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L’essor du système de garantie au Maroc

L’essor du système de garantie au Maroc

Source: African Development Bank Group in French

1- Comment le système de garantie au Maroc a-t-il été construit ?

Quand on évoque aujourd’hui le système de garantie au Maroc et son efficacité, on a presque l’impression qu’il a toujours existé, comme une évidence dans le paysage du financement. Mais en réalité, rien n’était acquis au départ. Son histoire est celle d’une construction patiente, exigeante et collective, portée par Tamwilcom avec le constant appui du Groupe de la Banque africaine de développement.

Tout commence en 2009, dans le cadre des premières réformes du secteur financier que nous avons soutenues. À l’époque, Tamwilcom, encore appelée Caisse centrale de garantie, pose les premières pierres d’un système qui reste alors à bâtir presque entièrement.

Le travail est d’abord technique : mieux comprendre les risques, les cartographier, les rendre lisibles, puis progressivement, revoir les procédures, moderniser les outils et structurer les mécanismes de garantie. Ce travail de fond va peu à peu transformer le système et renforcer la confiance des banques.

Aujourd’hui, cette dynamique entre dans une nouvelle phase. Le récent lancement de la stratégie « Jossour 2026-2030 » marque un nouveau cap. Cette nouvelle vision entend consolider ces acquis pour faire du système de garantie un levier encore plus structurant pour le financement de l’économie et de l’innovation au Maroc.

2- Quelles ont été les principales étapes de modernisation du système de garantie ?

Comme je l’ai évoqué précédemment, notre premier chantier, dans le cadre de nos opérations d’appui à Tamwilcom, a été de comprendre les risques afin de pouvoir moderniser les outils et déployer les produits de garantie.

Mais, très vite, un choix s’impose : si Tamwilcom veut élargir l’accès au financement des entrepreneurs et aux très petites et moyennes entreprises, il faut d’abord un système de garantie solide et crédible. Sans cela, les banques ne prendront pas de risques.

Cette dynamique va alors s’inscrire dans la durée à travers deux grands projets financés par la Banque, en appui aux réformes conduites par Tamwilcom : le Programme d’appui au développement du secteur financier inclusif, sur trois phases, puis le Programme d’appui à la résilience et à la compétitivité des institutions de microfinance, en deux phases. Au total, cinq appuis budgétaires poursuivant le même objectif : renforcer et moderniser le système de garantie.

3- Comment le système de garantie a-t-il ensuite évolué en termes de périmètre d’intervention ?

Son champ d’action s’est véritablement s’élargit. D’abord vers les institutions de microfinance, puis ensuite, face à la pandémie de COVID-19, le système s’adapte encore. On se souvient tous du produit de garantie « Damane Oxygène » qui a permis de soutenir les entreprises dans l’urgence, de préserver leur trésorerie et d’éviter des faillites en chaîne.

Et aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre. Le système de garantie accompagne les start-ups, l’innovation et les fonds d’investissement. L’idée est devenue plus large : suivre l’entrepreneur tout au long de son parcours, de l’idée, l’incubation jusqu’à la garantie et la croissance.

4- Quels sont les résultats obtenus et les perspectives à venir ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de huit dossiers sur dix n’auraient pas été financés par les banques sans le système de garantie, soit un taux d’additionalité de 80 %.

Un nouveau projet est également en cours de déploiement : un don de 2,5 millions de dollars accordé par l’initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) pour soutenir notamment le produit « Ilyaki » de Tamwilcom, dédié aux femmes, avec pour objectif d’accompagner 8 700 entrepreneures d’ici 2028.

Depuis plus de 15 ans, nos appuis s’inscrivent dans un continuum opérationnel qui se nourrit de la confiance entre nos deux institutions. Et cette histoire est loin d’être terminée. Avec la Stratégie « Jossour 2026-2030 » qui vient d’être lancée il y a quelques jours, ensemble, nous irons encore plus loin : renforcer le rôle du système de garantie et continuer à en faire un levier central du financement de l’économie et de l’innovation au Maroc.

MIL OSI