir dans l’avenir ». Son message a été lu à l’ouverture par Sabine Mahl, Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Ouzbékistan.
Le chef de l’ONU a toutefois averti que les progrès accomplis en matière de bien-être des enfants étaient menacés. Les conflits, les difficultés économiques, les urgences sanitaires, la pauvreté et les chocs climatiques exposent particulièrement les enfants les plus vulnérables.
Dans le même temps, l’aide humanitaire et au développement diminue, tandis que les pays en développement restent confrontés à un lourd fardeau de la dette. Pour António Guterres, la réponse doit donc dépasser les programmes isolés et reposer sur des systèmes capables de fonctionner ensemble pour répondre aux besoins des enfants.
Des engagements aux résultats concrets
Prenant la parole devant les participants, Khalilur Rahman, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, a appelé les gouvernements à transformer leurs engagements en améliorations tangibles dans la vie quotidienne des enfants.
« Un objectif n’a de sens que lorsqu’un enfant mange, apprend, reçoit des soins et rentre chez lui sain et sauf », a-t-il déclaré.
Alors que seuls 36 % des cibles évaluables des Objectifs de développement durable (ODD) sont en bonne voie ou progressent de manière modérée, il a exhorté les pays à accélérer leur action collective plutôt qu’à revoir leurs ambitions à la baisse.
Il a défini quatre priorités : placer les besoins des enfants avant les considérations administratives, adapter les services et la protection sociale à leurs besoins, atteindre les populations les plus marginalisées et traduire les engagements politiques en financements, en responsabilités clairement définies et en échéances précises.
Il a également plaidé pour une transformation numérique centrée sur les enfants, afin que l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies élargissent leurs possibilités tout en les protégeant contre l’exploitation, la discrimination, la manipulation et les atteintes à la vie privée.
Les progrès, a-t-il insisté, ne doivent pas être mesurés uniquement à l’aune des moyennes nationales, mais aussi en fonction de la réduction des inégalités touchant les enfants vivant dans la pauvreté, les enfants handicapés, ceux qui sont déplacés ou ceux qui subissent les conséquences des conflits et des catastrophes climatiques.
Le Président de l’Assemblée générale a notamment appelé les gouvernements à inscrire leurs engagements dans leurs budgets nationaux. « Une déclaration ne peut vacciner un enfant. Une promesse ne peut payer un enseignant. Des applaudissements ne peuvent acheter des médicaments contre le cancer », a-t-il lancé.
« Un avertissement sérieux »
Organisé par le gouvernement ouzbek avec le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants, l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Banque mondiale, le sommet réunit des responsables politiques, des universitaires, des experts, des représentants de la société civile et du secteur privé, ainsi que des enfants et des adolescents.
La Première dame d’Ouzbékistan, Ziroat Mirziyoyeva, a alerté sur les conséquences de la forte diminution de l’aide humanitaire internationale. Selon les projections d’experts qu’elle a citées, le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans devait augmenter en 2025 pour la première fois au cours de ce siècle.
« C’est un grave avertissement pour nous tous », a-t-elle affirmé.
Elle a également rappelé qu’un milliard d’enfants grandissent dans les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique, soulignant l’ampleur des défis auxquels sont confrontées les jeunes générations.
L’Ouzbékistan mise sur le bien-être des enfants
En Ouzbékistan, où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, le bien-être des enfants figure parmi les priorités nationales. Les réformes engagées, avec le soutien des agences des Nations Unies, visent notamment à renforcer les services sociaux et à améliorer l’accès à l’éducation préscolaire.
Selon Sabine Mahl, le taux de scolarisation préscolaire est passé de 27 % en 2017 à 78 % en 2026.
Plus de 10 000 enfants handicapés fréquentent désormais des écoles ordinaires, tandis qu’environ 1,5 million de familles bénéficient d’une aide sociale. L’UNICEF fait également état d’une forte diminution de la proportion d’enfants vivant dans la pauvreté monétaire, notamment grâce aux dispositifs de soutien social mis en place par les autorités.
En 2025, le pays a adopté une loi destinée à protéger les enfants contre toutes les formes de violence, ainsi qu’une stratégie d’action couvrant la période 2026-2030.
Cancer infantile : réduire les inégalités d’accès aux soins
Le sommet accueille également le deuxième Congrès international sur le cancer infantile, intitulé « De la guérison au bien-être », consacré à l’oncologie et à l’hématologie pédiatriques.
Les inégalités d’accès aux traitements restent considérables. Selon l’OMS, plus de 80 % des enfants atteints d’un cancer guérissent dans les pays à revenu élevé, contre moins de 30 % dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire.
Dans son message, António Guterres a dénoncé une « inégalité inacceptable, alimentée par des investissements insuffisants et des services sociaux défaillants ».
Chaque année, environ 400 000 enfants et adolescents dans le monde reçoivent un diagnostic de cancer. L’OMS s’est fixé pour objectif de porter le taux de survie mondial à 60 % d’ici à 2030.
Mais le bien-être des jeunes patients ne se limite pas à leur prise en charge médicale. À Tachkent, l’établissement Mehrli Maktab, dont le nom signifie « école bienveillante » en ouzbek, permet aux enfants de 2 à 18 ans de poursuivre leur scolarité pendant leurs longs traitements au sein du Centre médical scientifique et pratique d’oncologie, d’hématologie et d’immunologie pédiatriques.
Mathématiques, informatique, électronique, musique et autres matières leur permettent de maintenir un lien avec l’apprentissage, de nouer des amitiés et de découvrir de nouveaux centres d’intérêt. Nombre d’entre eux reviennent après leur traitement pour retrouver leurs anciens camarades. Certains anciens élèves ont également participé au sommet afin de témoigner de leur expérience.
Cette place accordée à la parole des jeunes est au cœur de la démarche défendue par Najat Maalla M’jid, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants.
« Ils ont une voix, des idées, une expertise et un sentiment d’urgence », a-t-elle rappelé, appelant à faire des enfants non seulement les bénéficiaires des politiques publiques, mais aussi des acteurs à part entière des décisions qui façonnent leur avenir.

MIL OSI