Source: United Nations – in French 2
Headline: « Ils méritent de connaître la vérité » : l’ONU exige une enquête sur la mort d’un employé détenu par les Houthis
1 novembre 2026 Paix et sécurité
Le chef des droits de l’homme de l’ONU a exigé samedi une enquête indépendante sur la mort d’un collègue yéménite détenu par les rebelles houthis depuis plus de deux ans, dont la famille n’a appris le décès que plusieurs semaines après les faits.
Mohammad el Shami, membre du personnel du Bureau des droits de l’homme des Nations Unies au Yémen, était détenu arbitrairement par les autorités de facto houthies depuis le 6 juin 2024. Selon sa famille, il est décédé il y a plus d’un mois, mais elle n’en a été informée que récemment.
« La famille de Mohammad n’a reçu aucune explication sur la cause ou les circonstances de sa mort ; ils méritent de connaître la vérité », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, qualifiant cette perte de dévastatrice.
« Une effroyable tragédie » : Guterres
Dans une déclaration publiée samedi soir, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a joint sa condamnation sans réserve de ce décès, soulignant que « les circonstances entourant cette effroyable tragédie restent floues ».
« Depuis sa détention en juin 2024, les autorités de facto houthies n’ont fourni ni informations sur son état de santé ni preuve de vie, malgré les demandes répétées des Nations Unies. Les Nations Unies cherchent de toute urgence à obtenir des autorités de facto des réponses sur les circonstances de sa mort. »
M. Guterres a appelé à une enquête immédiate, impartiale, transparente et approfondie.
Reddition de comptes
M. Türk a appelé les Houthis à communiquer l’ensemble des dossiers médicaux et de détention pertinents, à préserver les éléments de preuve et à permettre un examen indépendant de toute cause de décès avancée. « Les actes répréhensibles doivent donner lieu à une reddition de comptes », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Il s’est dit gravement préoccupé par le sort du personnel de l’ONU toujours détenu, dont sept collègues de son propre Bureau, ainsi que des travailleurs humanitaires et des membres de la société civile détenus. Il a de nouveau appelé à leur libération immédiate et inconditionnelle.
M. el Shami aurait été arrêté lors d’une vague de raids menés par les Houthis en juin 2024, au cours de laquelle 13 membres du personnel de l’ONU avaient été appréhendés.
À la mi-octobre, l’ONU indiquait que 71 membres de son personnel étaient détenus par les Houthis. En juin, le Bureau du Secrétaire général avait annoncé qu’un collègue de l’ONU était déjà mort en détention.
Lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité le 9 octobre, l’Envoyé spécial de l’ONU, Hans Grundberg, a indiqué que de nombreux détenus souffraient de graves problèmes de santé, ce qui rendait leur libération d’autant plus urgente.
« En aucun cas le personnel de l’ONU ne peut être détenu, et encore moins inculpé, pour avoir accompli son travail essentiel au service du peuple yéménite », avait déclaré M. Türk en mars.
Retour à une guerre totale
Le Yémen est en guerre depuis 2014. Les combats opposent les rebelles houthis au gouvernement reconnu par la communauté internationale, basé à Aden. Les Houthis contrôlent une grande partie du nord et de l’ouest du pays, dont la capitale Sanaa.
Le calme relatif qui avait suivi une trêve négociée par l’ONU en 2022 a volé en éclats. Le 9 octobre, M. Grundberg a déclaré au Conseil de sécurité que le Yémen avait « replongé dans une guerre totale, les hostilités s’étendant sur de multiples lignes de front ».
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) indique que plus de 22 millions de personnes ont besoin d’aide cette année.
« En détenant nos collègues, les autorités de facto compromettent gravement notre capacité à soutenir la population du Yémen au cœur d’une crise humanitaire et des droits de l’homme des plus graves », a déclaré M. Türk. « Je les exhorte à changer de cap ».
