Source: United Nations – in French 2
Headline: Conseil de sécurité: situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne
(Le résumé complet de la réunion sera disponible ultérieurement.)
Séance mensuelle régulière consacrée à la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, avec le Coordonnateur spécial adjoint, Coordonnateur résident et humanitaire pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Muhannad Hadi.
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LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE
Exposé
M. Muhannad Hadi, Coordonnateur spécial adjoint et Coordonnateur résident au Bureau du Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a dit prendre la parole au nom de M. Tor Wennesland, Coordonnateur spécial en titre, expliquant qu’il ne pouvait être présent. Il a donc lu le texte de M. Wennesland.
Commençant son discours par un premier bilan de la grave situation dans la région, à Gaza et au Liban, M. Wennesland y lance un appel au cessez-le-feu et à la mise en place de cadres politiques et sécuritaires, en vue de la réalisation d’une solution à deux États.
Détaillant le contexte à Gaza, le Coordonnateur spécial s’alarme de la continuation des violences à l’approche de l’hiver. Alors que quelque 44 000 Palestiniens et 1 700 Israéliens et ressortissants étrangers ont été tués au cours des 13 mois du conflit, 101 Israéliens sont toujours détenus dans des conditions effroyables, déplore-t-il.
Ceci n’empêche pas une actuelle intensification « dévastatrice » des opérations de l’armée israélienne dans le nord de la bande, constate le Coordonnateur spécial. Il évoque notamment la mort récente de 36 Palestiniens dans la frappe d’un immeuble à Jabalia el Balad, ainsi que de 65 Gazaouites lors de frappes aériennes le 16 novembre. De même, il a mentionné les déplacements massifs de population, rappelant que depuis la reprise des opérations terrestres de l’armée israélienne le 6 octobre dernier, plus de 100 000 personnes ont été déplacées du nord vers le sud de la bande de Gaza. Enfin, il s’inquiète du pillage massif de fournitures humanitaires par des groupes armés palestiniens.
Sur le plan humanitaire, le Coordonnateur spécial lance un appel à la cessation des attaques contre le personnel et les convois humanitaires. Le niveau de l’aide autorisé à entrer à Gaza est largement insuffisant, constate-t-il. Pourtant, le succès de la campagne de vaccination contre la poliomyélite, dont plus d’un demi-million d’enfants ont bénéficié, montre ce qu’il est possible d’accomplir une fois réunies les bonnes conditions.
Face à une aide humanitaire essentielle au point mort, M. Wennesland exhorte Israël à remplir ses obligations en facilitant le passage de l’assistance dans toute la bande de Gaza, et appelle toutes les parties à respecter les règles de sécurité en matière d’acheminement. Finalement, il s’inquiète de l’érosion potentielle du territoire de Gaza, notamment du fait de la création par l’armée israélienne de ce qui semble être des zones tampons situées sur des terres agricoles. Il s’inquiète aussi des appels de certains ministres du Gouvernement israélien en faveur de l’implantation de colonies à Gaza.
M. Wennesland juge tout aussi inquiétante la dynamique en cours en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est et le niveau de la violence, que ce soit celle des forces israéliennes lors d’affrontements avec des Palestiniens armés, celle des attaques de colons israéliens contre les communautés palestiniennes en Cisjordanie, ou celle de la politique israélienne d’expulsion et de démolition de structures appartenant à des Palestiniens et d’expansion des colonies. Relevant que certains ministres israéliens appellent désormais ouvertement à l’annexion de la Cisjordanie occupée, le Coordonnateur spécial rappelle une nouvelle fois que l’annexion constitue une violation du droit international et doit être fermement rejetée.
Pour M. Wennesland, il est crucial de soutenir l’Autorité palestinienne politiquement et financièrement. Dans ce cadre, il s’inquiète de l’expiration prochaine de la dérogation qui permet au système bancaire israélien de coopérer avec les banques palestiniennes. Il appelle donc à la cessation de l’utilisation de ce renouvellement comme une menace d’instabilité économique, aux côtés d’autres mesures unilatérales qui compromettent la stabilité budgétaire de l’Autorité palestinienne.
Rappelant qu’il s’agit de son « dernier exposé devant le Conseil », M. Wennesland fait part ensuite de quelques « réflexions finales ». Il se montre très pessimiste, voyant dans les derniers développements dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, « un risque imminent de perdre les cadres dans lesquels nous opérons depuis 1967 et 1973, lorsque le Conseil de sécurité a adopté les résolutions visant à jeter les bases d’une paix juste et durable ».
M. Wennesland souligne aussi le rôle essentiel des Nations Unies et du Bureau du Coordonnateur spécial pour protéger les cadres que la communauté internationale et les parties elles-mêmes ont identifiés comme la base d’un avenir meilleur. Exhortant le Conseil et les États membres à se « prémunir contre cette situation et à éviter les pièges que nous connaissons trop bien », il appelle à traiter Gaza et la Cisjordanie dans leur ensemble, faisant partie intégrante de la vision d’un État palestinien indépendant et éviter de répéter les divisions politiques et administratives du passé; nous devons préserver l’Autorité palestinienne et ses institutions. « Nous devons créer l’espace pour une solution politique, pas violente », assène-t-il.
À défaut, et si les forces cherchant à saper la solution à deux États réussissent, « l’effondrement des principes et des structures institutionnelles pertinents auront un effet d’entraînement qui pourrait s’étendre largement au-delà du Moyen-Orient », avertit encore le Coordonnateur spécial.
