Source: United Nations – in French 2
Headline: Sahara occidental : fin de la MINURSO, l’ONU demeure prête à soutenir les efforts de paix
1 novembre 2026 Paix et sécurité
Faute d’accord au Conseil de sécurité, la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a cessé ses opérations samedi à minuit, après 35 ans de présence. Le Secrétaire général réaffirme l’engagement des Nations Unies à aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
Le départ de la MINURSO « ne remet nullement en cause » le « droit inaliénable à l’autodétermination » du peuple du Sahara occidental, a souligné dimanche António Guterres dans une déclaration prononcée par son porte-parole.
Il appelle toutes les parties « à respecter et à promouvoir les droits du peuple du Sahara occidental ».
Vendredi, le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à s’entendre sur l’avenir de la mission. Un projet de résolution américain s’est heurté au veto de la Russie, tandis qu’un texte concurrent russe n’a pas recueilli les neuf voix nécessaires à son adoption.
Les opérations de la MINURSO ont pris fin, mais les Nations Unies continueront d’œuvrer en faveur d’un règlement pacifique par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura.
Un retrait ordonné
M. Guterres a salué le « rôle central » joué par la MINURSO depuis 1991 en contribuant à la surveillance du cessez-le-feu et à la création de conditions propices à la poursuite d’une solution politique.
Il a exprimé sa « plus profonde gratitude » au personnel de la mission, notamment au Représentant spécial du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Alexander Ivanko. M. Ivanko a dirigé la mission au cours d’une « période particulièrement complexe », à la suite de la reprise des hostilités en 2020.
Le Secrétaire général a également rendu hommage aux 20 membres du personnel de la MINURSO qui ont perdu la vie au cours des 35 années de déploiement de la mission dans le territoire.
À l’expiration de son mandat, la mission avait son quartier général à Laayoune et comptait neuf bases d’opérations, quatre à l’ouest du mur de sable et cinq à l’est, ainsi qu’un bureau de liaison à Tindouf.
Elle comptait environ 200 membres du personnel civil, observateurs militaires et officiers d’état-major originaires de plus de 35 pays, ainsi qu’une capacité spécialisée de lutte antimines.
Dimanche marque le début de la période de liquidation. Une équipe réduite relevant du Département de l’appui opérationnel des Nations Unies supervisera le transfert vers leurs pays respectifs des biens appartenant aux pays fournisseurs de contingents, ainsi que la cession ou l’élimination du matériel appartenant à l’ONU.
M. Guterres a appelé les parties à coopérer pleinement afin que ce processus soit mené à bien de manière ordonnée et dans les meilleurs délais.
Photo ONU/Martine Perret Un véhicule de la MINURSO patrouille dans la zone de Samara dans le cadre de la surveillance du cessez-le-feu au Sahara occidental.
« La plus grande retenue »
Le Secrétaire général demeure préoccupé par la situation sécuritaire dans l’ensemble du territoire et par le risque d’une escalade des hostilités.
Il a appelé toutes les parties concernées « à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute action susceptible d’accroître davantage les tensions ou de compromettre la stabilité régionale ».
Un Conseil divisé
Vendredi, devant le Conseil, le représentant des États-Unis a affirmé que le projet présenté par son pays aurait soutenu le principe de l’autodétermination et « fait avancer ce conflit vieux de 50 ans ». Il a jugé le statu quo inacceptable.
Pour expliquer le veto de son pays, le représentant russe a estimé que le texte aurait imposé des solutions partiales, qualifiant son vote de « veto salvateur, pour ainsi dire ».
La proposition russe, qui prévoyait de prolonger le mandat d’un an, jusqu’au 31 octobre 2027, n’a pas obtenu un soutien suffisant parmi les 15 membres du Conseil.
La MINURSO a été créée par la résolution 690 (1991) du Conseil, conformément aux propositions de règlement de l’ONU et de l’Organisation de l’unité africaine, acceptées en 1988 par le Maroc et le Front POLISARIO.
Ces propositions prévoyaient un référendum permettant au peuple du Sahara occidental de choisir entre l’indépendance et l’intégration au Maroc. Si ce référendum n’a jamais eu lieu, la MINURSO a continué d’exécuter les tâches que lui avait confiées le Conseil.
En 2007, le Maroc a présenté une proposition d’autonomie comme base de négociation, prévoyant que le territoire s’administre lui-même sous souveraineté marocaine.
La déclaration souligne enfin que, si les opérations de maintien de la paix de la MINURSO ont pris fin, « les Nations Unies demeurent prêtes à poursuivre leur soutien aux efforts visant à faire progresser le dialogue et à parvenir à un règlement pacifique du conflit ».
