Source: African Press Organisation in French
Source: Africa Press Organisation – French
Pour Baindu, âgée de neuf ans, jouer dehors avec les autres enfants se soldait souvent par un sentiment d’exclusion. La douleur et les difficultés engendrées par ses jambes arquées l’ont contrainte à passer la majeure partie de son enfance à l’intérieur, observant de loin les jeux auxquels elle aurait aimé participer.
À Kamasu, un village du district de Kenema en Sierra Leone, les enfants aident souvent leur famille dans les tâches quotidiennes, comme travailler aux champs, aller chercher de l’eau et préparer les repas. La moindre activité devenait un défi pour Baindu.
« Baindu était vraiment limitée par ses jambes. Elle ne pouvait ni aller chercher de l’eau, ni piler le riz, ni monter sur son lit. Elle avait besoin d’aide », explique sa grand-mère, Mamie.
Pour Baindu, parcourir de longues distances était extrêmement douloureux. Le trajet jusqu’à l’école représentait une véritable épreuve. Et une fois sur place, ce qui aurait dû être un lieu d’apprentissage et d’amitiés joyeuses devenait chaque jour une nouvelle source de souffrance.
« Chaque fois que j’allais à l’école, les gens se moquaient de moi et disaient : “Elle marche et ses jambes sont à l’envers. C’est pour ça que j’ai décidé d’arrêter d’aller à l’école », confie Baindu.
Mamie se souvient avoir constaté les jambes arquées de Baindu alors qu’elle n’était encore qu’un bébé. Au fil des années, l’état de la fillette s’aggravait, limitant sa mobilité et fragilisant sa confiance en elle. Les efforts pour trouver des solutions grâce à la médecine traditionnelle n’ont apporté aucune amélioration.
« Voir Baindu dans cet état, incapable de marcher correctement… me brisait le cœur », déclare Mamie.
La situation a enfin commencé à changer lorsque l’oncle de Baindu a entendu parler de Mercy Ships et des interventions chirurgicales gratuites et réalisées en toute sécurité que l’ONG proposait dans le cadre de sa mission en Sierra Leone. Il l’a aidée à s’inscrire pour l’opération, et Mamie a insisté pour l’accompagner à l’hôpital flottant.
« J’ai dit que si personne d’autre ne pouvait l’emmener, je le ferais moi-même. Tout ce que je voulais, c’était la voir tenir debout », commente-t-elle, déterminée à l’aider à saisir cette chance d’un avenir meilleur.
Une fois Baindu à bord du Global Mercy , les examens ont révélé qu’elle souffrait de la maladie de Blount. Également connue sous le nom de « tibia vara », cette affection perturbe la croissance de la partie supérieure du tibia, entraînant une courbure anormale de la jambe vers l’extérieur.
Si une légère courbure des jambes est fréquente chez les jeunes enfants et se corrige généralement d’elle-même au cours de leur croissance, la maladie de Blount, elle, peut s’aggraver progressivement. En l’absence d’un traitement adapté, elle risque d’entraîner des difficultés durables et un handicap.
« Elle est arrivée chez nous avec les jambes arquées. Sa jambe droite était la plus déformée, avec une déviation d’environ 60 degrés », explique le Dr Johannes Kolbe, chirurgien orthopédiste pédiatrique bénévole originaire d’Allemagne.
Évoquant l’état de Baindu, le Dr Kolbe précise : « On ne peut pas enrayer cette évolution sans intervention chirurgicale. »
L’opération de Baindu, destinée à corriger l’alignement de ses jambes, a duré trois heures et demie.
Mais elle n’était que le début de son parcours de rétablissement. Sa convalescence a nécessité de nombreuses séances de rééducation, avec des exercices destinés à renforcer ses muscles, à améliorer son équilibre et à l’aider à s’adapter à sa nouvelle mobilité.
« Au début, nous avons travaillé sur des exercices au lit, comme lever la jambe en l’air, toucher ses orteils et s’allonger sur le ventre », raconte Jaclyn Beaumont, une assistante de kinésithérapie bénévole américaine.
Baindu progressait, passant de premiers pas hésitants et d’exercices d’équilibre à la montée d’escaliers. Pour Mamie, voir sa petite-fille avec des jambes droites et marcher avec davantage d’assurance était une immense source de joie.
Après cinq mois à Freetown, Baindu et Mamie sont retournées dans leur village où leur famille et les habitants les ont accueillies dans une ambiance festive, avec chants et réjouissances.
En repensant à son chemin parcouru, Baindu a déclaré : « Je ne pensais pas qu’un jour mes jambes seraient droites. Je croyais que je garderais mes jambes arquées en grandissant. »
Ses rêves dépassent désormais ce qui lui semblait autrefois possible. « J’aimerais devenir médecin, car ce sont les médecins qui soignent les gens », confie-t-elle.
Distribué par APO Group pour Mercy Ships.
Pour plus d’information sur Mercy Ships, contactez :
international.media@mercyships.org
À propos de Mercy Ships :
Mercy Ships est une organisation humanitaire internationale qui déploie les deux plus grands navires-hôpitaux civils au monde, l’Africa Mercy® et le Global Mercy , pour fournir des soins chirurgicaux gratuits et de première qualité aux plus démunis. L’ONG internationale fondée sur des valeurs chrétiennes soutient également le développement durable des systèmes de santé des pays hôtes par la formation des professionnels de la santé et la construction d’infrastructures médicales.
Créé en Suisse en 1978 par Don et Deyon Stephens, Mercy Ships est intervenu dans 55 pays. À bord de ses navires, une moyenne de 2 500 bénévoles par an, issus de 70 pays, contribuent à l’œuvre de Mercy Ships. Des professionnels tels que chirurgiens, dentistes, personnel infirmier, formateurs dans le domaine de la santé, cuisiniers, marins, enseignants, ingénieurs… dédient leur temps et leurs compétences à cette cause.
Avec des bureaux dans 16 pays et un Centre opérationnel pour l’Afrique basé à Dakar, au Sénégal, Mercy Ships se met au service des nations en restaurant santé et dignité.
Pour de plus amples informations, visitez www.MercyShips.org et suivez @MercyShips sur les réseaux sociaux
