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Quand la sécheresse n’a pas triomphé : le financement des risques de catastrophe redonne espoir dans la province de Magude, au Mozambique

Quand la sécheresse n’a pas triomphé : le financement des risques de catastrophe redonne espoir dans la province de Magude, au Mozambique

Source: African Development Bank Group in French

Le district de Magude, dans la province de Maputo au Mozambique, vit depuis longtemps sous le spectre de la sécheresse. Les familles sont confrontées à des récoltes en baisse, à des rivières asséchées et à de longues marches quotidiennes pour aller chercher de l’eau. Saison après saison, la sécheresse s’est intensifiée, plongeant les communautés vulnérables dans l’incertitude quant à leur avenir. La situation a commencé à changer lorsque le programme de Financement des risques de catastrophe en Afrique (Africa Disaster Risk Financing, ADRiFi) a introduit un nouveau modèle de résilience : des indemnités d’assurance sécheresse préétablies, une aide d’urgence rapide et des infrastructures hydrauliques à petite échelle conçues pour protéger les vies et les moyens de subsistance.

Initiative stratégique soutenue par le Groupe de la Banque africaine de développement, l’ADRiFi vise à renforcer la résilience financière des pays africains face aux chocs climatiques, notamment la sécheresse et les cyclones. Grâce à l’assurance paramétrique et aux fonds de réserve, l’ADRiFi verse des indemnités rapides et prévisibles aux populations vulnérables, protégeant ainsi plus de huit millions de personnes en Afrique. Depuis 2018, la Banque africaine de développement a mobilisé plus de 150 millions de dollars provenant de ses ressources propres et de donateurs pour ce programme, qui est désormais opérationnel dans 18 pays africains. L’ADRiFi est mis en œuvre par le biais du Fonds fiduciaire multidonateurs ADRiFi, créé en 2021 avec le soutien du Canada, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Suisse, du Royaume-Uni et des États-Unis.

L’ADRiFi est une composante importante du Projet d’assurance, de financement et de résilience climatiques (CLINFREDEP), un projet intégré qui a soutenu la construction de points d’eau et d’infrastructures de stockage d’eau à Magude, mettant ainsi de l’eau potable à la portée de familles vivant depuis des années dans des conditions de précarité extrême.

Grâce à un meilleur accès à l’eau et à des infrastructures résilientes, les communautés reconstruisent leurs moyens de subsistance et vont de l’avant avec une confiance renouvelée.

Voix du changement

Parmi les moments les plus émouvants à Magude, on retiendra les sourires et les saluts de deux femmes se tenant près d’un des réservoirs récemment réhabilités. Autrefois contraintes de parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau dans des rivières éloignées et revenant souvent avec très peu d’eau, les femmes peuvent désormais s’approvisionner en eau potable à quelques mètres seulement de chez elles.

« Notre communauté s’est retrouvée. Les gens avaient perdu espoir, cela nous a rappelé que nous ne sommes pas oubliés », a déclaré Isaque Mundlovo, un responsable communautaire. Les nouvelles infrastructures sont gérées par des comités de l’eau chargés d’entretenir, de protéger et de superviser ces ressources pour les générations futures.

Deux femmes de Magude photographiées près de l’un des réservoirs réhabilités. L’eau étant désormais à portée de main, les familles n’ont plus à effectuer les longues marches quotidiennes qui rythmaient leur vie pendant les années de sécheresse.

La sécheresse affectait auparavant tous les aspects de la vie quotidienne. Les femmes passaient des heures à aller chercher de l’eau, le bétail périssait pendant les pires périodes de sécheresse, les réserves alimentaires s’épuisaient. Les familles avaient souvent recours à la production de charbon de bois pour survivre, une stratégie qui mettait à rude épreuve tant l’environnement que le bien-être des ménages.

Aujourd’hui, grâce aux infrastructures soutenues par la Banque et aux versements rapides des indemnités d’assurance, les agriculteurs irriguent de nouvelles parcelles de terre, le bétail dispose de points d’eau fiables et les enfants peuvent rester à l’école au lieu de parcourir de longues distances pour aller chercher de l’eau.

Une habitante de Magude s’approvisionne en eau à une borne-fontaine nouvellement installée.

Impact en chiffres

En octobre 2025, 6 728 personnes à Magude avaient bénéficié d’un meilleur accès à l’eau, dont 2 561 femmes. Environ 8 797 têtes de bétail ont bénéficié d’un meilleur accès à l’eau, et 1 045 ménages ont reçu une aide alimentaire pendant les périodes de sécheresse. La réponse à la sécheresse a été financée par un versement automatique d’indemnité d’assurance de 1,89 million de dollars de la part de l’African Risk Capacity, partenaire de l’ADRiFi. Ce versement s’inscrivait dans le cadre d’un décaissement de 60 millions de dollars effectué par l’African Risk Capacity à la suite du phénomène El Niño, au profit de plusieurs pays d’Afrique australe, dont le Mozambique, le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe.

Un investissement national dans la résilience

L’histoire de Magude s’inscrit dans une stratégie nationale de résilience plus large qui combine assurance climatique, soutien au niveau communautaire et intervention d’urgence rapide. En octobre 2025, la Banque africaine de développement et le gouvernement du Mozambique ont co-organisé le Forum sur le financement des risques climatiques et de catastrophes (CDRFI) à Maputo, où l’expérience de Magude a été présentée aux ministres des Finances, aux responsables d’agences nationales de gestion des catastrophes, aux partenaires donateurs souverains et aux hauts responsables de l’African Risk Capacity (ARC).

Renforcer la résilience climatique de l’Afrique

Au Mozambique, le Groupe de la Banque africaine de développement met en œuvre deux de ses Quatre points cardinaux par le biais du Programme de financement des risques de catastrophe en Afrique : l’amélioration de l’accès au capital, la réforme et la consolidation des institutions et systèmes financiers. Le Groupe de la Banque améliore l’accès au capital en finançant les primes d’assurance climatique du gouvernement auprès de l’African Risk Capacity, ouvrant ainsi les marchés de l’assurance contre les risques climatiques à un pays qui, sans cela, n’aurait pas les moyens de s’assurer. Il réforme les systèmes financiers en remplaçant les appels aux dons post-catastrophes, souvent lents, par des contrats paramétriques qui déclenchent le versement des indemnités dans les semaines suivant la survenue d’un événement déclencheur.

En collaborant avec l’Institut national de gestion des catastrophes (INGD) du Mozambique, le Groupe de la Banque a démontré que la résilience climatique ne se construit pas seulement grâce aux infrastructures, mais aussi en redonnant espoir, dignité et opportunités aux communautés en première ligne face aux changements climatiques.

MIL OSI