Source: People’s Republic of China – State Council News in French
French.china.org.cn | Mis à jour le 31. 07. 2026 | Mots clés : VE,Chine-Europefrench.china.org.cn | 31. 07. 2026
Éditorial du Global Times
« L’arrivée massive de constructeurs chinois sur le marché automobile britannique exerce une pression considérable sur les constructeurs traditionnels », a déclaré jeudi Mike Hawes, PDG de la Société des constructeurs et commerçants automobiles (SMMT), principale organisation du secteur automobile britannique. Il a toutefois noté que la concurrence chinoise n’était qu’un des facteurs de pression auxquels est confrontée l’industrie automobile britannique, mettant également en avant le coût élevé de l’énergie, la faiblesse des investissements, ainsi que la réglementation, a rapporté Reuters.
Comparées au discours dominant sur le « choc chinois », ces remarques nuancent au moins le discours unilatéral qui impute entièrement les difficultés du secteur à la concurrence étrangère. Les difficultés rencontrées par le secteur automobile britannique sont loin d’être uniques ; elles représentent des défis communs que l’ensemble de l’industrie automobile européenne va devoir relever tout au long de sa transition vers l’électrification. La clé pour relever ces défis réside dans des solutions internes, et non dans l’érection de barrières.
L’industrie automobile mondiale est en pleine transition vers l’électrification, et une telle évolution technologique engendre inévitablement une concurrence accrue sur le marché. Alors que la chaîne d’approvisionnement des véhicules à énergies nouvelles (VEN) chinoise se développe depuis déjà dix ans, il est naturel que de nombreux constructeurs automobiles chinois se tournent vers l’étranger, notamment vers les marchés européens. Ces dernières années cependant, certains responsables politiques européens ont alimenté la rhétorique du « choc chinois », comme si le fait de blâmer la concurrence étrangère pouvait relancer l’industrie automobile européenne.
Cette rhétorique flatte peut-être les sentiments protectionnistes visant à protéger les industries locales, mais elle élude les questions bien plus épineuses qui se posent en Europe. Faire de la concurrence chinoise le bouc émissaire des profondes difficultés que rencontre le secteur revient à refuser d’affronter les véritables défis qui viennent avec une réforme. Cela ne résout pas les véritables problèmes des industries locales et ne contribue en rien à la construction d’un écosystème de marché sain et ordonné.
L’Europe dispose d’une solide base en matière de production automobile, d’une clientèle mature et d’un système industriel complet, autant d’atouts qui lui permettent de saisir les opportunités offertes par la révolution mondiale des véhicules électriques (VE). Néanmoins, la persistance de coûts énergétiques élevés a continuellement comprimé les marges bénéficiaires des constructeurs locaux. Les incertitudes pesant sur les perspectives de transformation du secteur ont freiné l’enthousiasme des investisseurs, tandis qu’une réglementation extrêmement complexe ne cesse d’alourdir les coûts opérationnels des constructeurs automobiles.
Par exemple, en raison de la hausse des coûts et de profondes mutations structurelles, quelque 24 % des équipementiers automobiles européens prévoient un déficit cette année, a indiqué en mars l’association professionnelle CLEPA. Plus généralement, 76 % d’entre eux anticipent des marges inférieures à 5 %, un niveau largement considéré comme insuffisant pour soutenir les investissements dans les nouvelles technologies et les capacités de production, a rapporté Bloomberg.
Ces failles structurelles persistantes ont progressivement érodé la compétitivité fondamentale de l’industrie automobile européenne sur le marché mondial. Même sans l’arrivée des VE chinois, le secteur serait toujours confronté à d’immenses pressions sur les coûts, aux progrès technologiques et à la concurrence d’autres acteurs étrangers. Recourir à des barrières commerciales pour contrer la concurrence étrangère ne fait que repousser le problème des contradictions industrielles, sans enrayer fondamentalement le déclin de la compétitivité industrielle locale.
La voie à suivre pour l’industrie automobile européenne n’est pas d’ériger des barrières commerciales ou d’exclure les concurrents, mais de s’attaquer aux problèmes structurels profondément enracinés qui freinent son dynamisme. Accélérer la transition énergétique pour réduire les coûts énergétiques industriels, simplifier les cadres réglementaires pour libérer l’innovation, et instaurer des incitations à l’investissement robustes afin d’orienter les capitaux vers la recherche et le développement (R&D) dans le domaine des nouvelles énergies, les chaînes d’approvisionnement des batteries et les technologies des véhicules intelligents sont autant de mesures concrètes susceptibles d’accroître véritablement sa part de marché. Si l’Europe surmonte ces obstacles politiques et libère tout son potentiel industriel, la taille et la sophistication de son marché suffiront amplement à supporter une concurrence saine. La concurrence n’est pas une menace pour le progrès industriel ; elle en est le catalyseur le plus efficace.
Ce qui déterminera en définitive l’avenir de l’industrie automobile européenne, ce ne sont pas les acteurs extérieurs, mais la détermination et la capacité du continent à mener des réformes internes. L’histoire a maintes fois démontré que la perte de compétitivité industrielle n’est jamais uniquement due à un concurrent extérieur puissant, mais à des problèmes internes. Un écosystème de marché sain n’a jamais peur d’avoir trop de concurrents. Une fois que le dynamisme et l’ouverture du marché européen seront véritablement rétablis, il pourra accueillir tous les acteurs mondiaux et, ce faisant, l’Europe pourra retrouver sa gloire industrielle.
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