Post

L’Assemblée générale adopte 63 recommandations de sa Première Commission pour réduire les nouveaux risques sécuritaires liés à l’intelligence artificielle et avancer vers un monde exempt d’armes nucléaires

L’Assemblée générale adopte 63 recommandations de sa Première Commission pour réduire les nouveaux risques sécuritaires liés à l’intelligence artificielle et avancer vers un monde exempt d’armes nucléaires

Source: United Nations – in French 2

Headline: L’Assemblée générale adopte 63 recommandations de sa Première Commission pour réduire les nouveaux risques sécuritaires liés à l’intelligence artificielle et avancer vers un monde exempt d’armes nucléaires

(En raison de la crise de liquidités qui affecte l’Organisation des Nations Unies et des contraintes horaires qui en résultent, l’intégralité du communiqué sera publiée ultérieurement.)

L’Assemblée générale a adopté, aujourd’hui, les 63 projets de résolution et de décision que lui recommandait sa Première Commission, chargée des questions de désarmement et de la sécurité internationale. 

Les textes présentés ont fait l’objet de 160 mises aux voix, cependant que les textes qui avaient été adoptés sans vote en séances plénières de la Commission ont, pour la première fois, été entérinés d’une traite en fin de séance. 

La Rapporteuse de la Commission, Mme Ana Maricela Ávila Becerril (Costa Rica), a indiqué que la session avait été menée dans un souci de rationalisation des travaux, parlant d’une session fructueuse en dépit d’une situation géopolitique toujours aussi complexe.  Mme Ávila a souligné que la recherche d’efficacité n’avait freiné en rien l’intérêt croissant porté aux questions de désarmement et de la sécurité internationale.  Au cours de la session, a-t-elle ainsi précisé, 156 délégations ont pris la parole lors du débat général, contre 153 l’an passé, tandis que 471 interventions ont été enregistrées lors des discussions thématiques, soit 36 de plus qu’en 2024.

Le thème de l’intelligence artificielle (IA) a traversé plusieurs propositions, les textes y relatifs ayant été adoptés dans leur ensemble à l’issue de nombreux votes séparés portant sur différentes parties des libellés.  L’Assemblée générale, pour répondre aux risques liés à l’intégration de l’IA dans les systèmes de commandement, de contrôle et de communications des armes nucléaires, exige dans l’un de ces textes que, dans l’attente de l’élimination totale de ces armes, un contrôle et une surveillance « par des humains » soient maintenus sur ces systèmes.  La résolution, présentée notamment par l’Autriche et le Mexique, a été adoptée par 118 voix pour, 9 contre (Argentine, Burundi, France, États-Unis, Fédération de Russie, Israël, République centrafricaine, République populaire démocratique de Corée et Royaume Uni) et 44 abstentions.  Aucun des États possédant, officiellement ou non, l’arme nucléaire, n’a voté en faveur du texte.  La France, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie, Israël et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont voté contre, alors que la Chine, l’Inde et le Pakistan choisissaient de s’abstenir. 

C’est après 11 votes séparés que l’Assemblée a adopté un texte sur les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA) par lequel elle se dit consciente des vives inquiétudes que soulève l’utilisation d’applications technologiques nouvelles et naissantes dans le domaine militaire, celles liées à l’IA mais aussi aux SALA.  Aussi souligne-t-elle qu’il importe d’agir d’urgence sur ces points sous leurs aspects juridiques, technologiques, éthiques et humanitaires, « dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques ».  Le texte a été adopté par 164 voix pour, la Russie et les États-Unis s’y opposant une fois encore, à l’instar de la RPDC et d’Israël.  La Chine, la Pologne et la République islamique d’Iran se sont abstenues. 

Au titre des armes nucléaires, l’Assemblée générale a adopté par 173 voix pour, 3 contre (Argentine, États-Unis, Israël) et 3 abstentions(Cameroun, Fidji, Paraguay), le projet de résolution annuel « Création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région du Moyen-Orient ».  Par ce texte de l’Égypte, l’Assemblée générale invite les pays de la région à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et leur demande, en attendant la création d’une telle zone, de soumettre toutes leurs activités nucléaires aux garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Israël et les États-Unis, notamment, ont voté contre. 

Pour progresser vers un monde exempt d’armes nucléaires, l’Assemblée a adopté un texte de l’Afrique du Sud, du Brésil, de l’Égypte, de l’Irlande et du Mexique rejetant toute normalisation de la rhétorique nucléaire.  Elle y exhorte également « avec véhémence » les États dotés d’armes nucléaires à honorer l’engagement sans équivoque qu’ils ont pris de procéder à l’élimination complète de leurs arsenaux à la Conférence des Parties chargée d’examiner le TNP en 2010.  Ces États, souligne à cet égard l’Assemblée, doivent renforcer la transparence quant au respect des obligations que leur impose l’article VI du Traité.  Le texte a toutefois été rejeté par 39 États, dont tous ceux dotés de l’arme nucléaire à l’exception de la Chine, qui s’est abstenue.  Ont également voté contre la plupart des pays européens.  Toutefois, l’Autriche, l’Irlande et la Suisse ont voté en faveur du texte. 

La Chine, la RPDC, l’Iran et la Fédération de Russie ont également voté contre un texte visant à établir un plan d’action commun pour l’avènement d’un monde exempt d’armes nucléaires soutenu par 147 pays par lequel l’Assemblée se dit consciente de l’Initiative ONU80 en cours et de l’importance qu’il y a à faire preuve d’une efficacité accrue dans les initiatives de désarmement nucléaire. Afin de se rapprocher de son objectif, l’Assemblée souligne aussi qu’il est essentiel d’éviter une nouvelle course aux armements nucléaires, dont le risque augmente d’autant plus avec l’expansion non transparente des forces nucléaires et l’opacité de leur perfectionnement par certains États dotés d’armes nucléaires.  Parmi les puissances nucléaires, seul le Royaume-Uni a voté en faveur du texte, tandis que les États-Unis, la France, l’Inde, Israël et le Pakistan s’abstenaient. 

En ce qui concerne la prévention d’une course aux armements dans l’espace, l’Assemblée générale réaffirme, par un texte de la Russie et de la Chine, qu’il est « important et urgent » d’empêcher un tel péril, conformément au Traité sur les principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes.  Seuls les États-Unis et Israël ont voté contre ce projet de résolution qui a été appuyé par 177 États Membres tandis que l’Ukraine était seule à s’abstenir. L’Assemblée y réaffirme en outre que la Conférence du désarmement, seule instance multilatérale de négociation sur le désarmement, a un rôle primordial à jouer dans la négociation d’un accord visant à prévenir une course aux armements dans l’espace « sous tous ses aspects ». 

Par ailleurs, la transparence dans le domaine des armes classiques faisait l’objet d’un projet de résolution présenté notamment par la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon.  Le texte, dans lequel l’Assemblée réaffirme qu’elle est résolue à veiller à la bonne tenue du Registre des armes classiques de l’Organisation des Nations Unies, a été adopté par 150 voix et sans opposition, tandis que 25 pays s’abstenaient, pour la plupart des pays arabes, ainsi que l’Iran.  La RPDC n’a pas pris part au vote. 

C’est encore en toute transparence que l’Assemblée encourage les États Membres à appliquer le Cadre mondial pour la gestion des munitions classiques tout au long de leur cycle de vie, un instrument adopté en décembre 2023 et dont la première réunion des États parties est prévue en 2027.  Le texte sur ce point a été adopté par 171 voix pour, après des votes séparés, la Russie et les États-Unis préférant s’abstenir sur le vote final. 

La Présidente de l’Assemblée générale, Mme Annalena Baerbock, a conclu la séance en saluant l’efficacité du Président de la Première Commission, l’Ambassadeur italien Maurizio Massari, le « travail fait et bien fait » par les délégations et le secrétariat de la Commission lors de cette quatre-vingtième session. 

Suivez les délibérations: En direct de l’ONU | Couverture des réunions & communiqués de presse

MIL OSI