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Liban : l’ONU redoute une nouvelle flambée de violence

Liban : l’ONU redoute une nouvelle flambée de violence

Source: United Nations – in French 2

Headline: Liban : l’ONU redoute une nouvelle flambée de violence

Paix et sécurité

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit vivement préoccupé, lundi, par la nouvelle escalade au Moyen-Orient et a appelé toutes les parties concernées à cesser immédiatement les attaques, à faire preuve d’une retenue maximale et à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver encore une situation déjà instable.

« Le Secrétaire général exhorte toutes les parties à respecter pleinement les cessez-le-feu au Liban, en Iran et à Gaza, et à éviter toute mesure susceptible de compromettre les efforts diplomatiques en cours », a dit son porte-parole adjoint, Farhan Haq, dans une déclaration à la presse.

Plus tôt dans la journée, lors d’un point de presse, M. Haq a notamment souligné l’inquiétude de l’ONU concernant la recrudescence des hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, malgré le cessez-le-feu annoncé la semaine dernière par le Liban, Israël et les États-Unis.

Dimanche et lundi, Israël et l’Iran ont échangé des frappes, ravivant les craintes d’une guerre régionale. Après des frappes israéliennes dans le sud de Beyrouth et des tirs attribués au Hezbollah pro-iranien vers le nord d’Israël, l’Iran a lancé plusieurs vagues de missiles balistiques contre Israël. L’armée israélienne a ensuite mené des frappes sur le territoire iranien. Après une intervention américaine, les deux pays ont annoncé la suspension de leurs attaques.

Violations répétées

Au Liban, la Force intérimaire des Nations Unies dans ce pays (FINUL) a indiqué avoir observé une intensification marquée des activités militaires entre vendredi et dimanche dans sa zone d’opérations.

Selon la mission onusienne, l’armée israélienne a violé l’espace aérien libanais à 201 reprises durant cette période, totalisant près de 288 heures de survols par des avions de combat et des hélicoptères. Plus de 2.100 incidents de tirs provenant de positions israéliennes ont également été enregistrés, principalement dans le sud du pays et aux abords du fleuve Litani.

La FINUL a par ailleurs recensé des dizaines de trajectoires de projectiles tirés du nord vers le sud, vraisemblablement par le Hezbollah, dont plusieurs ont franchi la Ligne bleue qui sépare le Liban d’Israël.

Casques bleus pris pour cible

Les soldats de la paix continuent de subir directement les conséquences du conflit.

Vendredi, un drone a largué deux grenades à proximité d’un convoi de la FINUL près de Bayt Yahun, dans le sud-ouest du Liban. Les Casques bleus ont abattu l’un des drones en état de légitime défense. Aucun blessé n’a été signalé.

Le lendemain, une patrouille de la FINUL a rapporté qu’un char israélien avait déployé un important écran de fumée en direction de sa position près d’At Tiri.

La mission a également dénoncé plusieurs restrictions à sa liberté de mouvement. Un convoi a été bloqué par des civils près de Rmeich, tandis qu’une autre patrouille a été empêchée de poursuivre sa route par un char israélien.

Dimanche, la FINUL a rendu hommage à un Casque bleu serbe, le sergent-chef Milovan Jovanović, tué le 5 juin lorsqu’un tir de mortier a frappé une position de l’ONU près de Marjayoun. Deux autres soldats de la paix blessés lors de l’incident demeurent hospitalisés dans un état stable.

Déplacements massifs de civils

L’ONU s’inquiète également des conséquences humanitaires croissantes de la crise au Liban.

Selon les agences humanitaires présentes sur le terrain, les combats et les ordres d’évacuation continuent de provoquer des déplacements massifs de population.

Cinq abris collectifs accueillant des familles déplacées dans le gouvernorat du Sud ont dû être évacués ce week-end à la suite d’ordres émis par l’armée israélienne. Les autorités locales indiquent que les structures d’accueil dans le sud du Liban et à Beyrouth ont désormais atteint leur capacité maximale.

Depuis vendredi, des avis d’évacuation ont été émis pour 17 villages situés dans les gouvernorats du Sud, de Nabatiyé et de la Bekaa. Selon l’ONU, l’ampleur et l’imprévisibilité de ces ordres rendent leur application extrêmement difficile et soulèvent des interrogations quant à leur conformité avec le droit international humanitaire.

Malgré les risques, la FINUL poursuit ses opérations d’assistance. Dimanche, ses soldats ont facilité l’évacuation sécurisée d’ambulances de la Croix-Rouge libanaise transportant des patients nécessitant des soins urgents, dont des femmes et des enfants bloqués depuis plusieurs jours à Rmeich.

Gaza davantage isolée

© UNICEF/Eyad El Baba La guerre a fait payer un prix inimaginable aux enfants de la bande de Gaza.

L’ONU a également exprimé son inquiétude face à l’évolution de la situation dans la bande de Gaza.

À la suite de tirs de missiles vers Israël dans la nuit de dimanche à lundi, les autorités israéliennes ont fermé le point de passage de Kerem Shalom, seul terminal de marchandises encore opérationnel vers Gaza au cours des deux dernières semaines. Le poste-frontière de Rafah a également été fermé.

Le Secrétaire général de l’ONU s’est dit lundi très préoccupé par la décision d’Israël de fermer les points de passage. « Il réitère son appel en faveur de la réouverture immédiate de tous les points de passage afin de garantir l’acheminement rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire à grande échelle dans l’ensemble de la bande de Gaza », a dit son porte-parole adjoint dans une déclaration à la presse.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a rappelé que les habitants de Gaza dépendent d’un flux constant de marchandises humanitaires et commerciales provenant de l’extérieur du territoire.

Les agences de l’ONU préviennent qu’un maintien prolongé de ces fermetures pourrait compromettre les opérations d’aide alors que les besoins humanitaires restent immenses.

Par ailleurs, l’ONU a dénoncé la poursuite des violences en Cisjordanie occupée. Vendredi, un bébé palestinien de sept mois a été tué près d’Hébron lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu sur le véhicule de ses parents. Les autorités israéliennes ont indiqué qu’une enquête serait menée.

« Les civils et les infrastructures civiles doivent être protégés », a rappelé M. Haq, lors de son point de presse, soulignant que toutes les parties sont tenues de respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.

Iran : l’AIEA alerte sur les risques nucléaires

© AIEA/Dean Calma Le Directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, devant le conseil des gouverneurs de l’agence, à Vienne (photo d’archives).

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a mis en garde contre les menaces croissantes qui pèsent sur la sûreté nucléaire au Moyen-Orient, dans le contexte de conflit persistant impliquant l’Iran et plusieurs pays du Golfe.

Devant le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, son Directeur général, Rafael Grossi, a rappelé qu’une attaque de drone menée le 17 mai contre une installation électrique de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, avait gravement compromis plusieurs principes essentiels de sûreté nucléaire. Aucun rejet radioactif ni blessé n’a toutefois été signalé.

« Une attaque contre une installation nucléaire, où qu’elle se produise, est inacceptable », a insisté M. Grossi, soulignant que la sûreté nucléaire ne saurait faire l’objet d’aucun « double standard ».

L’AIEA se dit également préoccupée par la dégradation de sa capacité à vérifier les activités nucléaires iraniennes. Depuis les frappes militaires israélo-américaines de juin 2025, l’Agence n’a plus accès à plusieurs sites nucléaires déclarés et affirme avoir perdu la continuité de ses connaissances sur certaines matières nucléaires.

Selon M. Grossi, quelque 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi n’ont pas pu être vérifiés depuis près d’un an, alimentant des inquiétudes en matière de prolifération. Il a appelé l’Iran à reprendre une coopération pleine et entière avec l’Agence afin de garantir l’application effective des accords de garanties nucléaires.

MIL OSI