Source: United Nations – in French 2
Headline: Accord sur les pandémies : le partage des agents pathogènes au cœur des négociations finales
2 novembre 2026 Santé
Après l’adoption de l’Accord de l’OMS relatif aux pandémies et de la Déclaration politique de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies, le chef de l’agence sanitaire mondiale a appelé les États membres à finaliser l’annexe consacrée au système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages (PABS), dernière étape avant la mise en œuvre de l’accord.
Pour le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, le mécanisme PABS constitue la pièce maîtresse de l’Accord sur les pandémies. « Le PABS est plus qu’une pièce du puzzle : c’est la clé qui ouvrira la porte vers un avenir plus sûr, en rendant possibles toutes les initiatives que j’ai décrites », a-t-il déclaré.
S’exprimant à l’ouverture de la neuvième réunion du Groupe de travail intergouvernemental sur l’Accord de l’OMS relatif aux pandémies, le Dr Tedros a souligné que cette dernière étape ne pourrait être franchie que grâce à un effort collectif. Il a notamment rappelé les mesures engagées depuis la pandémie de Covid-19 pour consolider les différents piliers de la sécurité sanitaire mondiale.
WHO/Christopher Black Une vue de la réunion de l’Organe intergouvernemental de négociation (OIN) de l’OMS (photo d’archives).
Ebola rappelle l’urgence de la coopération internationale
Pour le chef de l’OMS, l’enjeu dépasse les considérations juridiques et procédurales : il s’agit avant tout de protéger les populations. Un agent pathogène détecté dans un pays peut rapidement représenter une menace pour le monde entier. Les épisodes d’hantavirus signalés plus tôt cette année, ainsi que l’épidémie d’Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC), illustrent, selon lui, l’urgence d’une coopération internationale.
« Aucun pays ne peut se protéger seul contre les pandémies. La Covid-19 nous a montré ce qui se passe lorsque le partage des agents pathogènes et l’accès aux outils permettant de sauver des vies ne vont pas de pair », a-t-il insisté.
Saluant « l’esprit constructif » qui a marqué les réunions informelles, le Dr Tedros a exhorté les États membres à préserver cette dynamique dans la dernière ligne droite des négociations. Il a reconnu que plusieurs questions délicates restaient à trancher, tout en les invitant à privilégier un mécanisme opérationnel, fondé sur l’équité et susceptible d’être amélioré à l’épreuve de l’expérience, plutôt que de chercher à concevoir « un système parfait pour l’éternité ».
Il a également appelé les délégations à faire prévaloir l’esprit de coopération et à dépasser les divergences pour parvenir à un compromis.
Un plaidoyer pour le multilatéralisme
Pour parvenir à un accord au cours de ces deux semaines de négociations décisives, le directeur général de l’OMS a rappelé que, malgré ses difficultés, le multilatéralisme restait la seule voie pour faire face aux menaces sanitaires mondiales.
« Le multilatéralisme et la souveraineté ne s’excluent pas mutuellement, ils se renforcent mutuellement », a-t-il affirmé. Les délégués sont réunis en tant que représentants d’États souverains, a-t-il rappelé, mais aussi avec la conscience qu’aucun pays ne peut répondre seul à une menace commune. C’est cette coopération qui permettra de bâtir une solution durable et de mieux protéger les générations futures.
Le Dr Tedros a ainsi exhorté les délégations à aborder les discussions avec la volonté d’aboutir. Il les a notamment invitées à distinguer les principes auxquels elles ne peuvent renoncer des points sur lesquels des compromis restent possibles : « Soyez clairs sur ce que vous ne pouvez pas accepter, et soyez prêts à faire preuve de souplesse sur le reste ».
Enfin, il a appelé les négociateurs à placer la santé publique au centre de leurs travaux. « Le véritable test pour cette annexe sera de déterminer si elle permettra au monde de réagir plus rapidement et de manière plus équitable lorsque la prochaine menace pandémique se présentera », a-t-il fait valoir.
