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Le travail en première ligne à 50 degrés sous zéro : les patrouilles en motoneige de la GRC dans le Haut-Arctique

Le travail en première ligne à 50 degrés sous zéro : les patrouilles en motoneige de la GRC dans le Haut-Arctique

Source: Royal Canadian Mounted Police (RMCP) – in French

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Cette semaine, des agents de la GRC au Yukon et des Opérations dans l’Ouest de l’Arctique de la Police fédérale de la Région du Pacifique ont terminé leur patrouille hivernale annuelle qui les emmène souvent à 350 kilomètres au nord du cercle arctique.

Et, comme c’est souvent le cas en hiver dans l’Arctique, l’équipe de patrouille a été contrainte de modifier son itinéraire en raison de vents extrêmes, même pour l’Arctique.

Depuis 2023, des agents fédéraux de la GRC effectuent chaque année des patrouilles hivernales en motoneige pour apprendre à mieux connaître la région en vue de veiller à la sécurité frontalière et à la souveraineté du Canada dans l’Arctique.

Ces missions constituent une formation essentielle pour les agents dans le Haut-Arctique et les aident notamment à se familiariser avec les conditions et les terrains extrêmes.

Les patrouilles en motoneige permettent également aux agents d’être informés en temps réel de toute nouvelle activité humaine dans la région, qu’il s’agisse de groupes non gouvernementaux tels que des scientifiques ou des aventuriers voyageurs ayant besoin d’aide ou d’individus aux intentions malveillantes; toutes ces situations nécessitent une intervention de la police, peu importe les conditions météorologiques. 

Les agents y ont vu un mélange de toundra, de glace de mer, de congères, de terres côtières plates et de montagnes. Lors des hivers arctiques, les températures peuvent varier de -10 à -50 degrés et sont souvent accompagnées de vents violents.

« Généralement, lors des patrouilles, les températures vont de -15 à -40 degrés Celsius, souvent accompagnées de forts vents, comme cette année », explique le caporal Guy Lacroix, de la Police fédérale de la Région du Pacifique. Il est l’un des quatre membres de la GRC qui a participé à la patrouille cette année. 

« À moins que la température ne soit inférieure à -40 degrés Celsius, le froid n’est pas le véritable problème. C’est le vent qui l’est. En l’absence de vent, il est beaucoup plus facile de conserver la chaleur. Les vents violents peuvent transformer notre environnement en un voile blanc complet, sans horizon visible, ce qui rend la communication difficile. Dans de telles conditions, nous devons toucher nos casques pour nous parler », dit le caporal Lacroix. 

Les membres de la GRC qui participent aux patrouilles hivernales, comme le caporal Lacroix, s’émerveillent de la beauté de l’Arctique, des paysages époustouflants à l’étonnante faune, ce qui comprend la rencontre d’ours polaires. Lorsque l’équipe de la GRC est en patrouille, le soleil se lève après 10 h et se couche avant 19 h. 

L’équipe de patrouille porte des parkas pour grands froids fabriqués au Yukon. Le vêtement est doté d’une isolation synthétique de haute qualité, et le capuchon est doublé de fourrure provenant d’animaux piégés au Yukon. Dans le cas du caporal Lacroix, son capuchon est doublé de fourrure de carcajou. Ce style de parka vient de la culture des Inuvialuit; il faut essentiellement le passer par-dessus la tête, comme un long chandail ou une tunique. Les gants à crispin des agents sont fabriqués en peau de castor canadien, ce qui garantit une chaleur optimale.

Pendant que l’équipe de la GRC était sur la glace, ses membres campaient dans des chalets libres. L’équipe transporte aussi des tentes au cas où les chalets ne sont pas libres.

Le voyage a commencé le 17 février en camion par la route Dempster; les agents de la GRC ont quitté leur base d’attache à Whitehorse pour se rendre à Aklavik. L’équipe a toutefois été retardée en raison d’une avalanche sur la route Dempster qui a recouvert environ 3 kilomètres de chaussée.

Au bout de 24 heures, une fois la route dégagée, l’équipe s’est mise en route vers Aklavik dans l’intention de partir en patrouille sur la glace pour les six jours prévus. Cependant, comme on dit, même les meilleurs plans peuvent parfois changer.

Les conditions météorologiques, marquées par des vents soufflant entre 80 et 100 km/h, se sont avérées trop dangereuses pour permettre à l’équipe de poursuivre sa route jusqu’à Qikiqtaruk (île Herschel) et jusqu’à la frontière canado-américaine. L’équipe a eu la chance de pouvoir mener une patrouille jusqu’à la station Whitefish, sur la côte de l’océan Arctique, mais les vents extrêmes l’ont empêchée d’aller plus loin cette année.

« Dans le cadre de notre mandat, nous devons notamment assurer la sécurité frontalière le long de la côte de l’océan Arctique et entre les points d’entrée sur la frontière terrestre internationale entre l’Alaska et le Yukon. Cela représente une étendue d’environ 2 000 kilomètres », explique l’inspecteur Gerald Walker, officier responsable des Opérations dans l’Ouest de l’Arctique, qui relèvent de la Police fédérale de la Région du Pacifique.

La responsabilité de la souveraineté du Canada et de la sécurité publique dans le Haut-Arctique est partagée entre plusieurs organismes fédéraux, dont la GRC, Parcs Canada, la Garde côtière canadienne et les FAC.

Il y a plus de 130 ans, seule la GRC assurait une présence permanente du gouvernement du Canada dans le Haut-Arctique; le premier détachement a été établi à Qikiqtaruk (île Herschel) en 1895.

« Ces patrouilles témoignent de la collaboration entretenue par la GRC pour assurer une présence cohérente, efficace et responsable sur le plan culturel dans le Nord. Ce travail renforce la sécurité publique, soutient les collectivités nordiques et défend la souveraineté du Canada », explique le sergent d’état-major Eric Lane de la GRC au Yukon.

La GRC compte 59 détachements, y compris un quartier général, dans les trois territoires faisant partie du Haut-Arctique. Cela comprend les divisions de la GRC au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.

Des équipes de la Police fédérale de la GRC sont également présentes à Whitehorse, à Yellowknife et à Iqaluit.

MIL OSI