Source: United Nations – in French 2
Headline: L’ONU veut planter de nouvelles graines de paix dans un monde en guerre
25 juin 2026 Paix et sécurité
Alors que le monde connaît le plus grand nombre de conflits depuis la Seconde Guerre mondiale, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi à renforcer et réinventer les efforts de consolidation de la paix pour répondre aux crises actuelles.
S’exprimant lors de la session annuelle de la Commission de consolidation de la paix, qui fête ses 20 ans à l’occasion de la première « Semaine de la consolidation de la paix », le chef de l’ONU a souligné que cette mission était « plus essentielle que jamais ».
« À travers le monde, nous assistons à plus de conflits qu’à aucun autre moment depuis la Seconde Guerre mondiale », a-t-il déclaré, citant également la montée des tensions géopolitiques, l’aggravation des inégalités, l’intensification des chocs climatiques et l’essor rapide des nouvelles technologies sans garde-fous suffisants.
La paix vient de « l’intérieur »
Le président de la Commission de consolidation de la paix, Omar Hilale, a souligné que la leçon majeure, vingt ans après la création de la Commission, est que « la paix ne peut être imposée de l’extérieur ; elle se construit de l’intérieur ».
« Elle perdure parce qu’elle est adoptée, nourrie et renouvelée par ceux qui la vivent », a-t-il ajouté dans son allocution d’ouverture.
Évoquant les vingt prochaines années, il a affirmé que la communauté internationale devait innover, « car les facteurs de conflit évoluent plus vite que nos outils ».
Selon lui, il faut notamment veiller à ce que les femmes et les jeunes restent au cœur de la consolidation de la paix.
© UNICEF/Mark Naftalin Des adolescentes au Libéria lisent des informations sur un téléphone portable à Monrovia. La Commission de consolidation de la paix a également a joué un rôle dans la transition après le départ de la mission de maintien de la paix des Nations Unies.
Des succès sur le terrain
Créée en 2005, la Commission de consolidation de la paix et le Fonds de consolidation de la paix ont depuis aidé des communautés à sortir de la guerre et à reconstruire des institutions capables de soutenir une paix durable.
António Guterres a rappelé plusieurs exemples de l’action menée sur le terrain.
En Colombie, la Commission a contribué à ancrer les efforts de paix dans les réalités locales et à renforcer la participation des femmes et des jeunes.
Au Sahel, elle a favorisé la coopération régionale autour de la stratégie intégrée des Nations Unies.
En République centrafricaine, elle a soutenu les premières élections locales en trois décennies, tout en accompagnant les efforts de la mission de l’ONU pour préserver les acquis de la paix.
Au Libéria, elle a également joué un rôle dans la transition après le départ de la mission de maintien de la paix des Nations Unies, en aidant les acteurs nationaux à mettre en place une stratégie de consolidation de la paix.
Le Fonds de consolidation de la paix
Le Secrétaire général a insisté sur le rôle du Fonds de consolidation de la paix, un mécanisme financier qui a soutenu plus de 70 pays en investissant rapidement dans la prévention des conflits et le relèvement.
Selon lui, l’une des forces de cette architecture repose sur sa capacité à réunir acteurs politiques, institutions financières et partenaires du développement afin de transformer les engagements en résultats concrets.
« Pour d’innombrables personnes, cela signifie des services rétablis, des moyens de subsistance reconstruits, une justice renforcée et une confiance renouvelée », a-t-il déclaré.
Dans le cadre du Pacte pour l’avenir adopté par les États Membres, la Commission accompagne également les pays dans l’élaboration de leurs propres stratégies nationales de prévention et de consolidation de la paix, notamment en Mauritanie et à São Tomé-et-Príncipe.
António Guterres a salué les réformes adoptées l’an dernier par les États Membres pour renforcer l’architecture de consolidation de la paix, notamment une coopération accrue avec la société civile, les organisations régionales, les institutions financières internationales et le secteur privé.
Il a toutefois appelé à maintenir le soutien financier au Fonds de consolidation de la paix, malgré l’introduction de contributions obligatoires qui lui offrent désormais une base plus stable.
« Cette Commission a été créée pour nourrir les graines de la paix assez longtemps pour qu’elles puissent prendre racine », a déclaré le chef de l’ONU, exhortant les États à renouveler leur engagement en faveur d’un avenir fondé sur le droit international, le développement durable et les droits humains.
