Source: People’s Republic of China – State Council News in French
French.china.org.cn | Mis à jour le 08. 06. 2026 | Mots clés : UE,mesures protectionnistes
french.china.org.cn | 08. 06. 2026
Les questions commerciales sont devenues un point de friction majeur dans les relations entre la Chine et l’Union européenne (UE) ces derniers temps. Des experts mettent en garde contre le risque que le virage protectionniste de l’UE, sous couvert de « réduction des risques », n’ait des conséquences néfastes et nuise à sa compétitivité mondiale.
Plutôt que d’ériger des barrières commerciales, les experts estiment que la voie à suivre réside dans des réformes internes et des stratégies de collaboration contribuant à un écosystème économique mutuellement avantageux.
On a constaté une nette augmentation des frictions commerciales entre la Chine et l’Europe ces derniers mois. Le 29 mai, à l’issue d’une réunion sur les relations Chine-UE, la Commission européenne a qualifié la dynamique des échanges commerciaux et des investissements avec la Chine de « non viable » et a réaffirmé sa stratégie de « réduction des risques ».
Depuis le début de l’année, l’UE a introduit une série de mesures restrictives au commerce, dont beaucoup sont perçues comme des obstacles aux importations en provenance de Chine. Parmi celles-ci figurent les propositions de révision de la Loi sur la cybersécurité (CSA2) et de la Loi sur l’accélérateur industriel (IAA). Des rapports indiquent également que l’UE envisage des règles plus strictes en matière de marchés publics qui obligeraient les entreprises à s’approvisionner auprès d’au moins trois fournisseurs différents, aucun fournisseur ne pouvant représenter plus de 30 à 40 % des composants critiques.
Le Conseil chinois pour la promotion du commerce international s’est fermement opposé à l’accord CSA2, affirmant que le projet introduit des facteurs de « risque non techniques » et lie directement les risques de cybersécurité à des entreprises de certains pays ou d’origines nationales spécifiques, cherchant ainsi à les exclure des chaînes d’approvisionnement européennes concernées.
Sébastien Maillard, chercheur associé au programme Europe de Chatham House, a qualifié l’accord d’accès à l’information (AAI) de « forme de protectionnisme sophistiqué » à l’encontre des partenaires commerciaux de l’UE dans un article publié sur le site web de ce think tank. Il a noté que « la discrimination européenne est déjà présente » dans le nouvel instrument de financement de la défense de l’Union, qui limite à 35 % la part des coûts des composants provenant de pays hors UE, Association européenne de libre-échange (AELE) ou Ukraine.
Des experts ont souligné que les mesures proposées par l’UE pourraient engendrer davantage de pertes que de gains pour elle-même, tant en termes de renforcement de la compétitivité que d’adaptation aux évolutions technologiques.
Un rapport conjoint publié par la Chambre de commerce chinoise à l’UE et le cabinet KPMG estime que le CSA2 pourrait coûter près de 367,8 milliards d’euros (428,22 milliards de dollars) s’il force le remplacement des fournisseurs chinois dans 18 secteurs critiques.
Jian Junbo, directeur du Centre des relations Chine-Europe de l’Institut d’études internationales de l’Université Fudan, a remarqué que les inquiétudes de l’UE concernant l’excédent commercial chinois découlent de mutations structurelles des échanges bilatéraux qui ne peuvent être résolues par des accusations mutuelles ou des politiques conflictuelles. Pour l’Europe, a-t-il affirmé, la véritable solution réside dans le renforcement de sa propre compétitivité par l’innovation et la réindustrialisation, et non dans le protectionnisme. L’UE doit investir davantage dans la recherche et le développement de haute technologie, relever les défis énergétiques et réformer le marché du travail pour que le « Made in Europe » retrouve toute sa compétitivité.
Selon les douanes chinoises, au cours des trois premiers trimestres de 2025, la Chine était déjà la première destination des exportations de 79 pays et régions. Sur l’ensemble de l’année, la Chine a importé pour 18 480 milliards de yuans (2 720 milliards de dollars) de marchandises, ce qui représente environ 10 % des importations mondiales. L’UE est notamment le principal fournisseur de biens de consommation de la Chine, assurant plus de la moitié de ses importations de cosmétiques et près de 60 % de ses importations automobiles.
