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COMMENTAIRE : 35 ans de relations Chine-ASEAN – De la connectivité des infrastructures à l’intégration numérique et verte

COMMENTAIRE : 35 ans de relations Chine-ASEAN – De la connectivité des infrastructures à l’intégration numérique et verte

Source: People’s Republic of China – State Council News in French

French.china.org.cn | Mis à jour le 01. 07. 2026 | Mots clés : ASEAN,infrastructures,Chine-ASEAN,Laos,Jakarta-Bandung,ALE

french.china.org.cn | 01. 07. 2026

L’année 2026 représente une étape importante dans l’évolution des relations Chine-ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), alors qu’elle marque le 35e anniversaire du dialogue entre les deux parties ainsi que le 5e anniversaire du Partenariat stratégique global Chine-ASEAN. Au cours des 35 dernières années, ces relations sont passées d’un engagement politique limité et d’un commerce axé sur les matières premières à un partenariat multidimensionnel couvrant le commerce, l’investissement, les infrastructures, la transformation numérique, le développement durable, la santé publique et la coopération maritime.

L’ampleur de cette transformation est manifeste dans les échanges bilatéraux, qui ont dépassé le cap des 1000 milliards de dollars, ainsi que dans le statut de l’ASEAN, qui est le premier partenaire commercial de la Chine depuis six années consécutives. Les grands projets d’infrastructure, tels que les lignes ferroviaires à grande vitesse (LGV) Chine-Laos et Jakarta-Bandung, ont réduit les barrières géographiques, renforcé la mobilité transfrontalière, et créé de nouvelles opportunités pour le regroupement industriel et les chaînes de valeur régionales. Le Protocole de mise à niveau de l’Accord de libre-échange (ALE) Chine-ASEAN 3.0 et le Plan d’action pour la mise en œuvre du Partenariat stratégique global Chine-ASEAN 2026-2030 offrent un cadre institutionnel tourné vers l’avenir qui aidera à consolider ces acquis. Leur mise en œuvre réussie pourrait faire évoluer la relation entre les deux parties, la faisant passer d’une simple augmentation des volumes d’échanges à une intégration réglementaire plus poussée, une connectivité renforcée par les technologies, ainsi qu’un développement régional plus durable.

La connectivité, moteur de l’intégration régionale

La connectivité des infrastructures a transformé les accords économiques en projets concrets d’intégration régionale. La ligne ferroviaire Chine-Laos, fleuron de l’initiative de « La Ceinture et la Route » reliant Kunming à Vientiane, a transformé le Laos enclavé en un corridor de transport terrestre potentiel reliant la Chine à l’Asie du Sud-Est continentale. En 2025, la ligne avait assuré plus de 60 000 services de fret, le trafic de marchandises ayant enregistré une croissance à deux chiffres pendant trois années consécutives. Cette ligne pourrait également devenir un élément central d’un vaste réseau ferroviaire panasiatique reliant le Laos à la Thaïlande, à la Malaisie et à Singapour. La Chine et le Laos ont mis en place un accord conjoint de contrôle frontalier afin de réduire les délais de dédouanement et d’améliorer la circulation des passagers et des marchandises.

La LGV Jakarta-Bandung illustre une autre forme de connectivité. En tant que première LGV d’Asie du Sud-Est, cette ligne de 142 kilomètres relie deux des centres urbains et économiques les plus importants d’Indonésie. En octobre 2025, elle avait transporté plus de 11,7 millions de passagers, tandis que son exploitation avait généré des emplois et soutenu l’activité économique le long de son tracé. Ces projets démontrent que la connectivité ne doit pas être réduite à la seule construction d’infrastructures de transport : une connectivité efficace englobe les infrastructures physiques, la simplification des formalités douanières, la documentation numérique, les services logistiques, l’harmonisation des réglementations, la viabilité du financement et la participation des acteurs industriels locaux. Les chemins de fer et les ports tirent leur plus grande valeur ajoutée en matière de développement lorsqu’ils sont connectés aux parcs industriels, aux stratégies d’aménagement urbain, à la formation professionnelle, aux chaînes d’approvisionnement et aux entreprises locales.

ALE 3.0 : De la libéralisation tarifaire à l’intégration réglementaire

La signature du Protocole de mise à niveau de l’Accord de libre-échange Chine-ASEAN 3.0 en octobre 2025 a marqué une avancée institutionnelle majeure. Il couvre la coopération dans neuf domaines clés, dont l’économie numérique, l’économie verte, la connectivité des chaînes d’approvisionnement, les procédures douanières, la facilitation des échanges et les mesures techniques et réglementaires. Les dispositions relatives à l’économie numérique sont particulièrement importantes.

Le commerce électronique transfrontalier, les paiements électroniques, la documentation numérique, les services cloud et les échanges numériques sont devenus essentiels au commerce régional. La facilitation des échanges numériques peut également réduire les délais douaniers, améliorer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement et accroître la participation des régions reculées ou moins développées. La coopération en matière d’économie verte reflète la convergence croissante entre politique commerciale et développement durable. La Chine et l’ASEAN disposent d’un potentiel considérable de collaboration dans les domaines de l’énergie solaire, des véhicules électriques, du stockage de l’énergie, de la finance durable, de la production verte et des infrastructures à faibles émissions de carbone. La connectivité des chaînes d’approvisionnement constitue ainsi un autre pilier central.

L’ALE 3.0 peut favoriser la diversification en améliorant la coordination douanière, les réseaux logistiques, la compatibilité des normes et le partage d’informations.

Plan d’action 2026-2030 : Un élargissement du cadre stratégique

Le Plan d’action pour la mise en œuvre du Partenariat stratégique global Chine-ASEAN 2026-2030 définit le cadre politique et de développement global au sein duquel s’inscrira l’ALE 3.0. Des sommets réguliers, des réunions ministérielles et des consultations entre hauts responsables permettront de renforcer la communication stratégique et d’éviter que les désaccords économiques ne dégénèrent en enjeux politiques majeurs. Ce plan favorise également la coopération dans le domaine des technologies émergentes. L’intelligence artificielle (IA), les infrastructures numériques, les biotechnologies, les énergies propres et la fabrication de pointe contribueront de plus en plus à la compétitivité de la Chine et de l’ASEAN. Des laboratoires, des réseaux de recherche, des mécanismes de transfert de technologies et des programmes de formation professionnelle conjoints pourraient permettre de réduire les écarts en matière d’innovation. La coopération dans le domaine de l’économie bleue est tout aussi importante, compte tenu de la situation géographique maritime de l’Asie du Sud-Est. La pêche durable, la lutte contre la pollution marine, la résilience côtière et la conservation de la biodiversité marine peuvent générer des avantages concrets.

Ces 35 dernières années, les relations Chine-ASEAN sont devenues l’un des partenariats régionaux les plus importants au monde. L’expansion des échanges commerciaux, l’interconnexion des chaînes d’approvisionnement et les projets d’infrastructures d’envergure ont profondément transformé le paysage économique de l’Asie de l’Est et de l’Asie du Sud-Est. Le chemin de fer Chine-Laos et la LGV Jakarta-Bandung illustrent comment la connectivité peut réduire les distances, stimuler les investissements et faciliter la modernisation régionale. L’ALE 3.0 et le Plan d’action 2026-2030 offrent l’opportunité de transformer une expansion quantitative en une intégration de haute qualité. Leur importance future dépendra de leur mise en œuvre, de leur inclusivité et de leur capacité à concilier efficacité avec résilience, durabilité et autonomie stratégique. Face à la montée du protectionnisme et à l’incertitude qui règnent au sein de l’économie mondiale, un partenariat Chine-ASEAN stable, ouvert et mutuellement avantageux permettra de renforcer le développement régional et démontrera la pertinence continue de la coopération multilatérale. Son succès, cependant, se mesurera non seulement avec les volumes d’échanges commerciaux et les kilomètres d’infrastructures, mais aussi à sa capacité à générer un développement équitable, des progrès technologiques et une stabilité régionale à long terme.

Par le Dr Waseem Ishaque, directeur du Centre d’études chinoises à l’Université nationale des langues modernes (NUML) d’Islamabad, au Pakistan

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