Source: People’s Republic of China – State Council News in French
French.china.org.cn | Mis à jour le 08. 05. 2026 | Mots clés : Zanzibar,schistosomiase,OMS
Chinafrique | 08. 05. 2026
Un projet de sécurité sanitaire sauve des vies à Zanzibar avec l’appui de la Chine.
Dans les ruelles de Zanzibar City, Jamal Ally savoure la fraîcheur de la brise marine matinale, conscient que la menace silencieuse de la schistosomiase continue de miner la santé des habitants de l’île.
Alors que le soleil implacable de midi enveloppe la ville côtière d’une chaleur étouffante et humide, M. Ally songe à la rivière qui avait toujours été son oasis.
« Quelques jours après avoir été exposé à de l’eau contaminée, j’ai développé une importante hématurie et de la fièvre, et j’ai rapidement appris que j’étais atteint de schistosomiase, une maladie qui menaçait ma santé », confie-t-il à CHINAFRIQUE. Poissonnier au marché de Malindi, il décrit son calvaire comme atroce, avec l’impression que la maladie ronge ses organes vitaux, le laissant impuissant face à la toxine parasitaire invisible qui le vide de sa vitalité.
La schistosomiase est une maladie parasitaire d’origine hydrique sévissant depuis longtemps à Zanzibar, en particulier dans les communautés rurales où les habitants dépendent de rivières et de puits insalubres, s’exposant à un haut risque d’infection.
Pour Natalie Amour, 20 ans, l’eau dissimule un prédateur silencieux menaçant son désir de maternité. Elle a compris qu’elle était contaminée lorsqu’elle a commencé à ressentir de vives douleurs sous le nombril. Elle se souvient de ses nombreux rendez-vous à l’hôpital. « On m’a dit que cela pourrait m’empêcher d’avoir des enfants. J’ai vraiment peur, car j’ai toujours voulu être mère », raconte-t-elle.
Cette maladie invalidante a failli compromettre les ambitions scolaires d’Hamed Abdallaar, 20 ans. Des mictions douloureuses l’obligeaient à passer une grande partie de sa journée d’école aux toilettes. « J’avais beaucoup de mal à me concentrer en classe, car je devais constamment aller aux toilettes. La douleur rendait mes études encore plus difficiles », se souvient cet étudiant actuellement en deuxième année à l’Université d’État de Zanzibar.
Le témoignage de ces habitants met en lumière les dangers réels d’un accès insuffisant à l’eau potable. Garantir un assainissement adéquat et une gestion efficace de l’eau est essentiel pour préserver la santé de la communauté.
C’est pourquoi le projet de lutte contre la schistosomiase, soutenu par la Chine et mené en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le gouvernement de Zanzibar, représente un effort crucial, sauvant ainsi des vies dans toute la Tanzanie.
Un contrôle efficace
En 2014, la Chine a signé un mémorandum d’entente sur la prévention et le traitement de la schistosomiase à Zanzibar lors de l’Assemblée mondiale de la santé, s’engageant à fournir un soutien financier et technique à la Tanzanie dans ce domaine.
En 2017, la phase I de ce projet sino-tanzanien consistait à envoyer une équipe d’experts de l’Institut des maladies parasitaires du Jiangsu (Chine) sur l’île de Pemba. Au total, 34 experts y ont été déployés pour mener des actions de lutte contre les infections parasitaires.
La phase II a débuté en septembre 2023 aux abords de l’île de Pemba, où la beauté des cours d’eau douce a longtemps été trompeuse. Des systèmes d’approvisionnement en eau potable y ont été construits. Cinq projets, quatre sur l’île de Pemba et un sur l’île d’Unguja, desservent désormais environ 30 000 personnes au total, dévoile Wang Wei, professeur à l’Institut des maladies parasitaires du Jiangsu.
M. Wang précise que sur la seule île d’Unguja, 18 000 habitants bénéficient désormais d’un accès à l’eau potable, ce qui a permis de stopper la transmission des maladies à la source et de réduire d’autres maladies d’origine hydrique, telles que les infections intestinales et le choléra.
Les dernières données du projet révèlent que sa mise en œuvre sur l’île de Pemba de 2017 à 2020 a permis de réduire le taux d’infection dans les zones pilotes de 8,92 % à 0,64 %, respectant ainsi les normes de l’OMS pour l’élimination de la schistosomiase en tant que problème de santé publique.
Les enquêtes initiales menées à Unguja avaient enregistré un taux d’infection d’environ 1,23 %. En deux ans et demi, ce chiffre est tombé à seulement 0,15 %, bien en dessous du seuil de 1 % fixé par l’OMS.
Une approche globale
Au-delà des infrastructures, Huang Yuzheng, expert principal du projet, souligne que la lutte contre la schistosomiase exige une approche globale associant éducation sanitaire, technologies de l’information et gestion intégrée afin de s’attaquer à la source de la maladie.
M. Huang révèle que la prochaine étape importante est prévue pour 2026, date à laquelle un système entièrement numérique de surveillance et de riposte à la schistosomiase sera mis en service. Dès la détection de cas au niveau communautaire, des signalements pourront être transmis instantanément par ordinateur ou téléphone portable, permettant ainsi interventions rapides et prévention épidémique.
L’expertise chinoise a permis de mettre en place un modèle communautaire de lutte contre la schistosomiase, articulé autour d’hôpitaux locaux et de volontaires médicaux. Nassor Ahmed Mazrui, ministre de la Santé de Zanzibar, a indiqué que le projet sino-tanzanien avait renforcé les capacités de prévention de la maladie tout en formant une nouvelle génération de spécialistes et de techniciens. Le Président de Zanzibar, Hussein Ali Mwinyi, a exprimé sa gratitude auprès d’experts médicaux chinois pour leur contribution.
