Source: African Development Bank Group in French
[PROTOCOLES]
Excellences,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames et Messieurs,
Bonjour à tous,
Je suis ravi de me joindre à vous aujourd’hui pour cette conférence de haut niveau consacrée aux petits exploitants agricoles.
Au nom du Groupe de la Banque africaine de développement, je tiens à exprimer notre profonde gratitude à notre hôte, Son Excellence le président William Ruto, à son gouvernement et au peuple kényan pour leur généreux soutien à l’organisation de cette conférence de haut niveau à Nairobi.
J’aurais aimé me joindre à vous hier pour les sessions qui se sont tenues dans le cadre de cette conférence de haut niveau, mais j’avais un engagement très important au palais d’État du Kenya. J’ai eu l’immense honneur hier de recevoir des mains de Son Excellence le président William Ruto les insignes de chef de l’ordre du Cœur d’or (C.G.H), la plus haute distinction nationale du Kenya.
Je souhaite exprimer une fois de plus ma profonde gratitude au président Ruto pour cet honneur exceptionnel, qui a été accordé avant moi à seulement 19 chefs d’État et de gouvernement et dirigeants internationaux depuis 1963.
Je suis particulièrement ravi que cette distinction m’ait été décernée le jour où les agriculteurs et les entreprises agro-industrielles d’Afrique sont réunis ici même à l’occasion d’une conférence de haut niveau sur le thème : « Accroître le financement des petits exploitants agricoles ».
Comme vous le savez, je suis un fervent défenseur des agriculteurs et des entreprises agro-industrielles d’Afrique. Je vous invite donc tous à vous joindre à moi pour remercier le président Ruto de ce grand honneur.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens à féliciter nos partenaires, l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et toutes les organisations partenaires qui ont travaillé sans relâche avec les équipes de la Banque africaine de développement pour organiser cette conférence de haut niveau.
Nous sommes réunis ici à Nairobi pour repositionner et élargir les opportunités des petits exploitants agricoles africains qui contribuent pour plus de 80 % à la production alimentaire du continent.
Je vais vous parler aujourd’hui du thème suivant : « Progrès accomplis depuis le Sommet « Dakar 2 – Nourrir l’Afrique » : portrait d’une réussite dans la construction de coalitions pour soutenir les petits exploitants agricoles afin de transformer les économies africaines ».
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
L’Afrique sera l’épicentre de l’alimentation mondiale, car 65 % des terres arables non cultivées dans le monde se trouvent en Afrique. Par conséquent, ce que l’Afrique fera de son agriculture déterminera l’avenir de l’alimentation dans le monde.
C’est dans le but de libérer le potentiel de l’Afrique à se nourrir elle-même, et à le faire avec fierté, que la Banque africaine de développement, en partenariat avec le gouvernement du Sénégal et l’Union africaine, a organisé le Sommet « Nourrir l’Afrique » (ou Dakar 2) en 2023.
« Atteindre la souveraineté et la résilience alimentaires » était le thème du Sommet Dakar 2. En présence de 34 chefs d’État et de gouvernement, Dakar 2 a démontré l’engagement politique des gouvernements à assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire en Afrique.
Nombre d’entre vous étaient présents !
Au cœur du Sommet Dakar 2, il y avait 41 boardrooms présidentielles qui ont lancé des Pactes nationaux pour l’alimentation et l’agriculture, définissant les objectifs nationaux de production, les politiques favorables, le soutien aux petits exploitants agricoles, le développement des infrastructures rurales et les solutions de financement innovantes.
Dakar 2 nous a donné un nouvel élan et a marqué un tournant dans la quête de sécurité alimentaire en Afrique grâce au pouvoir des partenariats et de la coopération.
Dakar 2 nous a montré le pouvoir des partenariats. Lors du Sommet « Dakar 2 – Nourrir l’Afrique », les partenaires du développement se sont engagés à verser 30 milliards de dollars pour soutenir les pactes, le Groupe de la Banque africaine de développement s’engageant, de son côté, à verser dix milliards de dollars.
Moins d’un an après ce sommet, les engagements financiers des partenaires du développement du monde entier ont atteint 72 milliards de dollars.
C’est sans précédent dans l’histoire de l’agriculture en Afrique !
Depuis lors, la Banque africaine de développement a fait d’énormes progrès dans la recherche commune du continent pour nourrir l’Afrique, en approuvant 77 opérations d’une valeur de 3,9 milliards de dollars pour soutenir la mise en œuvre des pactes dans 32 pays.
Cette année, la Banque africaine de développement prévoit d’approuver 1,72 milliard de dollars supplémentaires d’investissements dans des projets et des opérations fondés sur des politiques.
L’initiative phare de la Banque, Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine (TAAT), qui vise à doubler la production alimentaire en fournissant des technologies éprouvées à plus de 40 millions de petits exploitants agricoles d’ici à 2025, est au cœur des pactes.
La plateforme TAAT a fourni des variétés de blé résistantes à la chaleur, des variétés de maïs résistantes à la sécheresse et des variétés de riz à haut rendement, ainsi que des services de renforcement des capacités, de formation et d’autres services connexes à 25 millions d’agriculteurs du continent.
Les efforts menés conjointement avec nos partenaires ont permis d’augmenter la production agricole de l’Afrique d’environ 120 millions de tonnes de denrées alimentaires supplémentaires. Les technologies climato-intelligentes du TAAT ont permis de mobiliser un total de 1,7 milliard de dollars d’investissements, et environ 247 millions d’Africains bénéficient aujourd’hui d’une meilleure alimentation grâce au TAAT.
Le programme TAAT est également un élément clé de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de la Banque africaine de développement, dotée de 1,5 milliard de dollars et approuvée en 2022 pour éviter une crise alimentaire imminente en raison des tensions géopolitiques mondiales. Cette facilité est une initiative continentale visant à aider 20 millions de petits exploitants agricoles dans 35 pays à accéder à des semences certifiées et à des engrais pour produire 38 millions de tonnes de denrées alimentaires.
En décembre 2024, la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence avait livré 459 000 tonnes de semences et distribué 2,8 millions de tonnes d’engrais à 12,3 millions d’agriculteurs. Elle a soutenu la production de 37,6 millions de tonnes de denrées alimentaires supplémentaires en Afrique. Nous sommes en passe d’atteindre, voire de dépasser, l’objectif fixé il y a à peine deux ans.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Nous travaillons d’arrache-pied pour mettre les agriculteurs en relation avec les acheteurs, et pour accélérer la transformation et la valorisation des produits alimentaires et agricoles. Pour ce faire, nous développons et déployons des Zones spéciales de transformation agro-industrielle.
La Banque africaine de développement a engagé 934,51 millions de dollars dans les Zones spéciales de transformation agro-industrielle, auxquels s’ajoutent 938,27 millions de dollars de cofinancement de nos partenaires. Actuellement, nous avons 27 projets de Zones spéciales de transformation agro-industrielle en cours dans onze pays.
Cependant, malgré les nombreux progrès réalisés, l’un des domaines qui continue de poser problème aux agriculteurs, en particulier aux petits exploitants, et aux petites et moyennes entreprises agro-industrielles, est le manque d’accès au financement.
Nous observons un déficit de financement annuel de 75 milliards de dollars pour les agriculteurs et les petites et moyennes entreprises. Les données de 35 prêteurs ont révélé que les banques commerciales perçoivent des risques plus élevés et des rendements plus faibles lorsqu’elles prêtent aux petites et moyennes entreprises liées au secteur agricole.
Par conséquent, nous devons trouver des moyens efficaces de « dérisquer » les prêts aux agriculteurs et aux petites et moyennes entreprises. Cela peut se faire en absorbant les risques supplémentaires et en augmentant ainsi l’appétit des prêteurs pour le risque des prêteurs ainsi qu’en exerçant un effet de levier sur les financements extérieurs du secteur privé dans le secteur agricole.
Les trois principaux canaux d’investissement déployés efficacement par la Banque africaine de développement pour relever ces défis sont les suivants : (1) l’Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA), (2) le Mécanisme africain de financement du développement des engrais, et (3) le Programme de partage des risques des fournisseurs d’intrants.
Premièrement : en février 2025, le programme Affirmative Finance Action for Women in Africa avait approuvé un financement de 2,52 milliards de dollars pour plus de 24 000 entreprises africaines dirigées par des femmes. Ce résultat a été obtenu grâce à des partenariats avec l’Africa Guarantee Fund, qui travaille désormais avec plus de 185 institutions financières dans 44 pays africains.
Deuxièmement : le Mécanisme africain de financement du développement des engrais a mis en œuvre des projets de garantie de crédit commercial dans huit pays : la Tanzanie, le Nigéria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Zimbabwe, le Kenya, l’Ouganda et le Mozambique. La garantie de crédit commercial de 17,1 millions de dollars a été multipliée par 4,7, avec un effet de levier de 13 fois en Tanzanie. Elle a permis la distribution de 125 193 tonnes d’engrais d’une valeur de 62,8 millions de dollars, qui ont profité à 776 971 petits exploitants agricoles au cours des saisons 2019-2024. Ces projets ont également facilité l’accès au financement de plus de 126 entreprises agro-industrielles impliquées dans la distribution d’engrais, les femmes bénéficiaires représentant 36 % des projets du Mécanisme africain de financement du développement des engrais.
Et le troisième canal est le nouveau programme de partage des risques des fournisseurs d’intrants de 600 millions de dollars de la Banque africaine de développement. Ce programme vise à soutenir le développement de systèmes de marché d’intrants agricoles plus robustes en réduisant les risques liés à l’écosystème d’approvisionnement en intrants. Il se concentre sur l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Ghana et la Zambie. Dans un premier temps, il sera mis en œuvre grâce au déploiement d’un mécanisme de partage des risques soutenu par l’instrument de garantie partielle de crédit de la Banque, afin d’attirer des ressources du secteur privé et des donateurs pour le développement d’un système de marché durable pour les intrants agricoles.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
La Banque africaine de développement travaille, en outre, avec Mastercard et d’autres partenaires à la mise en place de MADE Alliance Africa (Mobiliser l’accès à l’économie numérique). L’engagement de la Banque pour la première phase de l’initiative comprend 300 millions de dollars pour les cinq premières années de programmation de MADE Alliance Africa. Grâce à cette initiative, la Banque africaine de développement compte faire entrer trois millions d’agriculteurs du Kenya, de Tanzanie et du Nigéria dans l’économie numérique.
J’ai le plaisir de vous informer que nous allons consulter le conseil d’administration de la Banque africaine de développement afin de mettre en place une facilité de 500 millions de dollars pour débloquer 10 milliards de dollars de financement en faveur des petits exploitants agricoles et des petites et moyennes entreprises agro-industrielles.
Cela inclura le recours à des garanties de crédit commercial, à une couverture de première perte, à des financements mixtes et à des incitations à l’origination qui permettront de couvrir les coûts de transaction élevés des entreprises prestataires, ainsi qu’une assistance technique.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Du Sommet « Dakar 2 – Nourrir l’Afrique » à la conférence de ce jour à Nairobi « Accroître le financement des exploitants agricoles », nous sommes sur le point d’entrer dans l’histoire en repoussant les limites de l’innovation et en établissant de vastes alliances de collaboration pour accélérer l’action visant à combler le déficit de financement auquel sont confrontés les petits exploitants agricoles et les petites et moyennes entreprises agro-industrielles.
La Banque africaine de développement reste pleinement engagée à collaborer avec l’Organisation panafricaine des agriculteurs et ses organisations agricoles affiliées, ainsi qu’avec les partenaires du développement et les institutions financières, afin de débloquer pleinement les financements pour les petits exploitants agricoles et les petites et moyennes entreprises agro-industrielles.
Ensemble, élargissons l’accès au financement à grande échelle pour les agriculteurs et les petites et moyennes entreprises agro-industrielles.
Ensemble, apportons un soutien politique fort aux agriculteurs !
L’Afrique ne doit jamais abandonner ses agriculteurs !
Ensemble, libérons le potentiel de l’agriculture en Afrique !
Faisons de l’Afrique le grenier du monde !
Et ensemble, nourrissons l’Afrique, avec fierté !
Je vous remercie.
