Source: Universities – Science Po in French
Les 2 et 3 juin 2026, le Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po a organisé sa Biennale de recherche autour du thème des “lignes de faille” : ces zones de tension et de basculement où se jouent les recompositions du monde contemporain. Ouverte par Stéphanie Balme, directrice du CERI, et Paul-André Rosental, directeur scientifique de Sciences Po, cette édition a réuni pendant deux jours chercheurs, praticiens, artistes et lycéens dans un espace commun de réflexion.
Des perspectives plurielles
La première journée, consacrée à “La violence comme nouveau langage global”, a exploré les transformations contemporaines des conflits armés, des régimes autoritaires, des dynamiques de la région MENA et des recompositions de la diplomatie internationale..
La seconde journée, intitulée “Par-delà les frontières”, a élargi la focale aux migrations et aux diasporas, à la géoéconomie, aux villes des Suds, au Global China et aux enjeux environnementaux.
Les deux jours de Biennale ont réuni un auditoire de plus de 900 personnes autour de 23 panels.
Une diversité scientifique en acte
Au-delà des chiffres, cette édition a mis en lumière la richesse de l’agenda scientifique du CERI : autoritarismes contemporains, dynamiques de conflit, études aréales, diplomatie des sciences et des technologies, sociologie du politique, Global China, enjeux environnementaux, religions. Elle a également souligné la vitalité des recherches en cours, portées conjointement par des chercheur(e)s confirmé(e)s, des doctorant(e)s et des post-doctorant(e)s. Cette diversité générationnelle contribue de manière essentielle à la dynamique intellectuelle du laboratoire.
Une dimension artistique et festive
Tout au long des deux journées, un parcours artistique a accompagné les échanges au Faculty Club. Des photographies de villes africaines dialoguaient avec une contre-exposition de “photos ratées” issues du travail de terrain des chercheur(e)s, ainsi qu’avec l’installation immersive Ocean Di(v)es de Nadège Ragaru.
La programmation a également intégré deux conférences-performances marquantes : Tangping, terme chinois signifiant “s’allonger”, de Jean-Louis Rocca et Monotonous Chaos du poète Hisham Bustani, accompagné de l’oudiste Majdi Zouari. Ces formes hybrides, à la frontière entre recherche et performance, ont prolongé la réflexion sur les modes de production et de restitution des savoirs.
Le lancement du réseau Alumni du CERI
La Biennale a également été l’occasion de la première rencontre du réseau Alumni du CERI, organisée le 2 juin. Chercheur(e)s de différentes générations, doctorant(e)s et anciens du laboratoire y ont engagé une réflexion commune autour d’un objectif partagé : structurer un réseau durable reliant les trajectoires professionnelles entre monde universitaire et extra académique.
Plusieurs pistes ont été esquissées : des rencontres thématiques régulières, la participation aux séminaires du laboratoire et le développement d’un système de mentorat pour les jeunes chercheur(e)s. Un groupe LinkedIn a été créé afin de prolonger cette dynamique.
La recherche ouverte aux lycéens
Pour la première fois, la Biennale a accueilli des lycéens franciliens au coeur de ses échanges. Élèves des lycées Claude Monet (Paris 13e), François Ier (Fontainebleau), Georges Brassens (Évry-Courcouronnes) et Newton-Enrea (Clichy-la-Garenne), ils ont participé aux débats et confronté leurs questionnements aux travaux des chercheurs.
Cette présence illustre l’engagement de Sciences Po en faveur d’une ouverture sociale et territoriale de ses publics, notamment à travers des conventions avec certains établissements favorisant un accès élargi à l’enseignement supérieur.
