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Plages et baignades : dix conseils pour profiter pleinement de l’océan cet été

Plages et baignades : dix conseils pour profiter pleinement de l’océan cet été

Source: The Conversation – France in French (3) – By Jeoffrey Dehez, Chargé de recherche en économie des loisirs et environnement, Inrae

Que signifie un drapeau jaune sur une plage ? À quel moment les courants de baïnes sont-ils les plus intenses ? Que faire si un courant nous emporte au large ? Le point sur les choses à savoir pour se baigner en toute sécurité.


La plage est un environnement exceptionnel, et notre territoire possède une façade maritime extrêmement étendue. Cet été, il est fort probable que le littoral reste la première destination touristique des Français.

Se baigner en mer ou dans l’océan est un plaisir simple qui présente d’indéniables bienfaits pour la santé. Cependant, ce qui en fait l’attrait peut aussi se révéler dangereux, si l’on n’y prête pas un minimum attention.

Voici quelques conseils de sécurité élémentaires, fondés sur la recherche scientifique et l’expertise des nageurs sauveteurs.

1. Se renseigner avant de partir

Avant d’aller planter son parasol dans le sable ou d’étendre sa serviette sur les galets, on pense généralement à consulter la météo et les conditions de circulation pour accéder aux plages.

Un autre bon réflexe est de se renseigner sur la taille des vagues et l’état de la marée, en particulier sur les plages exposées aux houles océaniques et sur celles sur lesquelles le marnage (c’est-à-dire la différence entre la hauteur d’eau à marée basse et la hauteur d’eau à marée haute) est potentiellement important (Atlantique, mer du Nord, Manche). En effets, dans bon nombre d’endroits, ces deux paramètres conditionnent les aléas (c’est-à-dire les dangers), notamment les courants ou les vagues de shore break, aussi appelées vagues de bord.

En plus de leur hauteur, la « période » des vagues (autrement dit la durée qui sépare deux vagues successives) est une autre information potentiellement importante. Des houles dites « longues » (c’est-à-dire avec une longue période entre deux vagues), formées par des dépressions lointaines plusieurs jours avant, peuvent générer des vagues plus puissantes et des courants plus forts que les vagues dites « courtes ».

Particulièrement recherchées par les surfeurs, les houles longues sont plus rares en été, mais elles peuvent tout de même arriver.

2. Lire les panneaux d’information

En arrivant à la plage, il vaut mieux prendre quelques minutes pour lire les panneaux d’informations. Ces derniers indiquent la façon dont la surveillance s’organise, la signification des drapeaux et les horaires de présence des nageurs sauveteurs.

Y figurent aussi les conditions du jour (température de l’air et de l’eau, taille des vagues, horaires de marée) et les éléments de vigilance locaux (alerte canicule, alerte orage, présence de méduses, etc.). Parfois même, les courants spécifiques à la plage y sont schématisés, avec la localisation de la zone de bain.

Ces panneaux sont généralement situés à côté du poste de secours ou dans l’accès à la plage. Non loin du poste de secours se trouve également le drapeau indiquant la dangerosité de la baignade. Ce dernier suit un code à trois couleurs :

  • il est vert si la baignade est surveillée et sans danger apparent ;

  • il est jaune si la baignade est surveillée, avec un danger limité ou marqué ;

  • il est rouge si la baignade est interdite ; dans ce dernier cas, les nageurs sauveteurs seront présents sur site.

Si le drapeau est baissé ou absent, alors la baignade n’est pas surveillée : dans ce cas, les usagers se baignent à leurs risques et périls. Se baigner seul constitue naturellement un facteur de risque supplémentaire à éviter.

3. Savoir identifier les zones de bain, et les respecter

En ce qui concerne la matérialisation des zones de bain, la France se conforme depuis 2022 aux standards internationaux. En théorie, la signalétique utilisée sur les plages françaises va donc être retrouvée dans la plupart des pays où l’on est susceptible de voyager.

Les zones de bain sécurisées et surveillées sont délimitées entre deux drapeaux rectangulaires bicolores jaune et rouge (ceux-ci remplacent les flammes triangulaires bleues utilisées jusqu’en 2022).

En France, ces zones sont exclusivement réservées à la baignade : elles sont donc interdites aux activités nautiques telles que le surf. À l’inverse, des zones consacrées au surf sont parfois signalées par un drapeau rectangulaire à damier noir et blanc, sur la plage.

L’établissement de telles zones de bain sécurisées, implantées dans les secteurs les plus favorables à la baignade, permet une surveillance optimale et permanente par les nageurs sauveteurs, favorise une intervention rapide en cas de besoin et participe à la réduction du risque d’accident et de noyade.

4. Ne pas se précipiter, prendre le temps d’observer

Même si l’envie est forte, à l’arrivée sur la plage il faut toujours prendre le temps d’évaluer les conditions.

Il faut faire attention à l’entrée dans l’eau après une exposition prolongée au soleil (c’est d’ailleurs encore mieux d’éviter une telle exposition…). En effet, un brusque changement de température lors de l’entrée dans l’eau peut entraîner différentes réactions physiologiques, notamment une stimulation vagale, pouvant provoquer un malaise, une perte de connaissance voire, dans de rares cas, un arrêt cardiaque. Ces réactions, maladroitement rassemblées dans le langage courant sous le terme « hydrocution », augmentent le risque de noyade.

Autre recommandation importante : ne jamais plonger la tête la première, a fortiori quand on ne connaît pas le fond. Le risque de se blesser, en particulier aux vertèbres cervicales, est en effet bien réel.

Ce risque est également très élevé avec les vagues de bord, ou vagues de shore break. Ces vagues déferlent brutalement au bord de la plage dans très peu d’eau. Elles ne sont pas nécessairement très grosses, mais peuvent faire chuter violemment les baigneurs et les plaquer au sol. Il ne faut pas essayer de sauter au-dessus de la vague : il est recommandé de passer sous elle et de ne jamais lui tourner le dos afin d’éviter d’être projeté violemment contre le sable.

5. Ne pas surestimer ses capacités

Pour se baigner en toute sécurité, savoir nager est évidemment un prérequis indispensable. Mais les piscines où se dispense cet apprentissage n’ont rien à voir avec le milieu naturel, en particulier l’océan. Les vagues, les courants ou l’absence de repères changent complètement la donne.

De plus, nous avons forcément une vision subjective de nos aptitudes, parfois soumise à des biais cognitifs documentés dans la littérature scientifique. Lesdits biais nous incitent à retenir uniquement les informations qui nous confortent dans notre sentiment (de compétence, par exemple) et à oublier les autres.




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Les études montrent que ces biais sont plus souvent présents chez les hommes que chez les femmes, lesquelles se comportent généralement de façon plus prudente. Selon les données des enquêtes NOYADES 2018 et 2021 analysées par Santé publique France, les noyades graves concernaient davantage les hommes. Il importe donc de rester humble vis-à-vis de ses capacités.

6. Surveiller les enfants, à tous âges

Si les jeunes enfants se noient surtout en piscine, les adolescents et les adultes ont plus d’accidents en milieu naturel.

Les plus petits requièrent une attention de tous les instants. La bouée, le gilet flottant ou les brassards ne remplaceront jamais la surveillance d’un adulte.

Et si l’on préfère rester sur la plage, il vaut mieux faire des châteaux de sable que de creuser des trous avec eux. En effet, les trous creusés dans le sable peuvent s’effondrer brutalement, ensevelissant partiellement ou totalement une personne, en particulier les enfants.

Lorsque les enfants seront devenus adolescents, la prévention ne devra pas se limiter à l’apprentissage de la natation. Même à cette période de la vie, le rôle des parents reste essentiel, notamment en matière d’exemplarité.

7. Face au courant, ne pas lutter

Les courants d’arrachement sont des courants intenses et étroits dirigés vers le large qui prennent naissance dans la zone de déferlement, parfois très près de la plage, et qui peuvent s’étendre bien au-delà des déferlantes. Ils se forment lorsque leur eau trouve un passage pour retourner vers le large, souvent par des chenaux sous-marins incisant les bancs de sable.

Il existe plusieurs types de courants d’arrachement que l’on peut retrouver sur diverses façades maritimes en France, ou dans le monde.

Dans le sud-ouest de la France, les courants dits de « baine » appartiennent à cette famille de courants. Ils sont généralement plus intenses entre la mi-marée et la marée basse et peuvent être violents, de l’ordre d’un mètre par seconde, même par houle de taille moyenne.

Des courants d’arrachement peuvent également se former en Méditerranée. En outre, des courants d’arrachement spécifiques peuvent se former aux abords des épis et des digues rocheuses.

Si l’on est emporté, il ne faut pas lutter mais flotter et se laisser dériver, pour économiser ses forces, garder son calme, signaler sa présence par de grands mouvements de bras afin d’être repéré pour être ensuite pris en charge par les secours. La panique est souvent la principale cause de l’accident.

Si on peut difficilement l’empêcher, des stratégies peuvent aider à la limiter, par exemple se concentrer sur sa respiration, que l’on essaie de maintenir lente et régulière. Cela permet d’adopter plus facilement des comportements adaptés.

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8. Garder à l’esprit que porter secours ne s’improvise pas

Chaque année, de nombreuses personnes se noient en tentant de porter assistance à quelqu’un.

Sur la plage, il ne faut absolument pas se précipiter dans l’eau si l’on est témoin d’un accident, au risque de se mettre en danger soi-même. S’il n’y a pas de sauveteurs à proximité immédiate, il faut appeler le 112 ou le 196 (pour les secours en mer) qui basculeront l’appel vers le poste de secours le plus proche.

Si l’on est en train de surfer ou de pratiquer une activité nautique impliquant l’emploi d’une planche, cette dernière peut constituer un précieux support pour se reposer ou aider une autre personne.

9. Ne pas consommer d’alcool

Sur les plages, la consommation d’alcool est très souvent interdite par arrêté municipal. Il s’agit en effet d’un facteur de risque très aggravant en matière d’accidents, comme l’ont démontré de nombreuses études scientifiques.

Les vagues de chaleur estivales incitent nombre d’entre nous à adapter nos horaires de visite en arrivant plus tard, par exemple pour profiter d’un pique-nique en soirée. Ces moments festifs constituent une tentation supplémentaire pour consommer de d’alcool, à une période où, qui plus est, la baignade ne sera plus surveillée.

Raison de plus pour ne pas relâcher sa vigilance durant de tels moments : on reste sur la plage et on profite du coucher de soleil…

10. Expérimenter, apprendre

À la plage, une large part de l’activité des nageurs sauveteurs consiste à faire de la prévention et à communiquer. Il ne faut donc pas hésiter à aller à leur rencontre. Et, pourquoi pas, s’immerger dans leur quotidien.

Dans les Landes, le syndicat mixte de gestion des baignades landaises (SMGBL) a développé le dispositif « NSXL Tour », qui propose de passer quelques heures dans la peau d’un nageur sauveteur, afin d’appréhender les diverses facettes du métier.

Depuis peu, le SMGBL a également mis en place la « NSXL Académie » qui offre des sessions gratuites d’initiation au sauvetage professionnel.

Pour les plus jeunes, un autre programme, « Junior Lifeguard », porté par une association basée en Charente-Maritime, initie gratuitement aux gestes de secours, aux règles de sécurité et à l’environnement côtier.

Qui sait ? Ces premières expériences créeront peut-être des vocations qui pourraient amener certaines personnes à s’inscrire dans des club de sauvetage aquatique à la rentrée ? Et pourquoi pas, viser de participer aux Jeux olympiques de Brisbane, en Australie, en 2032 : le sauvetage aquatique pourrait y faire partie des sports des démonstrations !


Cet article a été co-écrit avec Guillaume Blancart, chef de poste sur la commune de Seignosse (Landes) et coordinateur du dispositif NSXL.

Jeoffrey Dehez est membre du groupe de recherche sur la sécurité de la baignade de l’université de New South Wales (University of New South Wales Beach Safety Research Group)
Jeoffrey Dehez a reçu des fonds du Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine

Bruno Castelle est membre du groupe de recherche sur la sécurité de la baignade de l’université de New South Wales (University of New South Wales Beach Safety Research Group).

ref. Plages et baignades : dix conseils pour profiter pleinement de l’océan cet été – https://theconversation.com/plages-et-baignades-dix-conseils-pour-profiter-pleinement-de-locean-cet-ete-286593

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