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Nos relations avec nos animaux de compagnie en révèlent beaucoup sur nous. Les professionnels de la santé mentale doivent en prendre bonne note

Nos relations avec nos animaux de compagnie en révèlent beaucoup sur nous. Les professionnels de la santé mentale doivent en prendre bonne note

Source: The Conversation – in French – By Renata Roma, Postdoctoral Fellow, Center of Behavioural Sciences and Justice Studies/Pawsitive Connections Lab, University of Saskatchewan

Les animaux de compagnie jouent un rôle de plus en plus important dans nos vies. Les professionnels de la santé mentale qui n’en tiennent pas compte risquent de manquer une occasion de bien évaluer la situation de leurs patients. (Shutterstock)

Les animaux domestiques font désormais partie intégrante de la vie des gens. Certaines personnes ont un lien plus fort avec leur animal qu’avec leur fratrie ou d’autres membres de leur famille. On peut ressentir plus d’empathie envers son animal qu’envers des humains.

Selon un sondage, près de 90 % des Canadiens considèrent les animaux de compagnie non seulement comme faisant partie de la famille, mais aussi comme une source essentielle de soutien émotionnel.

En tant que chercheuses intéressées par la psychologie des rapports entre humains et animaux, nous pensons que ces résultats montrent qu’il est impératif de comprendre comment la relation avec les animaux domestiques façonne les habitudes des gens, leur perception d’eux-mêmes, leur état émotionnel et leur capacité à surmonter différentes situations.

Poser des questions sur les animaux de compagnie peut se révéler utile pour les professionnels de la santé mentale qui souhaitent mieux saisir la dynamique familiale de leurs clients. En explorant le rôle que les animaux y jouent, ils peuvent obtenir des informations précieuses sur les facteurs qui influencent le bien-être d’une personne.




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Inclure les animaux de compagnie pour une approche centrée sur le client

En adoptant une approche centrée sur le client, les thérapeutes doivent comprendre et reconnaître les perspectives d’une personne. L’objectif est de travailler avec elle pour découvrir ce qui façonne ses expériences, sa vision du monde, ses forces et ses systèmes de soutien.

Poser des questions sur les animaux de compagnie peut se révéler utile pour les professionnels de la santé mentale qui souhaitent mieux cerner la dynamique familiale de leurs clients.
(Shutterstock)

Lors d’une première rencontre et de l’évaluation, un thérapeute doit mettre l’accent sur l’écoute des besoins du client. S’il néglige le rôle central que jouent les animaux domestiques dans sa vie, il risque de passer à côté d’éléments importants. En changeant de perspective, le thérapeute peut mieux saisir les émotions et les comportements d’une personne, et lui offrir ainsi un traitement mieux adapté et plus efficace.


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Les avantages d’un tel cadre holistique sont précieux. Des chercheurs ont constaté que les questions relatives aux animaux de compagnie peuvent non seulement réduire l’anxiété, mais aussi améliorer la communication et les relations. Elles constituent également une occasion d’obtenir des informations pertinentes sur le plan clinique qui peuvent guider l’approche thérapeutique.

Pour approfondir la perspective

Les questions concernant les animaux de compagnie peuvent influencer l’orientation des interventions thérapeutiques de plusieurs manières.

1) Apporter du réconfort

Les questions sur les animaux de compagnie peuvent procurer un sentiment de familiarité et de réconfort. Cela renforce l’alliance thérapeutique et favorise une atmosphère d’accueil. De nombreux couples considèrent par exemple leur animal comme un enfant. Les nouvelles générations préfèrent souvent les animaux domestiques aux enfants.

Le fait de négliger cet aspect important peut avoir un impact négatif sur la relation thérapeutique. En posant des questions sur les animaux de compagnie, les professionnels peuvent aider leur client à se sentir valorisé et considéré. Cette approche inclusive reconnaît une partie essentielle de son système social et crée un espace pour parler de la manière dont les animaux façonnent son identité.

Les nouvelles générations préfèrent souvent les animaux domestiques aux enfants.

2) Bâtir la confiance

En général, créer des liens avec un client permet d’instaurer un climat de confiance. Celui-ci se sent alors plus à l’aise et enclin à partager des informations difficiles et personnelles. En discutant de la dynamique avec un animal de compagnie, il pourra aborder plus facilement certains sujets délicats. Ainsi, près de 90 % des femmes victimes de violence conjugale déclarent avoir maltraité leur animal de compagnie.


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Les enfants victimes de violence familiale racontent souvent que leur animal a été maltraité. Ils trouvent souvent plus facile d’évoquer la violence vécue par leur animal avant de parler de celle qu’ils subissent.

3) Offrir au client un aperçu de ses forces:

Les animaux de compagnie peuvent apporter du soutien de plusieurs manières. Pour certaines personnes, passer du temps avec un animal dans les moments difficiles permet de diminuer l’anxiété et le sentiment de solitude.

Pour d’autres, la présence d’un animal de compagnie facilite l’engagement dans des activités sociales et physiques. En outre, le lien avec l’animal peut accroître le sentiment d’appartenance et réduire les comportements autodestructeurs. En comprenant le rôle que joue un animal dans la vie d’un client, les thérapeutes ont un aperçu de ses stratégies d’adaptation et des ressources dont il dispose et peuvent ensuite mieux planifier les interventions cliniques.

4) Offrir une vue d’ensemble des défis:

Les animaux de compagnie peuvent avoir un effet positif sur la capacité d’attachement. Cependant, un attachement fort à un animal est parfois associé à un stress psychologique et à des enjeux de confiance. Certaines personnes peuvent ressentir de l’inquiétude et de la culpabilité lorsque leurs problèmes de santé affectent leur habileté à prendre soin de leur animal, ce qui peut aggraver leur détresse psychologique.

Par ailleurs, la façon dont quelqu’un aborde et règle les situations liées à son animal peut donner une idée de sa capacité à résoudre les problèmes. L’exploration de ces domaines peut révéler des enjeux à cibler en thérapie.

5) Identifier les sources de stress

La relation avec un animal domestique est complexe et peut fluctuer. Si l’animal présente des problèmes de comportement ou de santé, cela peut engendrer des obstacles à la vie sociale, en réduisant les interactions sociales et en augmentant les émotions négatives de son propriétaire.

En outre, le manque de moyens pour payer les soins vétérinaires peut nuire au bien-être d’une personne. Ces situations sont parfois associées à l’anxiété et au fardeau de l’aidant. Par conséquent, la dynamique avec un animal domestique peut directement influencer les sujets abordés en thérapie.

Dans de tels cas, si un thérapeute ne pose pas de questions sur la relation d’une personne avec son animal, il risque de ne pas prendre en compte des éléments essentiels concernant son état général et de passer à côté d’informations importantes sur ses forces et ses faiblesses.

En n’abordant pas la relation d’une personne avec son animal, le thérapeute risque de ne pas prendre en compte des éléments essentiels concernant son bien-être général.
(Shutterstock)

La pièce manquante

Les questions relatives aux animaux de compagnie ne sont pas anodines.

La structure des familles a évolué. Dans le cadre d’approches thérapeutiques holistiques et favorisant l’empathie, l’exploration de la présence d’animaux dans la vie des gens est essentielle pour instaurer un environnement d’acceptation, d’ouverture et de confiance.




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En abordant ce lien, les professionnels peuvent renforcer l’alliance thérapeutique. Ils découvrent ainsi des aspects essentiels de la vie émotionnelle, des forces et des difficultés d’une personne.

Des questions simples, telles que «Avez-vous un animal à la maison ?» et «Comment décririez-vous le rôle de votre animal dans votre vie ?», peuvent contribuer à renforcer le lien avec le client. Elles créent des possibilités d’engagement et favorisent une pratique centrée sur le client, inclusive et alignée sur les nouvelles configurations familiales.

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

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