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Des experts appellent à une collaboration plus étroite pour stimuler le financement des petits exploitants agricoles

Des experts appellent à une collaboration plus étroite pour stimuler le financement des petits exploitants agricoles

Source: African Development Bank Group in French

Des experts en politique agricole ont appelé à une collaboration plus étroite entre les banques commerciales et les agriculteurs, ainsi qu’à l’adoption de plateformes numériques de qualité dans le cadre d’efforts renouvelés pour améliorer l’accès des petits exploitants au financement.

Lors de la conférence « Accroître le financement des petits exploitants agricoles en Afrique » qui s’est tenue à Nairobi, au Kenya, les 17 et 18 mars 2025, les parties prenantes ont reconnu les progrès réalisés pour stimuler la croissance du secteur agricole, mais ont noté que l’obtention de financements pour les petits exploitants agricoles restait un défi important. La conférence était organisée par la Banque africaine de développement, conjointement avec l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et le gouvernement kenyan.

Giovanni Munoz, responsable du service Afrique orientale et australe au Centre d’investissement de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a noté que de nombreux agriculteurs en Afrique peinent à obtenir des crédits auprès des banques commerciales et des intermédiaires financiers en raison de l’absence d’organisations de producteurs solides.

« Dans les régions où les agriculteurs font progresser l’agriculture grâce à des organisations solides, ils peuvent accéder à des financements à des taux préférentiels, bénéficier d’économies d’échelle et d’un pouvoir de négociation plus fort lors de l’achat d’intrants agricoles », a déclaré M. Munoz lors d’une table ronde sur les possibilités de financement et d’investissement du côté de l’offre.

Il a souligné la nécessité d’un renforcement des capacités à long terme pour permettre aux organisations de producteurs de soutenir efficacement les petits exploitants agricoles. « Ces organisations doivent pouvoir se développer de manière organique afin de relever les défis de la chaîne de valeur et avoir l’élan nécessaire pour concurrencer les géants du marché mondial », a déclaré M. Munoz. Il a cité les grandes coopératives agricoles européennes comme modèle pour l’Afrique. Celles-ci contrôlent les chaînes de valeur dans des secteurs tels que l’hôtellerie, la boulangerie, la production alimentaire et l’agroalimentaire.

Des experts discutent des différentes manières de renforcer la collaboration pour améliorer l’accès au financement des petits exploitants agricoles.

Heike Harmgart, directrice générale pour l’Afrique subsaharienne à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, a souligné que le financement des petits exploitants pouvait être efficacement canalisé par l’intermédiaire d’agrégateurs. « Les banques commerciales doivent approfondir leur compréhension des petits exploitants agricoles afin de pouvoir améliorer leur accès au financement. Les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, sont souvent mal compris par les financiers, ce qui conduit à des refus de financement et à une perception par les banques commerciales d’emprunteurs à haut risque », a-t-elle déclaré.

Pour remédier à cette situation, Mme Harmgart a exhorté les intermédiaires financiers à créer des mécanismes d’atténuation des risques pour le financement de l’agriculture. « Ce faisant, les banques commerciales et les autres acteurs financiers peuvent augmenter le financement des petits exploitants agricoles. Dans plusieurs pays, les banques s’associent à des coopératives de crédit pour élargir l’accès des agriculteurs au financement, augmentant ainsi les possibilités de financement. »

Marie Claire Kalihangabo, coordinatrice du Mécanisme africain de financement du développement des engrais, a souligné l’importance des outils numériques pour stimuler l’accès des petits exploitants agricoles au financement. « La mise en relation des agriculteurs avec les systèmes numériques pour l’achat d’engrais, de semences et d’accessoires phytosanitaires, ainsi que leur mise en relation avec les marchés, a accru la demande de financement des petits exploitants agricoles. Ces innovations devraient être priorisées par les acteurs de la chaîne de valeur », a-t-elle déclaré.

Les petits exploitants agricoles et les PME constituent l’épine dorsale du secteur agricole africain, représentant 80 % de la production alimentaire du continent et assurant la subsistance de millions de ménages ruraux. Cependant, un déficit de financement annuel substantiel de 75 milliards de dollars persiste, estime la Banque africaine de développement.

Pour y remédier, le président de la Banque, Akinwumi Adesina, a annoncé son intention de créer un fonds de 500 millions de dollars destiné à débloquer 10 milliards de dollars de financement pour les petits exploitants agricoles et les PME agro-industrielles, renforçant ainsi l’engagement de l’institution à consolider le financement de l’agriculture en Afrique.

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MIL OSI