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Ebola bloque la route du retour : plus de 600 réfugiés rwandais coincés en RDC

Ebola bloque la route du retour : plus de 600 réfugiés rwandais coincés en RDC

Source: United Nations – in French 2

Headline: Ebola bloque la route du retour : plus de 600 réfugiés rwandais coincés en RDC

Santé

Frontière fermée, départs suspendus. À Goma et Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, plus de 600 réfugiés rwandais prêts à rentrer chez eux restent bloqués, tandis que les autorités sanitaires renforcent en urgence les dispositifs destinés à contenir Ebola.

L’épidémie d’Ebola continue de produire ses effets bien au-delà du seul champ sanitaire. La fermeture de la frontière avec le Rwanda a contraint le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à suspendre temporairement les rapatriements volontaires de réfugiés rwandais depuis l’est de la RDC.

Au total, 614 personnes demeurent bloquées dans les centres de transit de la région, dont 525 à Goma et 89 à Bukavu.

Face à cette situation, le HCR a facilité le déploiement d’une mission de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au centre de transit de Goma afin de renforcer les capacités de préparation. Les mesures mises en œuvre portent notamment sur l’extension des espaces de quarantaine et l’intensification du suivi des contacts.

HCR/Fabrice Mbonankira Des milliers de réfugiés congolais quittent le Burundi pour rentrer chez eux.

Une frontière à géométrie variable

« Bien qu’elles visent à réduire la transmission, ces fermetures généralisées vont à l’encontre des recommandations de l’OMS et risquent d’accroître les risques pour la sécurité des réfugiés en limitant leur accès au territoire et en les poussant à emprunter des voies informelles », a regretté le HCR dans son dernier rapport.

L’agence rappelle que dix pays voisins de la RDC ont été identifiés comme prioritaires pour les mesures de préparation à Ebola, notamment le Burundi, le Rwanda et le Soudan du Sud.

Après la confirmation de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC à la mi-mai, Kigali a adopté une série de restrictions destinées à limiter tout risque de propagation, dont la fermeture de sa frontière avec la RDC. Fin mai, l’Ouganda a à son tour fermé ses postes-frontières avec son voisin congolais et suspendu l’accueil de nouveaux demandeurs d’asile.

La situation est différente au sud. Les mouvements transfrontaliers entre le Burundi et la RDC se poursuivent, souligne le HCR, qui indique que les retours spontanés et organisés de réfugiés congolais continuent sans interruption. La plupart rejoignent Uvira, une zone située en dehors du périmètre actuellement touché par l’épidémie. 

30 guérisons en RDC, mais une épidémie toujours active

Pour limiter les risques sanitaires, le HCR et ses partenaires soutiennent la mise en place de contrôles médicaux, en coordination avec les autorités sanitaires, ainsi que des mesures d’hygiène et d’assainissement au centre de transit de Kavimvira, à Uvira. Selon un décompte réalisé le 21 mai, 978 réfugiés congolais y sont revenus depuis le Burundi.

Dans l’est de la RDC, l’épidémie totalise désormais 635 cas confirmés et 127 décès répartis dans trois provinces orientales. Huit patients supplémentaires ont récemment été déclarés guéris, portant le nombre total de guérisons à 30. Parallèlement, les activités de prise en charge ont été lancées dans les centres Ebola de Bunia et de Rwampara.

Au-delà du bilan sanitaire, la maladie menace des populations déjà fragilisées par les déplacements forcés, les conflits armés et l’effondrement de nombreux services publics. 

Deux patients morts dans un camp de déplacés

Plus de deux millions de personnes déplacées de force, dont 230 000 réfugiés et demandeurs d’asile, vivent dans les zones les plus exposées de l’est congolais.

Selon le HCR, l’insécurité persistante a gravement affaibli les infrastructures locales et les systèmes de santé, tout en compliquant l’accès humanitaire et les activités de protection.

Cette vulnérabilité apparaît avec une acuité particulière dans les sites accueillant des personnes déplacées.

« Deux décès liés à Ebola concernaient des déplacés internes provenant du site de Kpangba, situé à environ 25 km de Bunia, dans la province d’Ituri », souligne le HCR.

Le site abrite environ 30 000 personnes déplacées. Dans cette province qui en compte près de 980 000, les autorités et les organisations humanitaires redoutent que les conditions de promiscuité favorisent une propagation plus rapide de la maladie. 

© OMS / Joël Lumbala L’hôpital général de référence de Rwampara dans la province d’Ituri, en RDC.

Bunia, espoir logistique pour la riposte

En tant qu’agence chef de file pour la coordination et la gestion des camps, le HCR et ses partenaires appuient les opérations de préparation et de réponse dans les zones touchées ou considérées à haut risque. L’accent est mis sur la surveillance, la communication des risques, la prévention des infections ainsi que le maintien de services essentiels de protection et d’assistance.

Plus de 10 000 réfugiés sud-soudanais installés en Ituri ont ainsi participé cette semaine à des séances d’information dans les langues locales, tandis que des points de lavage des mains ont été installés à l’entrée des sites.

La riposte reste toutefois freinée par d’importantes difficultés logistiques. Dans plusieurs zones affectées, les fournitures de base font encore défaut.

En Ituri comme au Nord-Kivu, les stocks de savon, de désinfectants et d’équipements de protection individuelle attendus des partenaires humanitaires ne sont toujours pas arrivés. Le HCR estime néanmoins que la réouverture de l’aéroport de Bunia, le 2 juin, pourrait accélérer l’acheminement de ces matériels indispensables à la lutte contre l’épidémie.

MIL OSI