Source: People’s Republic of China – State Council News in French
French.china.org.cn | Mis à jour le 21. 10. 2025 | Mots clés : Chine-Europe,ligne arctique
french.china.org.cn | 21. 10. 2025
Après un voyage de 26 jours, la ligne Chine-Europe « Arctic Express » a vu son premier porte-conteneurs, l’« Istanbul Bridge », arriver au port de Gdansk, dans le nord de la Pologne, marquant ainsi le succès du voyage inaugural de la première ligne directe au monde entre la Chine et l’Europe via l’Arctique, a rapporté l’agence de presse Xinhua. L’opérateur prévoit d’établir des liaisons estivales régulières sur cette ligne d’ici 2026, a appris le Global Times lundi.
Le navire transportait 4 890 conteneurs chargés de modules photovoltaïques, de systèmes de stockage d’énergie et de produits du e-commerce transfrontalier. Il a quitté le port de Ningbo-Zhoushan, dans la province chinoise du Zhejiang (est), le 23 septembre, et a fait escale au port de Felixstowe (Royaume-Uni) et au port de Hambourg (Allemagne) avant d’accoster à Gdansk. Après y avoir déchargé son cargo, le navire a appareillé pour les Pays-Bas dimanche soir.
Li Xiaobin, directeur de l’exploitation de Sea Legend Shipping, qui gère le service, a indiqué lundi au Global Times que la route arctique offrait un gain de temps considérable par rapport aux alternatives traditionnelles.
Selon Xinhua, cette route maritime internationale émergente qui relie l’Asie de l’Est et l’Europe offre un atout majeur pour optimiser la chaîne d’approvisionnement mondiale ainsi que promouvoir la coopération économique et commerciale le long de cette route.
« Il s’agit de la première route de conteneurs au monde traversant l’Arctique, spécialement conçue pour les produits de e-commerce transfrontalier et à forte valeur ajoutée », a déclaré un responsable du ministère chinois des Transports. « Il s’agit également d’une avancée majeure dans le développement de la “Route de la Soie Polaire” dans le cadre de l’initiative de “La Ceinture et la Route” », a-t-il ajouté, selon le Quotidien du Peuple.
La ligne Chine-Europe « Arctic Express » relie directement l’Europe par le passage maritime du Nord-Est, réduisant ainsi considérablement le temps de trajet par rapport aux itinéraires traditionnels, à savoir environ 40 jours via le canal de Suez, ou 50 jours via le cap de Bonne-Espérance. Le navire « Istanbul Bridge » a atteint sa première escale européenne, Felixstowe, en seulement 20 jours, soit un temps comparable, voire plus rapide, que pour le train de marchandises Chine-Europe, qui met environ 25 jours, selon Xinhua.
Les conditions maritimes relativement clémentes le long du passage maritime du Nord-Est rendent cet itinéraire particulièrement adapté aux marchandises sensibles aux températures et aux délais de livraison, ce qui pourrait stimuler les exportations des « trois nouveaux » produits chinois : les batteries lithium-ion, les produits photovoltaïques et les véhicules à énergies nouvelles. L’entreprise estime que des traversées plus rapides via l’Arctique pourraient réduire les périodes d’attente en stock d’environ 40 %, allégeant ainsi les capitaux immobilisés dans les chaînes d’approvisionnement.
Li Xiaobin a indiqué que son entreprise prévoyait d’étendre son réseau de services express à l’Europe de l’Est pendant la période hivernale non navigable, ce qui impliquera de combiner le transport maritime par le canal de Suez avec des liaisons ferroviaires afin d’atteindre les terminaux ferroviaires Chine-Europe en environ 25 jours.
L’opérateur prévoit d’établir des liaisons estivales régulières sur la ligne « Arctic Express » dès 2026.
« Nous mettrons en place dans un premier temps des itinéraires fixes (hebdomadaire ou bimensuel) dans les zones navigables estivales, améliorerons les spécifications et le design des nouveaux navires renforcés contre les glaces en fonction des pratiques de navigation, renforcerons la construction de la flotte de porte-conteneurs dans les zones gelées, et nous nous efforcerons de concrétiser un plan de navigation annuelle sur la ligne arctique Chine-Europe», a déclaré M. Li.
Afin de surmonter les principaux défis rencontrés lors de ce voyage inaugural, M. Li a expliqué que la compagnie avait commencé à préparer l’essai commercial officiel il y a trois ans. Au cours de ce processus, elle a rencontré divers problèmes tels que la modernisation du matériel et des équipements des navires, la formation et la certification du personnel, ainsi que la précision des prévisions météorologiques et de navigation. Grâce au soutien politique et technique des services concernés, ces problèmes ont été résolus, posant ainsi les bases solides d’un voyage d’essai sans accroc, a-t-il ajouté.
La compagnie a également mis en avant les avantages environnementaux, affirmant que le passage maritime du Nord-Est, plus court, pourrait réduire les émissions de carbone d’environ 30 % par rapport à la ligne via le canal de Suez et d’environ 50 % par rapport à la ligne via le Cap de Bonne-Espérance.
Des experts du secteur ont souligné que la ligne Chine-Europe « Arctic Express », troisième route maritime Chine-Europe, était plus rapide et plus efficace. Elle facilitera une intégration plus poussée entre les industries manufacturières haut de gamme et des nouvelles énergies du delta du Yangtsé avec le marché européen. Elle favorisera également le fonctionnement de la double circulation nationale et internationale et dynamisera le développement économique du pays, ont ajouté ces experts.
Le commerce total de la Chine avec l’Union européenne (UE) a atteint 3 350 milliards de yuans (465,3 milliards de dollars) entre janvier et juillet 2025, en hausse de 3,9 % en glissement annuel, représentant 13 % du commerce extérieur total du pays, selon les données de l’Administration générale des douanes chinoises.
